Du plomb comme dernière demeure

Pour cette découverte qui est toujours impressionnante, je vais insérer les photos que j’ai pu prendre lors de ma visite à la Maison de l’Archéologie de Dainville. Cependant, tous les schémas et photographies à portée plus scientifique ainsi que les textes sont issus des panneaux explicatifs qui se trouvaient dans la pièce.

Depuis les années 1920, les travaux d’aménagement du faubourg d’Amiens mettent ponctuellement au jour des sépultures remontant au Bas Empire romain (3e– 4e siècles). Les individus de cette vaste nécropole sont inhumés soit dans des cercueils réalisés en tuile ou en bois, soit en sarcophage de pierre ou de plomb.

En juillet 2020, un diagnostic archéologique rue Georges Auphelle à Arras a mis au jour la frange méridionale de la nécropole du faubourg d’Amiens.

Parmi les 42 sépultures identifiées, une a livré un sarcophage en plomb. Cette découverte est d’autant plus intéressante que seuls trois exemplaires étaient connus à Arras depuis le 18z siècle. Tous avaient disparu depuis, sans qu’aucun témoignage visuel (croquis ou photographie) n’ait pu être réalisé.

A la suite de ce diagnostic, une fouille préventive a permis la mise au jour d’un cinquième sarcophage.

Le sarcophage est réalisé à partir d’un assemblage de feuilles de plomb soudées entre elles. Long de 2m, large de 0,40m et haut de 0,30m, il présente une forme rectangulaire, d’un poids compris entre 500 et 600 kg. Composé de deux parties, il comprend la cuve qui reçoit le défunt et un couvercle qui rend hermétique la fermeture.

Localisé à une profondeur de 1,78m par rapport au niveau de circulation actuel, le sarcophage était entouré à l’origine d’un coffrage en bois. Cette structure en matière organique a disparu, mais une série de clous portant des fibres ligneuses, retrouvés dans le fond de la sépulture, témoigne de son existence.

Le pourrissement du coffrage a engendré la chute violente de plusiuers centaines de kilogrammes d’un remblai argilo-crayeux qui assurait le comblement de la sépulture, provoquant ainsi la déformation du sarcophage.

Malgré cela, le décor demeure lisible. Ainsi, les quatre faces de la cuve et le couvercle présentent un ornement constitué de perles allongées en forme d’olives séparées, représentant des croix de saint André et des chrismes (un des monogrammes du Christ).

Une etelle décoration sur un sarcophage en plomb, la physionomie des clous retrouvés dans la s »pulture et la datation au carbone 14 de l’individu présent dans la cuve, s’accordent pour une datation de la structure au Bas-Empire (3e-4e siècles).

Entre le sarcophage et le coffrage, une pierre calcaire de forme triangulaire présentant en son centre un creusement interne avec des tarces de combusion a été retrouvé. Cet élément pourrait correspondre à un brûle-parfum ou une lampe à suif, au cours d’une cérémonie funéraire.

Lors de la fouille, grâce à la déformation de l’objet, des os huains ont été observés à l’intérieur du sarcophage. Réalisée en collaboration avec la Direction de l’archéologie du Pas-de-Calais, l’ouverture a confirmé la présence d’un individu. Malgré un état de conservation fortement altéré par l’écrasement du sarcophage, les observations menées par l’archéo-anthropologue départementale ont permis de déterminer qu’il s’agissait d’un homme âgé de 25 à 35 ans, mesurant ente 1,78 et 1,80m. Il présente des caries dentaires, ainsi que des traces d’hémorragies au niveau des côtes droites.

Il n’est pour le moment toutefois pas possible de déterminer si ces dernières sont responsables du décès de l’individu. Le laboratoire Chrono-environnement réalisés à l’intérieur de la cuve ; lesquels ont révélé la présence de plusieurs parasites intestinaux.

L’observation des produits de corrosion présents sur les sarcophages a mis en évidence des restes de fibres s’apparentant à de la fourrure sur les faces internes de la cuve et du couvercle du sarcophage. La corrosion du plomb étant très pénétrante, il n’a pas été possible de déterminer l’espèce animale.

Le plomb étant un matérieu d’importation pour les Arrageois, son utilisation ent ant que sarcophage peut être liée soit au besoin sanitaire d’enfermer un corps décédé d’une maladie contagieuse dans un contenant hermétique, soit à celui de marquer socialement son appartenance à une caste privilégiée.

Dans le cas de la rue Georges Auphelle, la présence d’une cuve et d’un couvercle décorés, d’un brûle-parfum ou d’une lampe à suif, ainsi que de restes de fourrure pour habiller l’intérieur de la cuve, suggèrent que nous sommes en présence d’un personnage ayant une certaine aisance sociale.

Néanmoins, les traces d’hémorragies laissent planer le doute d’une mort liée à une maladie contagieuse telle que la tuberculose.

Et voici les photographies de la cuve et du couvercle exposés à la Maison de l’Archéologie de Dainville.

Je vous mets également ici le lien qui renvoit vers le site internet de l’Archéologie du Poas-de-Calais.

Pourquoi ?

Parce que vous pourrez regarder une vidéo sur la déocuverte et les recherches réalisées autour du sarcophage en plom mais également des reconstitutions en 3D qui permettent d’en faire le tour et depouvoir s’implanter dans l’espace.

https://archeologie.pasdecalais.fr/Archeologie/Explorer/Qui-y-a-t-il-dans-le-sarcophage-en-plomb-du-4ieme-siecle-decouvert-a-Arras

Ainsi que le lien vers un document de l’INRAP (Institut National des Recherches Archéologiques Préventives) à propos du sarcophage : https://www.inrap.fr/sites/inrap.fr/files/atoms/files/cp_arras.pdf

D’autres cercueils de plomb ont fait parlé d’eux récemment. Il s’agit de ceux trouvés lors des fouilles sur le site de la cathédrale Notre-Dame de Paris : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/12/les-secrets-des-cercueils-de-plomb-de-notre-dame

Et pour terminer voici le lien vers la page internet avec les informations pratiques pour vous rendre à la Maison de l’Archéologie de Dainville : https://archeologie.pasdecalais.fr/Archeologie/Maison-de-l-Archeologie/Venir-a-la-Maison-de-l-Archeologie

Ainsi que le lien vers la page pour les informations pratiques pour venir à la Maison de l’Archéologie. N’hésitez pas à revenir vers moi si vous avez des questions sur celle-ci parce que j’y travaille 😊

https://www.patrimoines-saint-omer.fr/Les-equipements/La-Maison-de-l-Archeologie-de-Therouanne-2000-ans-d-histoire-un-siecle-d-archeologie

Et si le déplacement n’est pas possible, voici le lien vers l’article : https://danslespasdececile.blog/2019/12/08/plongez-au-coeur-de-lhistoire/

A très vite pour de nouvelles découvertes ! 😊

Une réflexion sur “Du plomb comme dernière demeure

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