Sur les traces de l’ancienne Lugdunum

En cette troisième journée de congrès, nous avions rendez-vous avec la colline de la Fourvière. Nous avons passé notre journée au musée Lugdunum, pour entre autre l’assemblée générale de l’association le matin et une visite du musée l’après-midi. Journée qui s’est terminé par une petite balade autour de la basilique avant de nous retrouver pour la soirée.

Ce qui impressionne avec le musée, c’est qu’il est complètement intégré au paysage de la colline et du site archéologique. La végétation recouvre la structure en béton du musée qui, se visite du haut vers le bas, pour épouser le relief. Le bâtiment est labellisé « Patrimoine du 20e siècle » et nous le devons à l’architecte Bernard Zehrfuss.

Mais avant d’entrer, voici quelques informations sur la fondation de a ville (extrait du site du musée)

« Les traces du passé le plus ancien de Lyon sont concentrées au bord de la Saône, dans la plaine de Vaise (Lyon 9e).

Le site est fréquenté dès la fin de la Préhistoire vers 12 000 avant J.-C. La multiplication des découvertes atteste la présence d’une communauté sédentaire au Néolithique, à partir du 5e millénaire. Au cours de l’âge du Bronze, un village est établi dès 1200 avant J.-C.

Après un hiatus de plusieurs siècles, c’est une véritable bourgade qui se développe au 1er âge du Fer, à la fin du 6e siècle avant J.-C.. La présence d’amphores à vin provenant d’Italie et de Marseille et de céramiques grecques, attestent des contacts avec le monde méditerranéen, via l’axe Rhône-Saône. Ces échanges s’intensifient au cours du second âge du Fer (450-50 avant J.-C.).

L’histoire de Lugdunum commence en 43 avant J-C., neuf années après l’achèvement de la conquête de la Gaule par César, et une année après son assassinat à Rome, lorsque Lucius Munatius Plancus, alors gouverneur de Gaule, est envoyé par le Sénat pour fonder une colonie romaine.

Les premiers habitants sont des citoyens romains, des vétérans de l’armée. Le statut de colonie place Lugdunum au sommet de la hiérarchie municipale et favorisera son développement futur. La ville établie d’abord sur le plateau de Fourvière, gagne progressivement les quartiers fluviaux, la Presqu’île et la rive droite de la Saône.

Le choix de l’emplacement est stratégique : le site de Lyon, au confluent du Rhône et de la Saône, est placé sur l’importante voie de circulation constituée par la vallée du Rhône, trait d’union entre la Méditerranée et les futures provinces intérieures. Mais d’importants travaux seront nécessaires pour y établir une ville.

Au cours des dernières décennies du 1er siècle avant J.-C., un certain nombre de décisions politiques prises par Auguste, premier empereur (27 avant-14 après J.-C.), explique la croissance rapide de Lugdunum. Auguste divise la Gaule celtique en trois provinces : la Lyonnaise, la Belgique et l’Aquitaine.

Lugdunum, devient capitale de la Lyonnaise. La ville concentre des services administratifs communs à plusieurs provinces ; elle devient aussi le siège d’un important atelier monétaire qui frappe monnaie pour tout l’empire. Agrippa, gendre d’Auguste, à qui l’empereur confie l’organisation des routes, place Lugdunum au centre du réseau gaulois.

Le renom de la ville s’accroît avec la création en 12 avant J.-C. du sanctuaire des Trois Gaules, dédié au culte impérial. Localisé sur la colline de la Croix-Rousse, accueille chaque année les délégués des 60 tribus gauloises rassemblées au sein du Conseil des Gaules.

L’arrivée au pouvoir en 41 de l’empereur Claude, né à Lyon en 10 avant J.-C., correspond à une phase de développement de la colonie, qui prend le nom de Colonia Copia Claudia Augusta Lugdunum. Lugdunum s’étend sur près de 350 ha et devient l’une des plus grandes villes de la Gaule.

Plusieurs empereurs séjournent à Lyon, notamment Hadrien en 119. Sous le règne de Marc-Aurèle, en 177, la communauté chrétienne est persécutée : quarante-huit martyrs périssent, dont saint Pothin, un des premiers évêques et sainte Blandine.

Quelques années plus tard, en 197, la guerre de succession qui oppose Septime Sévère proclamé empereur par le Sénat, à Clodius Albinus, gouverneur de Bretagne, prend fin à Lyon par une bataille dont Septime Sévère sort vainqueur. La ville, qui a pris le parti de son adversaire, subit de sévères représailles.

Dès le milieu du 3e siècle, s’amorce le déclin d’une partie de la ville : la colline de Fourvière commence à se dépeupler.

À la fin du 3e siècle, sous le règne de Dioclétien (284-305), à la suite d’une réorganisation des provinces, Lyon perd son rang de capitale, au profit de Trèves, tandis que l’institution du Conseil des Gaules disparaît. La ville se recentre désormais autour de la résidence de l’évêque, au bord de la Saône, près du baptistère et de la cathédrale Saint-Jean.

Sur la ville haute en cours d’abandon, en lien avec le culte des martyrs, on construit dès la fin du 4e siècle des basiliques funéraires, autour desquelles se développent de grands cimetières. »

Il est maintenant temps d’entrer dans les entrailles du bâtiment et j’ai eu un gros coup de cœur pour l’escalier que nous avons emprunté. Des lignes simples et fluides, c’est d’ailleurs ce qui caractérise le musée. Le bâtiment et la scénographie sont simples et pures mais mettent en valeur les collections antiques présentées sur les différents étages.

Le regard se porte sur un sarcophage antique qui a été réemployé pendant le Moyen Âge. Dans celui-ci se trouvait un magistrat ou une épouse de magistrat. Les sculptures en bas-relief étaient particulièrement mise en lumière pour créer des zones d’ombres et ainsi mettre en avant le savoir-faire de l’artisan sculpteur.

Ensuite, la collègue nous a emmené devant un grand discours gravé sur le bronze, connu sous le nom de Table Claudienne.

Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce que le discours a été prononcé par l’empereur Claude (41-54) en 48 à Rome, devant l’assemblée des sénateurs. Ce discours  reprend l’intervention faite par celui-ci en faveur des notables Gaulois. Ces derniers avaient présentés une requête pour obtenir les mêmes droits que les citoyens romains, notamment celui de pouvoir accéder aux magistratures romaines et du Sénat. Dans son discours, l’empereur Claude défend l’intégration des étrangers au sein de l’empire romain.

Selon les études réalisées sur le document, il est indiqué que le texte a d’abord été  gravé dans la cire, puis moulé et coulé dans le bronze. Des retouches ont ensuite été apportées en gravant directement le métal.

Voici un lien où vous pouvez retrouver la retranscription du texte en latin et sa traduction : http://clioweb.free.fr/dossiers/ancienne/table-berard.pdf

Après ce discours gravé, nous sommes allés dans la section concernant la religion. Celle-ci participe à tous les moments et aspects de la vie quotidienne quelle soit publique ou privée. Les romains sont polythéistes ainsi plusieurs types de divinités cohabitent ensemble sans problème.

Nous pouvons retrouver des divinités gauloises. Elles ont pu parfois gardé leur nom celte, même si la plupart du temps elles ont été assimilées à une divinité romaine proche (par exemple la déesse Epona)

Il y aussi les dieux gréco-romains, qui sont assortis de qualificatifs (par exemple Jupiter Repousseur). En dernier lieu, il y a aussi les divinités étrangères, qui sont importées très tôt à Rome et qui sont de provenance d’Égypte (Isis), d’Asie Mineure (Cybèle) ou d’Iran (Mithra). Elles s’intègrent dans le panthéon romain. Au 2e siècle, la déesse Cybèle connaît une ferveur particulière à Lugdunum : au moins sept autels commémorant des tauroboles (sacrifice expiatoire, purificatoire et initiatique dans lequel un expiateur, prêtre ou fidèle, se faisait arroser du sang d’un taureau immolé) sans pour autant avoir trouvé à l’heure actuel le lieu de culte.

Autre élément en bronze sur lequel notre attention a été attiré, il s’agit d’un calendrier gaulois, retrouvé en 1897 dans l’Ain, et datant de la fin du 1er siècle – 2e siècle de notre ère. Il a une particularité : il a été rédigé avec l’alphabet latin. Les druides, détenteurs du savoir dans leur société, n’utilisaient pas l’écriture mais la transmission orale pour faire vivre la culture celte.  Ce calendrier est la plus longue retranscription en langue gauloise connu à ce jour. Il s’agit d’un calendrier perpétuel comprenant cinq années calquées sur le rythme de la lune.

Une particularité de l’architecture du musée est le puits de lumière, qui donne sur l’extérieur est en particulier sur le site archéologique. Ce qui permet au visiteur de comparer la maquette présente dans le musée avec l’extérieur en direct 😉

A travers ce « canon de lumière » (autre nom donné) le visiteur a ainsi la vue sur les ruines des deux théâtres élevés sur la colline il y a 2 000 ans. Il s’agissait du cœur de la ville, un des quartiers les plus animés. Avec le grand théâtre qui pouvait accueillir jusqu’à 10 000 personnes venues assister à des spectacles, comédies, danses, mimes et petit théâtre, quant à lui, était réservé à la musique et à la déclamation.

Après la religion, le divertissement, se sont les artisans qui sont mis à l’honneur dans une nouvelle section du parcours.

Lugdunum, étant une ville active et le lieu de résidence de nombreux notables, nous pouvons y retrouver une diversité de métiers. Très peu de textes nous sont parvenus alors que le travail manuel était très apprécié dans le monde romain. En revanche, c’est l’archéologie qui est source d’informations sur ces différents métiers avec le mobilier retrouvé (fours, bassins, outils, rebuts de fabrication…). Voici une liste des métiers présents : potier, verrier, forgeron, bronzier, tisserands, foulon, tabletier… Grâce aux inscriptions, nous notons que certains métiers comme fabricants de couverture ou charpentier sont en corporation et que d’autres comme le tisseur de fils d’or (appelé le barbaricaire) ou les marchands de comestibles sont plus rares. Le plus souvent, le lieu de production et de vente est le même avec une ouverte directe sur la rue, au rez-de-chaussée des maisons. Ces boutiques sont dispersées dans la ville même si un quartier le long de la rive de la Saône se spécialise avec le regroupement des potiers, verriers et fondeurs.

Et les vitrines sur ce monde des artisans entourent une mosaïque posée au sol qui est absolument magnifique et de grand format !

Juste pour information, aucune apologie politique ici parce que la svastika est bien plus ancienne que le 20e siècle. Pour en connaitre son origine et sa symbolique à travers le monde, je vous invite à lire cet article : https://www.geo.fr/histoire/quelle-etait-la-signification-de-la-croix-gammee-avant-detre-lembleme-du-parti-nazi-211610

Une autre mosaïque est présentée un peu plus loin représentant un cirque (hippodrome). On peut apercevoir les quatre équipes (factionnes) de deux quadriges qui sont en compétition et courent autour de l’espace central (spina) constitué par deux bassins.  Plusieurs moments de la course sont représentées sur la mosaïque avec le départ, la course et l’arrivée. Les deux personnages au centre, tiennent une couronne de laurier et une palme, symboles de la victoire qui seront remis au vainqueur.

La dernière section par laquelle nous passons nous emmène découvrir les rites et pratiques funéraires antiques.

Les inscriptions funéraires sont une source importante pour connaître les habitants d’une ville. Les tombeaux ne sont pas regroupés dans des cimetières fermés, comme aujourd’hui, mais dispersés dans le tissu urbain, à la périphérie de la ville. Les tombes les plus riches sont alignées le long des rues pour être visibles par tous ceux qui passent. Sur l’épitaphe on y retrouve le métier ou la carrière du défunt, la durée de sa vie, on y nomme les parents et les collègues de travail ainsi que les héritiers, qui ont pris en charge la sépulture et parfois on y ajoute les circonstances de la mort. Le défunt peut interpeller le passant sur la triste condition des Enfers, lieu où iront tous les mortels, en l’invitant à profiter de la vie sans pour autant oublier ceux qui sont morts.

On retrouvait ces sculptures calcaires sur les angles ou sur les murs d’enclos entourant les sépultures au bord des routes et près des portes de la ville. Elles s‘inspirent des masques de théâtre tragiques ou reproduisent les traits des monstres mythologiques. Ces visages effrayant pourraient personnaliser les Larvae, esprits malfaisants des défunts restés sans sépultures ou ayant péri d’un mort violente (https://mediterranees.net/civilisation/Rich/Articles/Religion/Divinites/larvae.html )

Terminons avec des maques…

… représentant Claudia Victoria, décédée à 10 ans et dont la mère souhaitait garder un souvenir avec le moulage du visage de la fillette. Ce moulage était disposé dans sa tombe avec d’autres offrandes.

… et d’autres qui étaient disposés sur la colonnade décorant le jardin d’une maison, découverts dans la Maison aux Masques, sur les pentes de la colline de Fourvière.

La collègue nous laisse après avoir fait ce tour (rapide) des collections du musée Lugdunum pour nous laisser à l’entrée de l’espace qui nous permettait découvrir les aventures de Brickius Maximus.

Voici des photos des installations en Lego© qui permettaient de plonger dans les différents aspects de la vie quotidienne des Romains en passant par toutes les thématiques abordées dans les collections permanentes. Je vous laisse ainsi apercevoir un camp militaire,  une villa de campagne, les latrines, un sanctuaire guérisseur, un théâtre, le panthéon des dieux, les gladiateurs dans un colisée. Et après les briques colorées Lego©, rendez-vous à l’extérieur pour entrer dans la basilique de la Fourvière.

Si en arrivant le matin, nous avons découverte l’extérieur de la basilique sous le soleil et sans un nuage, c’est de nuit que nous avons u en profiter après notre journée à Lugdunum.

Quelques mots sur cette basilique de la Fourvière.

Elle a été élevé sur les plans de l’architecte Pierre Bossan, après la guerre de 1870, à la suite d’un vœu de Mgr de Genouilhac. L’archevêque de Lyon s’était engagé à construire une église si l’ennemi n(approchait pas de la ville. Ses murailles crénelées pourvues de mâchicoulis et flanquées de tours octogonales lui donnent une allure mélangeant l’art médiéval et byzantin.

En attendant de pouvoir se rendre à la salle de réception qui se trouvait à proximité, nous avons décidé de nous réchauffer autour d’une boisson chaude et de goûter la brioche aux pralines 😊

Et sur cette pause douceur, je vous laisse avec la vue de Lyon by nigth ! 😊

La suite des aventures à Lyon arrive 😉

Et voici le lien vers le site du musée pour préparer sereinement votre visite : https://lugdunum.grandlyon.com/fr/

Ainsi que le lien vers le site de l’association ANCOVART : https://www.ancovart.fr/

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