Canuts et cocons

Continuons la découverte de Lyon avec le quartier de la Croix-Rousse, également appelé « la colline qui travaille ». Le parcours nous a permis de trabouler dans ce quartier, d’apprendre des anecdotes et il y a un passage dans un atelier de tisserands. Let’s go pour monter la colline ! 😊

Mais pourquoi ce nom de la Croix Rousse ?

Il est tiré d’une croix de pierre colorée qui se dressait, avant la Révolution, à l’un des carrefours et le quartier de la Croix Rousse ne fut pas toujours opposé à celui de la Fourvière, dit « la colline qui prie ». Ce n’est en effet qu’après la Révolution, et les expulsions de communautés religieuses qui l’accompagnent, que les canuts gagnent ses coteaux moins onéreux.

L’invention de nouvelles techniques par Joseph-Marie Jacquard (1752-1834) accélère l’abandon du quartier Saint-Jean et l’installation des canuts dans de grands immeubles sévères aux larges fenêtres laissant passer la lumière. Au 19e siècle, les rues retentissent du « bistanciaque », bruit des métiers à bras actionnés par quelque 30 000 canuts. La fabrique de la soie s’est déplacée vers la Croix Rousse, qui a gagné son surnom de « colline qui travaille ». Les traboules épousent la topographie du terrain et comportent de nombreuses marches. Elles permettent de transporter les pièces de soie à l’abri des intempéries. En 1831, puis en 1834, elles furent le théâtre des sanglantes insurrections de canuts arborant le drapeau noir, symbole de misère, où était inscrite la devise fameuse : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant »

Première étape, la visite de l’atelier de tisserand. Le rendez-vous est donné à « Soierie vivante ».  Celui-ci est installé dans un ancien appartement de canuts.

Le nom de « canut » sont des ouvriers de la soie, et cela vient de leur outil de travail, la canette, qui est glissée entre les fils de trame du métier à tisser.

La hauteur du plafond est de 5 mètres, permettant ainsi de pouvoir insérer les éléments mécaniques du système Jacquard. Les grandes fenêtres permettent à la lumière naturelle d’entrer en abondance dans l’atelier. A partir du 20e siècle, les métiers à tisser passent à l’électricité. Sans oublier que comme les sculpteurs sur pierre, les canuts sont payés à la pièce et non pas à l’heure, sachant que pour réaliser 1 mètre il faut 1h.

Le carton qui est installé sur le métier à tisser est réalisé pour la commande, comme une partition de musique. Le carton Jacquard comporte des trous qui permettent à la navette de passer. Sur le métier à bras, il y a 3 600 fils de chaîne et il est considéré comme simple, ainsi il est utilisé par les femmes et les enfants à partir 12-13 ans. La pédale qui est utilisée pour le métier à bras permet de faire des tissages différents en fonction de l’ordre des actions. Mais surtout il est nécessaire qu’une seule personne travaille sur une pièce.

Précision importante 😉 : le satin est un type de tissage et non un matériau. La soie quant à elle est une matière première produite par les vers à soie. On fabrique du satin avec de la soie mais cela reste un tissu assez onéreux. A un prix plus abordable nous pouvons trouver du satin fait en polyester, en nylon, en microfibre, etc.

Voici le lien vers le site internet de l’atelier qui nous a accueilli lors de cette matinée : https://www.soierie-vivante.asso.fr/

Maintenant direction le Gros Caillou !

Il est découvert en 1861 lors de la construction de la première “ficelle” (c’est le nom donné au funiculaire) reliant la Presqu’île à Croix-Rousse. Les travailleurs chargés de percer le tunnel se retrouvent face à une roche impossible à briser, qu’ils ont donc dû extraire.

Et qui dit « Gros Caill » dit légendes 😊

Voici la première :

« La première histoire remonte à une époque où Dieu s’amusait à descendre sur terre pour jouer des tours aux Hommes afin de les rendre meilleurs. Un jour, en plein hiver, il vit un huissier expulser une pauvre famille de canuts. Le père de famille, accompagné de sa femme enceinte et de ses gones, implora l’huissier de lui pardonner les quelques jours de retard de paiement.

Mais ce dernier ne voulut rien entendre, prétextant qu’il suivait les ordres du propriétaire qui l’avait mandaté, et pria la famille de déserter les lieux au plus vite.

Devant cette scène, Dieu ne put retenir sa colère et il se dévoila à l’huissier. Pour le punir de son manque d’humanité, il transforma son cœur en un véritable petit caillou, qui tomba à travers ses vêtements. Il lui ordonna alors de pousser son cœur de pierre jusqu’à ce qu’il trouve quelqu’un de plus méchant que lui.

L’huissier parcourut la ville, et à mesure qu’il avançait, le caillou grossissait… Il traversa le quartier de la Croix-Rousse, puis Vaise, et arriva au Palais de Justice de Saint-Jean, où il pensait trouver une personne plus malveillante que lui parmi les avocats, magistrats et criminels. Malheureusement pour lui, il ne croisa que des honnêtes gens… Il continua sa course, poussant sa pierre qui ne faisait que grandir.

Arrivé en haut des pentes de la Croix-Rousse, le caillou s’arrêta. L’huissier ne pouvait plus le pousser malgré tous ses efforts. C’est là qu’il aperçut un régisseur d’immeubles et qu’il comprit : “Mais oui il y a pire que moi ! Ce sont les régisseurs qui me demandent d’évincer leurs locataires !”. Ravi de s’être débarrassé de sa lourde tâche, il s’en alla vérifier si les canuts avaient bien déserté l’appartement.

Dieu, voyant cela, secoua la tête de désespoir et se dit que les hommes ne changeraient finalement jamais. Et depuis ce jour-là, Dieu descendit bien moins souvent nous voir… »

Et la deuxième suggère que ce caillou aurait été placé là par Gargantua. En visitant la région lyonnaise, le géant aurait eu un caillou dans sa chaussure. En le retirant, il aurait jeté le caillou, qui aurait atterri à la Croix-Rousse, marquant de façon permanente le paysage.

Au-delà de ces légendes, le Gros Caillou est devenu un symbole de résistance et de solidarité pour les habitants de la Croix-Rousse. La dureté et la permanence de la pierre sont souvent vues comme une métaphore de la fierté et de la ténacité des Lyonnais face aux adversités historiques.

Le quartier de la Croix Rousse est ainsi celui des travailleurs. Nous avions les soyeux qui fournissaient le fil aux canuts. Ils étaient environ 400, alors qu’il y avait environ 8 000 canuts et entre 20 et 30 000 apprentis.

Nous continuons notre déambulation pour arriver…

… dans la cour des Voraces.

Cette cour est reconnaissable grâce au grand escalier de type industriel visible à l’intérieur de celle-ci. Elle était le lieu de réunion d’une confrérie de canuts. Celle-ci dite des Voraces ou des Dévorants, aurait joué un rôle dans la révolte de 1848, qui fait suite à celle de 1831 et 1834.

Adepte du street art comme moi partons à la chasse de ces œuvres dans les villes que je parcours; et là dans ce quartier, j’ai été servi 😊 en voici quelque exemples

Pour arriver devant l’une des plus connue dans la ville : la fresque des lyonnais. La fresque est réalisée en 1995 par la cité de la Création. Nous pouvons y apercevoir 31 personnages de la région parmi lesquels vous pourrez reconnaître : Louise Labé, Bernard Pivot, Paul Bocuse, les frères Lumière, Mme Récamier, Saint-Exupéry et son Petit Prince ainsi que Guignol et son créateur.

Traversons et admirons le panorama  avant…

… d’arriver sur le lieu du repas qui n’est autre qu’un bouchon lyonnais, permettant ainsi de goûter la fameuse quenelle, spécialité du territoire. Quand nous sommes ressortis, nous avions l’estomac bien rempli.

Pour en savoir plus sur cette spécialité, je vous invite à cliquer sur ce lien 😉 : https://www.leonfargues.fr/content/47-quenelles-de-lyon-origine-cuisson-recettes

Et comme vous le voyez sur l’assiette, nous avons été accueillis par l’équipe de Chez Chabert. Voici le lien vers le site internet : https://www.chezchabert.com/

Et voici pour terminer le lien vers le site internet de l’association ANCOVART dont je suis déléguée régionale : https://www.ancovart.fr/

A très vite pour de nouvelles aventures ! 😊

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5 réflexions sur “Canuts et cocons

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