La première étape de la journée post-congrès de Lyon nous emmène dans le pays du Beaujolais et plus particulière au couvent de La Tourette. Sa particularité ? Il s’agit de la dernière grande œuvre de l’architecte le Corbusier, construit entre 1953 et 1960. En1986, les architectes français l’ont choisie comme la seconde œuvre contemporaine la plus importante, après le Centre Pompidou de Piano et Rogers.

Cette architecture peut être vue comme austère et qui ne mettant pas en avant le confort ou le sentiment d’être bienvenue dans le lieu. Ici, tout est affaire de volume et de lumière, ce que le visiteur découvre en entrant le bâtiment et en déambulant dans les divers espaces.
La visite a été faite par un des frères de la communauté des Dominicains présente sur place. Personnellement, j’ai fait le choix d’être dans son groupe parce que cela a aussi permis d’avoir la vision d’une personne vivant sur place et qui utilise les différents espaces au quotidien.
Vous pouvez remarquer sur la photographie qui suit, la tenue portée par les frères dominicains.
Voici quelques informations sur l’ordre pour ceux qui souhaitent en savoir d’avantage ou bien se rafraîchir la mémoire 😉

Historiquement connu sous le nom de Jacobins, l’ordre a été créé à Toulouse en 1215 par Dominique de Guzmán. Il fait partie de ce que nous appelons les ordres mendiants (c’est-à-dire que l’ordre vit de la charité publique pour vivre. Il ne possède ni individuellement ni collectivement de propriété). Contrairement à d’autres ordres, comme celui des Cisterciens, les Dominicains sont proches de la population. Ils vivent dans des couvents et non pas des monastères qui sont souvent situés dans les grandes villes ou à proximité parce leur vocation est de prêcher.
Dans le couvent de La Tourette il y a actuellement 8 résidents venant de toute la France et 10 personnes qui s’occupent des aspects matériels du couvent. Au départ, le bâtiment a été construit pour accueillir 20 frères-enseignants et 50 frères-étudiants. Mais après les années 1970 et la baisse du nombre de frères-étudiants, les frères-enseignants décident d’une ouverture au public. Au niveau de l’occupation actuelle, 80% des personnes sont en études et 20% sont des retraitants.
Pourquoi avoir choisi Le Corbusier pour réaliser le couvent ? Un autre architecte avait d’abord eu les faveurs de l’ordre mais Le Corbusier a fini par être choisi par le père Couturier : « il vaut mieux faire appel à quelqu’un qui n’a pas la foi qu’à un croyant sans génie »
Si nous nous intéressons à l’extérieur du bâtiment, les connaisseurs de Le Corbusier vont retrouver certains éléments distinctifs de son travail : le toit-terrasse, les fenêtres longues ou encore l’utilisation des pilotis. Il ne faut pas oublier l’utilisation du module « or » (1.89m x 1.83 m) utilisé par l’architecte pour définir les espaces. Le visiteur peut se rendre compte de l’espace de ce volume grâce à l’arche d’entrée qui reprend ces mesures.
Le toit-terrasse devient un lieu de médiation pour la communauté. Les loggia (terme italien utilisé pour les espaces ouverts qui ressemblent à des petits balcons fermés) que nous apercevons sur la façade correspondent aux cellules des frères tandis que les longues bandes horizontales correspondent aux allées de circulation.

Première étape, la salle des hôtes. A l’origine c’était la salle pour les frères étudiants. Cette pièce est très intéressante parce qu’elle permet de comprendre l’essence même du bâtiment, du travail de l’architecte. Il n’y a pas de coffrage pour les fils électriques et ceux pour la canalisation par exemple. Ils sont intégrés à la vie quotidienne et ne pas oublier l’aspect pratique d’un accès rapide s’il y a besoin de faire des réparations. Les couleurs que nous avons pu apercevoir sur les murs n’ont aucune référence symbolique, elles sont utilisées uniquement pour faire un peu de variété pour l’œil 😉
Le minimalisme de l’architecture permet aussi une proximité avec les différents matériaux qui ont été utilisés pour la réalisation du bâtiment.

Nous ne pouvons certes pas entrer dans les cellules des frères mais nous pouvons emprunter ces couloirs de circulation qui donnent sur la façade extérieure.
Les cellules font 6 m de long avec plusieurs espaces avec celui pour le corps (lavabo, lit, meuble pour les vêtements), un pour l’intelligence (le bureau) et le dernier pour la méditation (loggia)


Vient ensuite l’oratoire des frères-étudiants. Quant le visiteur entre, il note la sobriété de la pièce qui ne comporte aucun décor. L’autel est réalisé en béton et le forme pyramidale de l’espace représente l’élévation de l’âme.

Nous reprenons les allées de déambulations et découvrons les autres façades du lieux pour arriver à l’église.





Nous arrivons devant la porte donnant accès à l’église du couvent, qui est le seul espace à même le sol dans le bâtiment : « il faut s’ancrer en pleine terre pour mieux monter au ciel ».
La porte a été dessinée par Le Corbusier mais n’a pas être réalisée que dans les années1990.
Vous allez découvrir l’église qui, comme le reste du site, est très sobre avec quelques couleurs sur les murs ou les espaces de séparation comme la sacristie (derrière un mur rouge) ou la crypte (derrière le mur jaune).



Le dernier espace que nous découvrons est le réfectoire. Une des pièces avec une vue splendide sur l’extérieur. La baie vitrée est rythmée par des bandes verticales qui reprennent une partition de Xénadys (musicien grec) et qui permet surtout de cadrer le regard.

Le tour du couvent se termine et il est temps de quitter les lieux pour la suite de notre programme. Je vous laisse avec cette vue qui donne envie de se poser et d’écouter tranquillement les bruits de la nature sans se soucier du monde civilisé 😉

A très vite pour la fin des découvertes du pays lyonnais
Voici le lien vers le couvent de la Tourette : https://www.couventdelatourette.fr/
Sans oublier le site de l’association ANCOVART : https://www.ancovart.fr/

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