A la Confluence des routes

Après avoir découvert le quartier du Vieux-Lyon, nos collègues nous ont emmenés en croisière pour découvrir la ville d’un autre point de vue et finir au musée des Confluences. Malheureusement, étant en petite forme physique cette après-midi-là, mon appareil photo et ma capacité d’écoute était réduite. Malgré tout j’ai pu profiter du panorama.

Sur la dernière photographie, le musée des Confluences est visible sur la gauche. C’est notre destination finale.

Le musée; posé à la confluence de la Saône et du Rhône, a ouvert ses portes le 20 décembre 2014. L’enveloppe extérieure a été conçue par l’agence autrichienne Coop Himmelb (I) au, et il est constitué d’un « Cristal » de verre agrégé à un immense « Nuage » en inox  de 6 500 T, reposant uniquement sur 14 piliers et un socle minéral semi-enterré en béton architectonique.

Ce bâtiment a été pensé comme une métaphore de la connaissance. Une métaphore est mise en place avec l’entrée dans la verrière transparente du cristal (image du monde connu) pour s’enfoncer dans le nuage à moitié sombre (image de l’inconnu, de la découverte).

Le musée s’affiche comme un musée de « sciences, arts et sociétés » en racontant la terre depuis ses origines ainsi que l’évolution de l’humanité. On y retrouve les collections permanentes du musée, celles de l’ex-Muséum d’histoire naturelle et une présentation des recherches récentes en matière de sciences, techniques, archéologie et ethnologie.

Voici quelques photographies prises au fil des déambulations au fil des salles du parcours permanent.

Ce squelette de rorqual commun boréal a été attiré mon œil de néophyte. Celui-ci a été acheté par la ville de Lyon en 1878, et il provient d’un spécimen qui s’est échoué sur les côtes corses. A partir de 1952, plusieurs interventions réparatrices sont mise en place : préparation, assemblage et soclage de l’ensemble pour une présentation au public le 26 janvier 2003 dans la salle du Muséum de Lyon, avant de rejoindre les réserves du Centre de conservation et d’étude des collections du futur musée des Confluences. Il a été restauré en 2018 et associé à un nouveau soclage qui a été possible grâce à une campagne de mécénat.

Si nous restons dans le domaine des os, j’ai été fascinée par la salle présentant les différents squelettes en tout genre.

Ce mammouth a été retrouvé à proximité de l’actuel musée en 1859, et est connu sous le nom de Mammouth de Choulans (période du Pléitoscène). Est-ce qu’il m’a plus marqué que les autres parce que nous évoquions la trouvaille d’un spécimen dans les Hauts-de-France (dans le cadre de l’ouverture du CIAP à Saint-Omer : la Maison du Patrimoine. Ouverture prévue au début de l’année 2025)

Les arts asiatiques ont aussi eu leur place dans mes déambulations. Avec notamment cette représentation de personnages assis ainsi que ce panthéon des dieux chinois.

Je suis également fascinée par les masques des peuples et tribus du monde et j’ai pu en admirer un que voici et qui a rejoint les collections du musée en 2018.

Jusqu’au début du 20e siècle, la plupart des villages de la région du fleuve Sepik (Papouasie Nouvelle-Guinée) disposent d’une maison cérémonielle strictement réservée aux hommes. On y conserve les objets sacrés de chaque clan et les initiations s’y déroulent sous le regard des ancêtres et des esprits. Avec le masque pignon, qui ici représenté sans doute l’ancêtre primordial féminin, la maison cérémonielle est considérée comme vivante et elle doit mourir pour qu’une nouvelle puisse être érigée.

Ce masque est appelé masque pignon. Il était placé sous le faîte du toit de l’édifice pour le protéger symboliquement des intrusions.

Bonjour le musée de Boulogne-sur-Mer et sa collection de masques Sugpiaq (Alaska) dont j’ai eu un coup de cœur immédiat. Pour voir à quoi ressemble ces masques, je vous invite à vous rendre sur ce lien pour y voir quelques photographies : https://www.art-tribal-africain.com/blog/2023/1/4/musee-de-boulogne-sur-mer-art-ocanie-amerique-du-nord

Terminons la découverte du musée avec un espace dédié à un autre sujet qui me fascine : les visons de l’au-delà. Il s’agit d’une des thématiques du parcourt permanent.

« « Où allons-nous ? ». La question du devenir du défunt, dans sa chair et son esprit, est commune à toute l’humanité.

L’exposition aborde le sujet en mettant en perspective nos questionnements contemporains avec ceux de civilisations d’époques variées : cultures amérindiennes, africaines, d’Égypte antique, du Pérou ancien, de l’âge du fer d’Europe centrale (Koban)… À toutes ces pratiques qui évoquent une perméabilité entre le monde des vivants et celui de l’au-delà répond la porosité de la scénographie : les différentes parties du parcours sont séparées par des moucharabiehs de métal, perforés selon la position des étoiles, des galaxies scintillantes et lointaines, symboles des mondes de l’au-delà. »

Je vous propose un petit tour dans cet espace 😊

Le monde de l’invisible est peuplé d’esprits, protecteurs ou néfastes, qui agissent sur le monde visible. Ils assurent harmonie et fertilité et provoquent des maladies et des conflits. Des objets sont ainsi réalisés pour honorer ces esprits et s’en préserver. Les décors magiques et les matériaux d’origine animale confèrent aux porteurs leur puissance et leur pouvoir totémique.

L’intercesseur maintient l’équilibre entre le monde des humains et le monde des esprits. Grâce aux rituels mêlant chants, musiques et danses, parfois associés à l’usage de tabac ou de plantes psychotropes, le chaman entre en transe et accède au monde invisible.

Seuls les rites funéraires appropriés, s’échelonnant parfois sur des années permettent le passage au statut d’ancêtre : masques, danses et musiques accompagnent l’âme du défunt vers le monde invisible. Sans ces rituels, l’âme serait condamnée à errer parmi les vivants, devenant une menace pour eux. La présence des ancêtres s’incarne dans les objets de culte. Ils sont honorés afin d’assurer aux vivants descendance et satisfaction matérielle. Ne pas entretenir leur mémoire peut avoir des conséquences néfastes.

Au Gabon, les masques blancs accompagnent les cérémonies de deuil et les initiations. La couleur blanche évoque le monde des morts et celui des esprits.

Les premières sépultures remontent à la Préhistoire, il y a environ 100 000 ans. L’étude des données qu’elles fournissent permet de mieux comprendre les cultures du passé. Les rites funéraires traduisent la conception d’un au-delà dans lequel les défunts pourraient, sinon renaître, du moins poursuivre leur existence dans l’éternité. Quelles que soient les cultures et les époques, s’exprime par là une conscience de soi qui réduit la mort à n’être qu’un passage.

L’archéologie funéraire est un domaine à part entière dans la recherche archéologique. Si vous souhaitez en apprendre un peu plus, je vous redirige ver l’article sur l’exposition de la Maison de l’Archéologie de Dainville qui traite de ce sujet : https://danslespasdececile.blog/2024/11/30/un-pied-dans-la-tombe/

A la fin du 19e siècle, les fouilles des nécropoles d’Abydos et Nagada (Egypte) ont démontré l’existence d’une culture égyptienne préhistorique. Les objets, témoins des pratiques funéraires attestent de la sédentarisation préparant l’avènement du régime des pharaons.

En Égypte antique, la mort n’est pas considérée comme une fin en soi mais comme un passage vers la vie éternelle. Ainsi, dès la Préhistoire et durant plus de trois millénaires, des croyances et rituels très élaborés permettent aux défunts de renaître dans le royaume des morts dirigé par le dieu Osiris.

Pour accéder à la vie éternelle, le défunt, ayant prouvé une vie exemplaire devant le tribunal d’Osiris, doit être momifié. Soumis aux mêmes contraintes que durant sa vie terrestre, il doit trouver sa subsistance. Des offrandes sont alors déposées dans la chambre funéraire par les prêtres, puis dans sa chapelle par ses proches.

Osiris est à l’origine un dieu agraire, symbole de fertilité et de renouveau végétal. Devenu le dieu des morts, il est le garant de la survie du défunt dans le monde souterrain. Son histoire fonde les rituels de momification (pour en savoir plus sur ce dieu, clique sur le lien suivant : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2019/07/osiris-le-dieu-des-morts-qui-redonne-la-vie )

Si le monde des pharaons vous intéresse je vous invite à aller lire les deux articles sur les expositions que j’ai pu découvrir à Paris ces dernières années :

Au Pérou, les défunts deviennent des ancêtres protecteurs et vénérés. Malgré les pillages destructeurs, les sépultures nous renseignent sur les pratiques funéraires des sociétés précolombiennes où la vie et la mort sont indissociables.

Ce sont les rituels liés à la préparation du « fardo » qui favorisent la passage du défunt vers son statut d’ancêtre. Il veille sur ses proches et s’assure que la nature leur fournira des moyens de subsistance suffisants. Le « fardo »(épais ballot de tissu, de bourre et de coton et de végétaux, parfois maintenus par une structure en roseaux) enveloppe le corps recroquevillé et enterré à même le sol, dans une tombe individuelle ou collective comme à Ychsma.

Revenons en Europe avec la nécropole de Koban (montagnes du Nord-Caucase) qui a livré des objets et des ossements permettant une meilleure connaissance de la vie quotidienne des Européens d’il y a 3 000 ans. Malgré tout, la conception de leur au-delà nous échappe parce que nous n’avons pas d’écrits transmettant la complexité du système de croyances à la fin de la Préhistoire.

A Koban, les sépultures sont généralement délimitées par de grandes dalles ou des moellons. Le corps est déposé en pleine terre, placé sur le flanc, en position fléchie. Les objets qui l’accompagnent sont composés d’armes, de céramiques et d’éléments de parure.

La diversité des rituels funéraires traduit des conceptions différentes de l’au-delà. Mais nous pouvons distinguer deux représentations du temps qui s’oppose devant l’individu et sa mort.

Le temps est cyclique. C’est-à-dire que le monde a toujours existé et existera toujours entre destructions et renaissances. L’individu y tient une place toute relative.

Le temps est linéaire. Le monde a un commencement, une durée et une fin possible. L’individu s’intègre dans cette vision.

Chez les bouddhistes, la mort est considérée comme une étape dans le cycle sans fin de l’existence qui garantit une renaissance ultérieure. Elle est inévitable, et il est préférable de s’y résoudre sereinement, dans l’attente de l’« Extinction ultime » qui clôt le cycle immuable des renaissances pour atteindre le nirvana.

La fin ultime est difficile à concevoir et accepter. Elle apparaît pour certains comme un déni, une difficulté. « Ne sommes-nous pas avant tout des êtres de vie, pour qui l’idée de fin, quelle qu’elle soit, demeurerait inconcevable et inacceptable ? »

La mort est un sujet présent également chez les artistes peintres avec le genre de la vanité. Sujet très présent dans l’art de la Renaissance et du 17esiècle. La vanité suggère que l’existence terrestre est précaire et de peu d’importance. Quant aux vanités en art contemporain, elle porte davantage sur l’aspect éphémère de la vie.

Et pour finir sur une note tout aussi colorée et spectaculaire, il faut emprunter les escaliers ou escalators, admirer la structure incurvée mêlant le métal et le verre…

… pour atteindre le rooftop et sa splendide vue !

Et voilà pour le petit dans le quartier de la Confluence.

Dans l’article j’ai évoqué le musée de Boulogne-sur-Mer qui se situe dans l’ancien château comtal en vieille vieille. Voici le lien vers leur site internet pour prépare votre visite : https://musee.boulogne-sur-mer.fr/infos-pratiques/

Et bien évidemment, voici le lien vers le musée des Confluences qui est le cœur de l’article : https://museedesconfluences.fr/fr

Et sans oublier le site de l’association ANCOVART qui a organisé le congrès : https://www.ancovart.fr/

A très vite pour la suite des découvertes lyonnaises 😊

Voici les liens vers les autres articles concernant le congrès

6 réflexions sur “A la Confluence des routes

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