Rencontre avec un pharaon

Découverte d’un nouvel lieu parisien : la grande halle de la Villette. Une exposition événement car elle présente un peu plus d’une centaine d’objets ayant été entreposés dans la tombe d’un pharaon connu à travers le monde : Toutânkhamon.

Il n’est pas connu pour son règne car celui-ci a été d’une courte durée, une dizaine d’années, mais plutôt pour la découverte de sa sépulture le 4 novembre 1922 par Howard Carter. La légende faisant état de la malédiction du pharaon a aussi forgé sa notoriété grâce aux journaux.

“Lorsque mes yeux s’habituèrent à la lumière, les détails de la pièce émergèrent lentement de la pénombre, des animaux étranges, des statues et de l’or, partout le scintillement de l’or.” (Howard Carter).

Partons à la découverte de ces nombreux trésors exposés lors d’une dernière tournée avant d’être intégré dans le nouveau musée du Caire sur le plateau de Gizeh.

Chaque espace possède une thématique liée aux objets présentés, mais pour une novice comme Elicec et sa guide, c’est la possibilité de côtoyer des objets chargés d’histoire concernant une civilisation qui continue encore aujourd’hui à fasciner (actuellement l’exposition est celle qui compte le plus d’entrée devançant une exposition datant de 1967, dédiée à ce même pharaon !)

Sur cette photo à droite, le vase en calcite porte les cartouches de Toutânkhamon et d’Ânkhésenamon, ainsi qu’un vœu de vie éternelle. Sa forme imite une ombelle de papyrus, et on y retrouve des décorations florales réalisées à la peinture bleue, verte et rouge.

Il est connu que dans le tombeau, une quantité importante de nourriture et de boissons sont déposées afin d’alimenter le « ka » du pharaon, le tout étant disposé dans des paniers, des jarres, des coffrets et autres récipients. L’un d’entre eux a attiré l’œil d’Elicec de par sa forme qui lui rappelle un met que l’on mange encore aujourd’hui…

… et voici un vase et une cruche servant durant des rituels. Ils sont utilisés dans le rituel funéraire de l’ouverture de la bouche, pendant celui-ci on verse de l’eau sur la momie pendant que le prêtre demande que le défunt soit purifié par Noun, dieu des Eaux primordiales. Le vase porte le cartouche du pharaon.

« Mon nom est florissant pour moi » Chapitre 63A, Livre des morts

Voici le couvercle d’une boîte en bois incrusté en forme de cartouche avec le nom du pharaon. Dans cette boîte se trouvait deux crosses « héqa » et deux fléaux, faisant partie des symboles royaux les plus importants. Il y avait également des bijoux, des foulards en lin et un étui à miroir.

Dans l’exposition, il a été possible d’admirer une paire de gants en lin, qui est visible pour la première fois hors d’Egypte… juste incroyable de voir l’état de conservation !

Et parce que dans l’Antiquité, on jouait déjà, voici un plateau de jeu retrouvé dans la sépulture de Toutânkhamon. Celui-ci permettait de jouer à deux jeux différents, notamment un avec des osselets mais les règles ne nous sont pas parvenues. Le jeu du senet est présent aussi sur celui-ci mais sur l’autre face. Ce jeu était populaire dans toutes les classes sociales, une scène dans le temple de Ramsès III, le montre en train de jouer à ce jeu avec ses filles. Dans certaines représentations, le joueur est seul, dans ce cas-là il affronte un adversaire invisible représentant les forces hostiles qui veulent l’empêcher dans le monde souterrain. La formule 17 du Livre des morts, permet au défunt de quitter le tombeau et de jouer au senet en prétendant être une série de dieux et en répondant à des questions qui témoignent d’un savoir secret.

Les objets suivants sont deux appuie-têtes : le voyage quotidien de Rê dans le ciel représente la résurrection. Le bleu, la couleur du ciel, symbolise la renaissance magique qui doit se produire dans l’au-delà.

Durant leur vivants, les égyptiens utilisaient des repose-têtes en bois rembourré de lin pour soutenir leur tête quand ils dormaient, couchés sur le flanc. Ceux réalisés dans d’autres matériaux comme la faïence sont destinés aux défunts.

Plusieurs dizaines de maquettes de bateaux ont été retrouvées dans la sépulture. Grâce au pouvoir de la magie, ils devaient se transformer en navire fonctionnel de taille réelle dans l’au-delà.

Les éventails étaient des objets de prestige dans l’Égypte antique, c’était ainsi un grand honneur que d’être « porteur d’éventail à la droite du roi ». Ils sont associés au souffle de vie. Sur celui-ci, nous pouvons admirer le jeune roi chargeant sur son char, accompagné d’un chien courant avec les chevaux. Les plumes ornant l’objet ont été dévorées par des insectes.

D’autres objets présentés dans l’exposition évoquent le pharaon et la chasse comme les boomerangs, l’arc et les flèches ou encore le bouclier ainsi que le roi en train de lancer un harpon.

Quand d’autre évoque le roi lui-même sous la représentation du dieu Horus, dieu à tête de faucon intimement associé à Rê.

La section suivante présente un certain nombre de figurines en bois représentant l’importance du spirituel dans la civilisation égyptienne antique.

Voici les figurines en bois doré de Tata et de Séned.

Celles de Harwer et de Douamoutef.

Ainsi que Ptah, prise de dos, car Elicec a été fasciné par le décor finement réalisé sur la figurine.

Viens ensuite une statue gardienne en bois du roi portant la coiffe némès. Cette statue est grandeur nature. Nous retrouvons ici le roi avec tous les attributs de son rang : la massue, le bâton mekes et la coiffe. La couleur noire de la peau obtenue par le bitume n’est pas associée à la mort mais à la terre riche en éléments nutritifs, déposés par les crues annuelles du Nil.

Le masque funéraire n’était pas là, mais le petit cercueil canope en or lui ressemble beaucoup. Pour voir une réplique du masque, il fallait attendre d’être dans la boutique à la fin de l’exposition.

Une vitrine était dédiée aux ouchebtis, qui représentent des serviteurs funéraires devant remplacer le défunt pour les travaux des champs dans l’au-delà.

Voici ce qui a le plus marqué Elicec et sa guide-conférencière dans l’exposition…

 … les doigtiers d’orteils en or ! Ils sont glissés avant que le corps ne soit enveloppé de lin, et donnaient l’apparence de l’or à la peau noircie de la momie. Les doigtiers sont là aussi pour protéger ces parties du corps nécessaires à la vie éternelle du roi dans l’au-delà. Ils peuvent être appelés « les cobras vivants » du défunt.

Objets qui n’ont pas encore été évoqués dans l’article, il s’agit des bijoux, dont voici quelques photographies.

Et voici une dernière photo pour la route !

Quand nous savons qu’il y a plus de quatre cents objets qui ont été retrouvés dans la sépulture de Toutânkhamon et que l’on voit que la surface de celle-ci est petite, je n’ose même pas imaginer pourquoi Carter a été emballé par sa découverte. Sachant que Toutânkhamon n’a pas été un pharaon ayant marqué l’histoire par son règne, je n’ose imaginer la sépulture d’un pharaon important !

Pour pouvoir admirer tous les objets découverts par Carter, il nous faudra attendre l’ouverture du nouveau musée du Caire !

A bientôt pour de nouvelles aventures dans les Hauts-de-France !

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