D’écrire l’article sur la journée organisée par l’association ANCOVART, sur le territoire d’Abbeville afin de découvrir ce nouveau territoire labelisé Pays d’Art et d’histoire en 2023. Je m’en excuse mais l’erreur est réparée ! 😊
La matinée a été l’occasion de rencontrer l’équipe sur le terrain et d’échanger avec eux sur le territoire et leurs missions. La matinée s’est terminée par une visite du bâtiment dans lequel nous avons été accueilli et qui a été réhabilité pour l’occasion.
L’après-midi, nous nous sommes donné rendez-vous dans la commune de Long pour la découvrir sous un beau soleil d’automne. Nous avons commencé avec la centrale hydro-électrique.

La commune a un sous-sol riche naturellement avec la tourbe qui a été extraite dès le Moyen Âge. La légende raconte qu’un orage a frappé le sol en consumant la terre pendant plusieurs jours, permettant ainsi cette extraction (extraction interdite de nos jours).
Les étangs aux alentours étaient loués aux tourbiers. L’extraction n’étant plus possible, cela a permis d’acheter une première centrale hydro-électrique dès 1900, avant même que Paris ne soit entièrement électrifiée ! La première pierre est posée en 1902 pour que le bâtiment soit inauguré en 1903. Le bâtiment est composé d’un rez-de-chaussée accueillant toutes les machines permettant le fonctionnement de la centrale, et d’un étage qui correspondait au logement du mécanicien.
C’est la Somme qui traverse la commune et qui met en route les trois turbines alimentant le village en électricité. D’ailleurs en 1903, on ne paye pas son électricité à la consommation (comme de nos jours) mais à la lampe !
La centrale reste en activité jusqu’en 1974. L’électricité produite permettait de fournir le domaine du châtelain ainsi que le village mais une autre légende dit que, si on ne disait pas bonjour au châtelain celui-ci allumait toutes les lumières chez lui pour que moins d’électricité ne soit disponible pour les villageois.


Aujourd’hui, il s’agit d’un musée qui permet aux visiteurs de découvrir l’importance de la tourbe sur le territoire ainsi que de découvrir ce magnifique bâtiment chargé d’histoires.
Voici le lien si vous souhaitez contacter les personnes en charge pour visiter le lieu : https://www.moulinsdefrance.org/fiches-moulins/centrale-hydro-electrique-long/
Après avoir visité la centrale, nous avons continué notre découverte en longeant la Somme. Quelques informations sur ce fleuve nous ont été donné. La Somme est en partie canalisée et elle est utilisée depuis le Moyen Âge. L’ensablement fait son apparition dans la baie un peu plus tard. En ce qui concerne le canal, on termine les installations en 1830, le tout agrémenté de quelques arrêts de construction notamment dû au manque de budget, mais également aux enjeux politiques entre les villes d’Amiens et d’Abbeville. Le canal de la Somme n’est plus utilisé pour le commerce depuis le début des années 1980, moment où il a été déclassé des canaux marchands.
Mais d’ailleurs, le nom de la commune, Long, d’où vient-il ? Une petite idée ?
Tout simplement de par la forme de la commune qui s’étirait toute en longueur le long de la Somme 😊
Le village se déplace au 10e siècle, un peu plus en hauteur à cause des inondations mais aussi à la suite des invasions, qui voit l’aspect défensif de la commune se renforcer tout au long de son histoire (invasions normandes, guerre de Cent Ans, guerre avec l’Espagne, les conflits mondiaux)
Le château qui a été détruit pendant la guerre de Cent Ans (1360) était plus proche du fleuve afin de pouvoir le protéger.
Le château visible de nos jours, qui est également le long de la Somme a été reconstruit en 1733 car le bâtiment précédent était en ruines. Pour celui-ci, on dévie le canal afin de le faire passer aux pieds du château et du parc de 20 hectares, dont on peut apercevoir une partie des serres lors de la balade le long du fleuve. Le château est connu aussi par le biais de son surnom : « la folie de Buissy » qui en était le propriétaire. Le lieu sera inhabité à partir de la Première Guerre mondiale jusqu’au moment où la Kommandantur s’y installe pendant le deuxième conflit mondial. Elle quitte le lieu en 1944 et le bâtiment se dégrade avant de subir un pillage dans les années 1950.
Dans les années 1960, le collectionneur Roger Van Glabeke le réhabilite dans le style Louis XIV. On y retrouve ainsi le style français avec l’utilisation de la pierre blanche. La tuile bleue et la brique rose complète le trio de matériaux utilisés. L’utilisation de matériaux « nobles » comme la pierre blanche est un moyen d’affirmer la richesse de la commune issue de l’extraction de la tourbe. Pour le toit, nous pouvons remarquer qu’il est mansardé, style mis en place par l’architecte de Louis XIV, Jules-Hardouin Mansart.
Les façades, les toits, les communs, le colombier et les serres sont classés aux Monuments historiques en deux phases : 1944 puis 2003
De nos jours, il est toujours habité par un couple de passionné qui organise durant l’été des visites guidées du lundi au samedi durant l’après-midi. Si cela vous intéresse, voici le lien pour réserve votre visite : https://www.tourisme-baiedesomme.fr/patrimoine-culturel-baie-de-somme/chateau-de-long/
Tous les ans, devant le château se tient le feu de la Saint-Jean, accompagné de la messe et de la procession à travers la commune. Le bûcher est énorme : 10 m de haut pour 8 de large ! La tradition est de récupérer un tison du bûcher pour le garder chez soi afin qu’il protège des incendies.
En ce qui concerne l’église Saint-Jean-Baptiste (qui est souvent un incontournable dans les communes notamment rurales) elle a aussi son histoire. La tour date du 15e siècle et possède une flèche à crochets qui elle, date du 17e siècle. Les crochets ont un aspect esthétique mais aussi pratique car il permet d’accrocher l’échelle pour accéder aux parties hautes.

Il s’agit de la troisième église, construite toujours sur le même emplacement (la première date du 13e et la deuxième du 15e) date du milieu du 19e siècle. La démolition de l’église pour en reconstruire une autre avait été privilégié à l’époque afin d’éviter la restauration et surtout de pouvoir y opérer un agrandissement. L’édifice est classé aux Monument historiques depuis 2006.
L’architecte se nomme Hyacinthe Vimeux et est originaire d’Abbeville ; tandis que le mobilier et le décor intérieur a été réalisé en grande partie par les frères Duthoit

Il s’agit d’une des premières églises néo-gothiques du territoire, son mobilier date de la deuxième moitié du 19e – début 20e siècle, tout comme la nef et le chœur. Une particularité, c’est qu’il n’y a pas de transept dans l’édifice.
L’orgue date de 1876 et est réalisé par la maison Cavaillé-Coll et possède environ 1142 tuyaux. Il possède 20 jeux et 2 claviers. Il possède aussi la particularité de posséder un violoncelle de 16 en plus du pédalier de 30 notes. La particularité d’Aristide Cavaillé-Coll, c’est qu’il ne réalise jamais le même instrument.
Le buffet est en bois et de style néogothique, réalisé en 1877 par le sculpteur Charles Buisine-Rigot sur les plans de l’architecte Victor Delforterie.

Celui-ci est encore utilisé lors des offices et des concerts organisés par le conservatoire.
La découverte et l’article s’arrête ici, en espérant vous avoir donné envie d’aller découvrir ce petit village de la Somme.
A très vite pour de nouvelles découvertes ! 😊
Je vous laisse avec les photos lumineuses d’automne à travers cette église ainsi que la photo de groupe.
Lien vers le site de l’ANCOVART : https://www.ancovart.fr/


