La Renaissance des livres

La BAPSO (Bibliothèque d’Agglomération du Pays de Saint-Omer) a mis en place une exposition de certains de ces manuscrits autour d’une thématique commune : l’architecture.

« Le catalogue scientifique des ouvrages du 16e siècle présents dans nos collections [BAPSO] a permis de mettre en lumière plusieurs traités emblématiques de la redécouverte de l’architecture de l’Antiquité à l’époque moderne (16e – 18e siècles). L’influence de ce que l’on appelle par la suite « le langage classique de l’architecture » sur l’architecture occidentale est fondamentale, chacun des auteurs a contribué à sa manière au développement et à la diffusion de cette esthétique, dont nous proposons de redécouvrir l’héritage illustré par les témoins conservés à la bibliothèque ». (Rémy Cordonnier)

L’exposition s’ouvre avec les traités d’architecture et leur intérêt qui réside principalement dans les planches d’illustrations : représentations des volumes, des perspectives, des nuances, …

Ces planches sont plus belles les unes que les autres : beaucoup sont en pleine page, d’autres sur une double-page. De quoi plonger littéralement dans le monde architectural.

Cela implique d’ailleurs deux techniques différentes de gravure : celle sur bois et celle sur cuivre. En effet, la gravure sur bois est en relief, tout comme la typographie, alors que la gravure sur cuivre s’imprime en creux. Celle qui s’intègre le mieux dans les pages est celle utilisant le bois, le cuivre étant réservé pour le hors-texte. Mais l’avantage du cuivre, c’est que la gravure est plus fine, élégante et détaillée.

Il y a un autre problème posé par les gravures. Plus les détails sont nombreux et plus le format de la gravure doit être important. D’où l’invention du dépliant dans les ouvrages.

L’exposition traite également de plusieurs sujets intéressants concernant l’architecture : comment la théorie se met en place, comment se diffuse-t-elle ? Mais également la présentation du vocabulaire technique (source pour les guides conférenciers !)

Ces planches permettent aussi d’illustrer une époque, elle sert également de source d’inspiration pour les artistes de leur temps. Les artistes flamands sont friands de modèle architecturaux pour les reprendre et ainsi dévoiler leur virtuosité dans les détails.

Grâce aux ouvrages, les artistes flamands se tournent vers l’ « italianisme » et en même temps vers l’Antiquité : le goût des ruines, l’architecture permettant par la même occasion de s’exercer à la perspective. Pieter Coecke Van Aelst et Hans Vredeman de Vries en sont de parfait exemples, présentés dans l’exposition.

Elle est aussi une source d’informations sur les nouveautés, les projets, les techniques. Elle permet à nous, personnes du 21e siècle de comprendre l’évolution de l’architecture à travers les courants (gothique, italianisme) et les événements (joyeuse entrée politique ou religieuse, les guerres…).

L’ouvrage d’architecture est ainsi destiné autant aux commanditaires qu’aux artistes. Comme dit précédemment, les artistes les utilisent comme source d’inspiration pour les œuvres, notamment les détails architecturaux pour ainsi plaire aux commanditaires qui souhaitent retrouver l’inspiration antique amenée avec la Renaissance.

Ces ouvrages d’architectures immortalisant les nouvelles constructions sont des témoins essentiels pour les générations futures, qu’il s’agisse d’architecture religieuse, civile publique ou privée.

Elles sont les témoins de ce que souhaitaient les commanditaires, qui sont de riches personnages mais qui ne possèdent pas forcément le vocabulaire et les règles d’architecture. Ce qu’ils veulent dans un premier temps, c’est s’inspirer des architectures qu’ils ont pu voir lors de leurs voyages, puis de montrer leur puissance par la commande d’un projet exceptionnel, marquant leur générations et les suivantes. Prenons l’exemple du Château de Chambord, construit par François Ier pour impressionner Charles Quint ,château que je vous conseille de visiter pour sa puissance et beauté architecturale (et cela n’est pas seulement parce que la guide d’Elicec y a travaillé pendant une saison touristique ! 😉 ), costruit sur un espace marécageux, son escalier unique, son donjon avec la répartition très astucieuse des espaces, etc … tout est fait pour refléter le pouvoir du roi français.

Les ouvrages nous laissent une trace des projets concernant les bâtiments que nous pouvons encore admirer de nos yeux aujourd’hui, mais ils nous permettent de garder des traces de l’architecture dite éphémère comme les « joyeuses entrées » des souverains. Architecture faites de décors en carton pâte, de sculptures en argile, etc…

Il y a beaucoup d’ouvrages intéressants à étudier, même juste pour le plaisir des yeux ! Une richesse de la BAPSO qui nous est présentée jusqu’au 28 août.

Malgré le plaisir des yeux, l’exposition possède un côté pointue sur l’architecture, les spécialistes ou les amateurs se feront un plaisir d’approfondir leur connaissances à travers ces magnifiques ouvrages. Il y a même les proportions du corps humain, statique et en mouvement, qui se sont immiscées dans une vitrine avec des gravures de Dürer !

Vivement la prochaine exposition car elle mettra en avant la collection d’incunables présents dont la Bible de Gutemberg !

Voici le lien vers le site de la BAPSO pour obtenir toutes les informations pratiques : https://www.bibliotheque-agglo-stomer.fr/bibliotheque-d-agglomeration-de-saint-omer

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