Un petit tour dans la ville romantique

Et voici la deuxième exposition traitant du courant romantique, mais cette-ci uniquement dans une ville : Paris ! Une très belle scénographie a été mise en place pour cette présentation quasi touristique de la ville parisienne, parce qu’elle met en avant les quartiers les uns après les autres, avec des thématiques vraiment intéressantes, en faisant également un mélange d’œuvres : peintures, sculptures, mode, mobilier …

« C’est que le flot de Paris ne va pas de ce côté-là .Paris se retire de plus en plus du faubourg Saint-Germain. Paris est où sont les Tuileries, le Palais-Royal, le boulevard de Gand. Paris n’est pas où est le Luxembourg. Ce quartier est déjà pour Paris moins qu’un faubourg, c’est presque la province. Paris appuie à droite. » Victor Hugo (Choses vues, 1848).

Paris comme mégalopole et capitale politique de l’Europe ne date pas d’aujourd’hui, car il s’agit d’un rêve de Napoléon. Celui-ci ne se réalise pas suite à la chute de l’Empire. Malgré cela, les parisiens vivant pendant la période de la Restauration, ont la conviction de vivre dans la première ville du monde, tant par le côté artistique, scientifique, musical que par le côté des plaisirs et de la mode. Selon les étrangers, pour avoir une reconnaissance internationale, ils se devaient d’obtenir l’approbation parisienne. C’est ainsi que nombre de personnalités se brassent dans ce milieu parisien : Rossini ou Chopin pour ne citer qu’eux.

Première escale : le Palais des Tuileries

Ce Palais des Tuileries s’est vu éclipsé lorsque Louis XIV a fixé sa cour au château de Versailles, mais redeviendra la résidence du chef de l’État sous le Consulat, et cela jusqu’au Second Empire. Il sera détruit pendant l’incendie de la Commune en 1871 et il ne sera pas reconstruit.

La comtesse de Berry mettra du cœur à l’ouvrage pour meubler les appartements selon la dernière mode et le goût nouveau. Louis-Philippe quant à lui, préfère revenir au style 18e et aux meubles et marqueteries Boulle, en y associant une collection de peinture moderne. Marie d’Orléans étant une férue du Moyen-Âge, aménagera un salon-atelier néogothique.

Voici un détail de broderies que l’on pouvait retrouver sur des robes de cour, réalisées par la Maison Beauvais : ainsi qu’un aménagement mobilier…

… et voici une peinture représentant le salon de Marie d’Orléans, peint par Prosper Lafaye. On peut ainsi la voir en train de feuilleter un livre d’heures posé sur un pupitre gothique, sans oublier le socle qui se trouve au milieu du salon représentant des dragons, des anges et des démons.

Deuxième escale : le Palais Royal

Construit en 1628 par le Cardinal Richelieu, beaucoup sont d’avis que ce monument représente l’épicentre de la vie parisienne au début du 19e siècle. Il va acquérir sa popularité grâce aux commerces et aux lieux de divertissements qui vont être installés dans les galeries. Il sera extrêmement reconnu pour ses commerces où l’on pouvait trouver des articles de luxe : étoffes, pendules, bijoux, porcelaines… mais aussi ce qui est devenu l’un des passages couverts les plus connus de Paris, permettant ainsi de flâner sans craintes des intempéries.

Commençons notre petit tour de salle avec une série de caricatures réalisées par Gérard Fontallard et qui a beaucoup plu à Elicec ! 😊

Ces représentations mettent en avant les modes et accessoires durant la période romantique, qui parfois offre des formes incongrues comme les manches « gigots », la coiffure « à la girafe » ou encore la jupe ultra courte pour l’époque ! Les hommes ne sont pas en reste avec leurs corps emprisonnés dans un corset, le cou serré dans par une cravate-carcan. Tout le monde passe sous la plume des dessinateurs de l’époque !

Vous l’avez compris, cette section de l’exposition met en avant la mode, alors voici d’autres modèles et accessoires exposés.

Pour terminer, voici un tableau, peint par Claude-Marie Dubufe qui a attiré l’œil de la guide-conférencière d’Elicec par le jeu de lumière et surtout le rendu du tissu de la robe d’une blancheur éclatante !

Troisième escale : le Louvre

Aujourd’hui tout le monde connaît le musée du Louvre ! Mais connaissez-vous le Salon ?

Il s’agit d’un événement incontournable mis en place à la fin du 17e siècle. Son nom vient du fait qu’une exposition était installée dans le Salon carré du Louvre, et il restera jusqu’au début du 19e siècle, un moment majeur dans la vie parisienne.

En quoi cela consiste ? Il s’agit d’une exposition d’art contemporain. Les jeunes artistes aspiraient à y être présent, étant donné que la présence au Salon permet d’assurer sa carrière. Le succès du Salon, fait que des salles vont être ajoutées dans les couloirs du bâtiment avant de devenir annuel à partir de 1833.

La scénographie permet de se représenter visuellement le Salon et l’exposition des œuvres présentes.

Voici des photos d’œuvres qui ont le plus plu dans cet espace, saturé d’œuvres selon Elicec et sa guide qui préfèrent de loin les salles avec plus d’espaces muraux 😉

Elles sont aussi tombées sous le charme de cette peinture de Louis-Vincent Fouquet représentant le cabinet d’Alexandre Sommerard. Et ce sont les détails qui ont surtout impressionnés !

Et en passant, un petit clin d’œil au Musée de l’Hôtel Sandelin avec la représentation d’une pièce de céramique Avisseau dont plusieurs exemplaires sont exposés dans la parcours céramique 😊

Continuons notre déambulation à travers les quartiers parisiens.

Dans cette section, l’Histoire fait partie intégrante du monde l’art, qu’il soit fait de peintures ou de gravures. Vous allez peut-être reconnaître certaines caricatures exposées…

Commençons avec ce tableau de Léon Cogniet représentant les drapeaux.

Il s’agit d’une représentation des Trois Glorieuses : le drapeau blanc des Bourbons, avec une fleur de lys au sommet, laisse progressivement la place au drapeau tricolore, symbole de la Révolution Française. Le bleu du ciel est, visible avec la déchirure du tissu, accompagné d’une tâche de sang représentant les morts aux combats. Ce tableau a été reproduit avec le procédé de lithographie et ainsi s’est vu largement diffusé.

[Rappel : les Trois Glorieuses correspondent au moment où Louis-Philippe Ier est porté sur le trône, à la tête d’un nouveau régime que nous connaissons sous le nom de Monarchie de Juillet. Elle est considérée comme la deuxième révolution après celle de 1789, et se déroule les 27, 28 et 29 juillet 1830.]

Et voici quelques caricatures qui ont retenues l’attention de nos deux visiteuses et qui ont été publiées dans La Caricature.

« C’était vraiment bien la peine de nous faire tuer ! » (août 1835)

« Voici, Messieurs, ce que nous avons l’honneur d’exposer journellement » (mars 1834)

« Résurrection de la Censure » (janvier 1832)

« Croquades faites à l’audience du 14 novembre (Cour d’Assises) » (novembre 1831) qui rappellera surement des souvenirs à certains d’entre nous ! 😊

Elles ont été réalisées par le journaliste Charles Philipon lors de l’audience pour offense au roi. Il a été emprisonné mais ces croquis restent célèbres dans Paris, la poire devenant le symbole de l’opposition !

Terminons notre virée dans le Paris romantique avec le portrait de George Sand, auteur et poète le plus prolifique de son temps avec : plus de soixante romans (dont Indiana, Césarine Dietrich ou La Mare au diable), une vingtaine de pièces, ainsi que des nouvelles et divers écrits. Elle est aussi une personnalité importante de l’émancipation féminine. Sa notoriété s’est aussi forgée, en plus de ses écrits, par ses amours tumultueux avec Alfred de Musset puis avec Frédéric Chopin.

L’exposition se termine avec la citation suivante :

« Tous les visages étaient rouges, la sueur en coulait à larges gouttes ; Hussonnet fit cette remarque :

Les héros ne sentent pas bons !

Ah vous êtes agaçant, reprit Frédéric.

Et poussés malgré eux, ils entrèrent dans un appartement

où s’étendait, au plafond, un dais de velours rouge. Sur le trône, en dessous, était assis un prolétaire à barbe noire, la chemise entr’ouverte, l’air hilare, et stupide comme un magot. D’autres gravissaient l’estrade pour s’asseoir à sa place.

Quel mythe ! dit Hussonnet. Voilà le peuple souverain ! » (Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, 1869).

A bientôt pour de nouvelles aventures françaises ! 😊

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