Les visages insolites de la Flandre

En ce début du mois de mars, les guides conférencières de l’ANCOVART se sont retrouvées à Bailleul pour une journée de formation régionale. L’occasion pour Elicec de se balader en Flandre et de continuer à découvrir les Hauts-de-France ! 😊

La première étape de la journée a été le musée Marguerite Yourcenar. Cela ramène la guide d’Elicec à ses débuts en tant que guide parce que la première structure à lui donner sa chance en tant que vacataire c’était le Musée Départemental de Flandre, et l’exposition portait sur l’influence de la Flandre dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar, et l’œuvre mise en avant était L’œuvre au noir. Tout un programme !

Le musée à Saint-Jans-Cappel est l’unique à propos de cette figure littéraire en Europe ! Le deuxième musée qui lui est consacré se situe aux États-Unis, pays dont elle prendra la nationalité en 1948.

Voici les parents de notre écrivaine flamande Marguerite Cleenwerck de Crayencour (Yourcenar étant l’anagramme de Crayencourt)

« La petite fille reçut les noms de Marguerite, à cause de la bien-aimée gouvernante allemande qui s’était nommée Margareta avant de devenir pour tout le monde Mademoiselle Fraulein ; d’Antoinette, nom possédé par la détestable Noémi ; de Jeanne, à cause de Jeanne l’infirme, et aussi un peu à cause d’une amie Fernande qui portait ce prénom ; de Marie, à cause de celle qui prie pour nous, pauvres pécheurs, en tout temps et à l’heure de notre mort, et enfin de Ghislaine, Saint Ghislain passant pour protéger des maladies de l’enfance » (Souvenirs Pieux)

Elle passait tous les hivers dans une maison à Lille alors qu’elle passait ses étés avec son père sur le Mont Noir. D’ailleurs l’emplacement de cette demeure et aujourd’hui devenue le Parc Départemental du Mont Noir, la Villa des Écrivains étant à l’emplacement des écuries.

Les armes de sa famille : « Tout ce monde là porte blason … Dans mon enfance, de vieilles parentes m’assuraient que les merlettes, évocatrices d’oiseaux migrateurs, signifiaient les pèlerinages et les croisades ; les étoiles, je l’apprenais à regret, n’étaient pas celles qu’on voit au ciel, mais des éperons gagnés par de belliqueux, mais hypothétiques ancêtres » (Archives du Nord)

Voici quelques photos prises dans le musée représentant Marguerite Yourcenar : lors de sa visite au musée en mai 1986 ou devant sa machine à écrire. D’ailleurs un des espaces du musée recrée son bureau, avec la bibliothèque, un buste d’Hadrien ; Mémoires d’Hadrien lui permet d’accéder à la notoriété.

Et en ce 8 mars 2020, journées des droits de la femme, nous fêtons les 40 ans de l’entrée de Marguerite Yourcenar à l’Académie Française !

« J’ai toujours été ennemie des uniformes, alors je porterai une robe la plus simple possible mais j’espère jolie » (robe griffée par un grand couturier !)

La suite se déroule à Bailleul avec la visite de la ville et de ses principaux monuments. Le rendez-vous était donné au monuments aux morts, construit sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Amand, qui a aussi eu comme fonction d’être une chapelle jésuite. Il a été réalisé sous la forme d’une ruine avec une Victoire ailée, ruine réalisée à partir de matériaux récupérés des bâtiments, suite aux destructions de la Première Guerre mondiale.

Elicec a suivi le groupe pour se rendre à l’église Saint-Vaast, visible depuis le point de rendez-vous. Église reconstruite et inaugurée en 1932, le style romano-byzantin de Louis-Marie Cordonnier remplace l’ancienne hallekerque. Édifice caractérisé par trois vaisseaux de même hauteur, que l’on retrouve régulièrement en Flandres. Anecdote : l’église de Bailleul est la jumelle (architecturalement parlant) de celle Notre-Dame des mineurs à Waziers, les plans de départ étaient pour Bailleul, mais les travaux ayant été suspendus, notre architecte les reprend pour Waziers, avant de les modifier légèrement quand les travaux reprennent à Bailleul !

L’intérieur est surprenant pour ceux qui ne connaissent pas Louis-Marie Cordonnier, considéré comme le chef de file de l’architecture régionaliste pour la période de la Reconstruction dans la région. Les briques, les mosaïques, les vitraux sont les principaux éléments présents dans l’édifice. La brique peut sembler un peu terne, mais en jouant sur la position des briques, des motifs apparaissent pour donner du rythme aux façades.

Et même quand sa guide conférencière ne travaille pas, Charles Quint est quand même à l’affut ! Preuve en est avec le vitrail faisant partie de la série dans le bas-côté concernant l’histoire de la ville de Bailleul. Il a été de passage ici, lorsqu’il s’est rendu à Thérouanne lors du siège de la ville en 1513 (premier des trois sièges, le plus important étant le dernier en 1553 avec pour conséquence la destruction totale de la ville !)

L’édifice regorge de petits trésors décoratifs concernant les vitraux composés de magnifiques motifs, détails, tout comme pour les mosaïques qui se retrouvent absolument partout, jusque dans l’abside dans le déambulatoire.

Le dernier édifice de la visite pour Elicec a été le beffroi de la ville, car ensuite direction Thérouanne et la Maison de l’Archéologie pour travailler et accueillir les visiteurs !

Le beffroi, un symbole du Nord, représentant notamment au Moyen Âge les privilèges accordés à la ville par rapport aux autres. C’est ainsi un privilège de pouvoir ériger un beffroi. Celui de Bailleul a été détruit pendant la Première Guerre mondiale, car ces édifices sont le plus souvent utilisé aussi comme tour de guet. Rien ne subsiste de l’ancien édifice excepté la salle gothique du 13e siècle que nous avons eu l’occasion de visiter par la même occasion. Et devinez qui a été l’architecte de la reconstruction du beffroi ? Dans le mille ! C’est Louis-Marie-Cordonnier !  Au passage, voici la photo d’une petite fleur de lys cachée sous un cul de lampe dans cette salle gothique.

La ville de Bailleul a choisi pour sa reconstruction le style flamand, c’est ainsi que lors de vos balades dans les rues, vous avez toujours une évocation de cette très belle architecture, que vous pouvez bien entendu retrouver en Belgique. L’architecture brugeoise a d’ailleurs été évoqué avec cette façade : le style brugeois est ainsi repérable avec les éléments travaillés qui donnent l’impression de relief à la façade, que les briques avancent ou reculent en fonction de notre œil et de notre positionnement par rapport à la façade. Ici réalisée en brique jaune ou « brique de sable », mais il existe une autre belle façade de style brugeois que connaît bien Elicec puisqu’elle se trouve dans la ville d’origine de sa guide : Arras et la façade de l’Hôteld es 3 Luppars sur la Grand Place.

A bientôt pour de nouvelles découvertes et balades dans les Hauts-de-France ! 😉

Lien vers le site de l’ANCOVART : https://www.ancovart.fr/

Lien vers le site du musée Marguerite Yourcenar : https://www.museeyourcenar.fr/

2 réflexions sur “Les visages insolites de la Flandre

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