L’Empire britannique dans la Somme

L’automne dernier, dans le cadre de la mise en place d’une journée sur la thématique de la Première Guerre mondiale, Elicec et sa guide sont parties sur les champs de bataille de la Somme. L’occasion de découvrir les différents sites qui seront expliqués par une collègue de sa guide-conférencière. Un passage en coup de vent et sous la pluie, n’ont permis à Elicec de découvrir que quelques sites dont deux incontournables (qui feront l’objet d’articles à part) : le site de Beaumont-Hamel et celui de Thiepval.

La journée a commencé à l’Historial de Péronne pour y découvrir l’exposition « Il était une fois… », pendant de l’exposition au Mémorial 14-1 Notre-Dame-de-Lorette. Faute de temps, Elicec n’a pas pu découvrir les collections permanentes, mais cela n’est que partie remise, elle reviendra ! 😊

Pour lire l’article sur l’exposition, c’est par ici : https://danslespasdececile.blog/2020/05/17/once-upon-a-time/

Commençons à découvrir différents lieux se rapportant aux champs de bataille de la Somme. Première étape, la nécropole de Rancourt.

Le village a entièrement été rasé lors de l’offensive en septembre 1916. Il sera reconstruit sur le même emplacement. La particularité ? La commune abrite trois nécropoles militaires de nationalités différentes : française, britannique et allemande.

La chapelle du Souvenir (et la nécropole) est le principal lieu de recueillement français sur les champs de bataille de la Somme. Les parents du lieutenant Jean Du Bos, mort à Rancourt, sont à l’origine du comité commémoratif aux héros de Rancourt, et ils prennent l’initiative d’élever une chapelle à l’intérieur de laquelle repose leur fils.

La chapelle est inaugurée par Julie Bienvenüe, la femme du maréchal Foch, en 1923, et deviendra mémorial national géré pour le Souvenir Français en 1937. Tous les régiments ayant participé à la bataille de la Somme sont nommés sur les murs de la chapelle. La nécropole de Rancourt est la plus grande concernant les français sur le territoire avec 8 566 sépultures…

Juste en face de la nécropole française, se trouve le « Rancourt British Cemetery » : 90 soldats britanniques y sont enterrés ainsi que trois aviateurs de la Seconde Guerre mondiale, identifiés comme étant de l’équipage du bombardier Bleinheim IV qui a été abattu en 1940.

Le cimetière britannique est toujours organisé de la même manière, tout comme les cimetières des autres nationalités. La croix de Saint-Georges est un élément qui permet de reconnaître un cimetière britannique, en plus de l’entretien impeccable de celui-ci. Les cimetières ne sont jamais très grands, mais suivent une tradition qui est d’enterrer les soldats là où ils sont tombés sur le champ de bataille.

Sur la photo du cimetière britannique, nous apercevons un petit bosquet, c’est à cet endroit que ce trouve le cimetière allemand de Rancourt : 11 422 soldats allemands reposent ici. A la différence de cimetières français et britanniques où chaque soldat a sa sépulture individuelle (sauf dérogation exceptionnelle, comme à la nécropole Notre-Dame-de-Lorette), chaque croix dans un cimetière allemand à plusieurs noms écrits dessus, en moyenne quatre soldats. Le cimetière allemand laisse une grande place à la nature avec les arbres qui sont présents dans tout le cimetière. Il devient le lieu de repos pour les soldats, un Walhalla pour les guerriers…

Direction la commune de Longueval, avec en premier lieu un arrêt au mémorial sud-africain « Delville Wood ». Il a été inauguré en 1926, et nous pouvons reconnaître au sommet du dôme une sculpture représentant Castor et Pollux unis pour mener la nation sud-africaine. Une fois passé sous ce dôme, se trouve un musée, il est construit comme un fort et serait la réplique d’un fort de la ville du Cap. Celui-ci étant fermé le jour de la venue d’Elicec, elle n’a pas pu en apprendre davantage sur l’histoire de l’Afrique du Sud à travers les conflits (de la guerre des Boers à la Seconde Guerre mondiale). Face au mémorial, un cimetière regroupe les soldats ayant perdu la vie. Un terrain a également était concédé à l’Afrique du Sud au niveau du cimetière car nombre de soldats reposent encore sous la végétation.

La commune de Longueval c’est aussi un mémorial aux « Pipers », autrement aux joueurs de cornemuse. La cornemuse étant un instrument toujours présent lors des cérémonies rendues aux soldats britanniques.

La dernière étape dans la commune étant le « Caterpillar Valley cemetery ». Il porte le nom d’une vallée à proximité. Un fait à noter pour ce cimetière, la présence d’un mémorial pour les soldats néo-zélandais (1205 soldats portés disparus). C’est dans ce cimetière qu’a été choisi le soldat inconnu néo-zélandais, enterré aujourd’hui à Wellington. Depuis le cimetière, il est possible d’apercevoir l’obélisque, mémorial en l’honneur de la division néo-zélandaise qui attaqua l’armée allemande en septembre 1916.

Au cours du parcours, Elicec est tombé sur un panneau évoquant un mémorial gallois. Etant sur un territoire où l’empire britannique avait installé ses hommes, plusieurs pays sont ainsi représentés (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande pour le parcours déjà effectué), Elicec était curieuse de découvrir ce mémorial. Pour arriver jusqu’à celui-ci, on emprunte une petite route longeant le bois de Mametz, lieu où les troupes britanniques ont progressé sur le front au début du mois de juillet 1916. Le dragon gallois tourne sa gueule vers le bois où 4000 gallois perdirent la vie. Un soldat du 1er bataillon des Royal Welch Fusiliers s’est illustré ici et a reçu la Miliatry Cross : il s’agit du poète Siegfreid Sassoon.

Dernière arrêt avant de découvrir deux lieux emblématiques de ces champs de bataille. Elicec est arrivé au cratère de Lochnagar, qui reste en lien avec les gallois, car certains d’entre eux étaient à cet endroit pour creuser des tunnels sous les positions allemandes et les remplir d’explosifs. Les tunneliers gallois ont ainsi enfouis pas moins de 28 tonnes d’explosifs !

Aujourd’hui, le terrain appartient à un privé, racheté en 1978 par Richard Dunning qui souhaitait préserver ce pan de l’histoire et en faire un mémorial. Grâce à l’aménagement, il est possible d’en faire le tour. Le nom donné au cratère est le nom d’un lac en Ecosse dont la forme rappelle celle du cratère. Chaque année, à l’heure exacte de l’explosion de la mine, 7h28, a lieu une commémoration.

Direction le parc de Beaumont-Hamel. Un site dont Elicec avait déjà entendu parler étant donné que sa guide-conférencière effectue des visites au Mémorial Canadien de Vimy. Quand on évoque la présence du Canada et des sites de mémoire, Vimy et Beaumont-Hamel sont ainsi incontournables. Cela faisait longtemps qu’elles voulaient venir, c’est chose faite !

Partons à la découverte de ce lieu de mémoire canadien. Pour commencer, il est nécessaire de faire une remarque, nous parlons du Canada, mais ici à Beaumont-Hamel, nous pouvons même préciser qu’il s’agit d’une province qui est mise en avant : Terre-Neuve.

Texte issu du guide des champs de bataille de la Somme, faisant références aux combats auxquels les Terre-Neuviens ont pris part :

« Lors de l’attaque du 1er juillet 1916, l’artillerie britannique cesse son tir de barrage à 7h20, soit 10 minutes avant le départ de l’infanterie. Au même moment, la crête de Hawthorn vole en éclat sous l’effet d’une puissante mine, la seule à avoir été filmée lors de l’assaut. Mais durant ce cours laps de temps, les Allemands parviennent tant bien que mal à réorganiser leurs positions. L’assaut est voué à l’échec. Les premières vagues sont balayées par les mitrailleuses allemandes. Les hommes de la 29e division s’effondrent avant la première ligne ennemie, à part quelques membres du 1er Royal Inniskilling Fusiliers qui se battent au corps à corps dans le ravin Y. Dans une grande confusion, les régiments d’Essex et de Terre-Neuve sont envoyés en renfort. Parmi les 800 Terre-Neuviens, seulement 68 s’en sortiront sans dommage, soit le taux ce perte le plus élevé de toutes les unités engagées ce jour-là. »

Le Mémorial de Beaumont-Hamel permet d’aborder les différents moyens de se souvenir des soldats tombés au front : 2 mémoriaux ainsi que plusieurs cimetières militaires et un centre d’accueil. Lors du passage d’Elicec, le centre d’accueil était en train de fermer car c’était la fin de journée, il faudra ainsi repasser pour le découvrir. Le parc du mémorial étant encore ouvert, Elicec a pu découvrir les 2 mémoriaux : celui qui est devenu l’emblème des Terre-Neuviens avec le caribou et le mémorial représentant un soldat écossais en kilt, le Gordon Highlander, issu de la 51e Highland Division, division qui s’empara des tranchées allemandes le 13 novembre 1916, trois mois après le début de l’assaut.

Plusieurs cimetières sont présents et permettent ainsi aux personnes de comprendre l’organisation de ceux-ci, car au sein du mémorial, ils sont tous identiques.

Les traces des combats sont toujours visibles aujourd’hui dans le paysage, quel que soit le lieu de mémoire installés…

Le deuxième site de mémoire incontournable sur les champs de bataille de la Somme est celui de Thiepval, alors allons-y pour terminer cette journée axée sur la mémoire britannique. Le mémorial étant imposant de par sa taille, et au sommet d’une colline, celui-ci est visible de loin 😊

Pas de chance ce jour-là, mais Elicec n’a pas pu faire le centre d’interprétation et le musée associé. Il faudra ainsi revenir 😉

Thiepval est le plus grand mémorial britannique de la planète et a été inauguré en 1932, en présence du Prince de Galles et du président Lebrun. L’auteur de ce monument est l’architecte Sir Edwin Luytens, connu notamment pour ses réalisations en Inde. Le souhait d’empiler les arches comme une pyramide est là pour symboliser la montée vers les cieux des disparus des champs de bataille de la Somme. Le nom des 72 000 disparus sont inscrits sur les piliers du mémorial, par régiment et par ordre alphabétique. Notons que lorsqu’un soldat est identifié, la famille a le choix de faire effacer ou non le nom de celui-ci du mémorial, et le corps est inhumé dans un des cimetières britanniques les plus proches.

Derrière le mémorial, se trouve deux cimetières militaires :  un français et un britannique. Un moyen de faire la différence ? Les stèles des français sont en forme de croix.

Terminons avec la tour d’Ulster qui se trouve juste à côté du mémorial de Thiepval. Cette tour est l’un des premiers mémoriaux a avoir été érigés sur les champs de bataille. Il est édifié par l’Irlande du Nord en 1921. Ce monument rend hommage à la 36e division d’Ulster qui montèrent à l’assaut des lignes allemandes lors de la bataille de la Somme, le 1er juillet 1916. Un autre nom peut être évoqué pour cette tour : Helen Tower, faisant référence à la tour irlandaise qui a servit de modèle et qui se trouve dans le parc de Clandeboye (près de Belfast), l) où un camp d’entrainement avait été installé par la division d’Ulster.

Pour Elicec, cela fut une première déocuverte, très rapide à son grand regret, des champs de bataille de la Somme. Elle reviendra pour pouvoir découvrir notamment les structures muséales des différents sites ainsi que les lieux un peu moins connus du circuit de mémoire.

A bientôt pour de nouvelles découvertes ! 😊

Pour préparer vos visites !

Et voici également deux liens pour préparer votre découverte des différentes sites de mémoire sur les champs de bataille de la Somme :

2 réflexions sur “L’Empire britannique dans la Somme

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