Découverte d’un gros mot : la paramentique

Lundi étant un jour de repos, Elicec a pris la route direction Arras afin de découvrir une exposition mise en place par Zélie Duffroy, collègue de sa guide conférencière. Le sujet de l’exposition : la paramentique.

Avouons qu’il s’agit d’un gros mot ! Jusqu’à ce jour, Elicec et sa guide ne le connaissais pas et utilisait tous simplement « les vêtements liturgiques ». Car en effet, le terme de paramentique sert à désigner les vêtements et les ornements utilisés dans la liturgie catholique. Cela repose sur toute une tradition associant des couleurs et symboles aux différentes périodes de l’année.

L’exposition est divisée en trois grandes parties :

  • La première permet de remettre au clair les couleurs présentes ainsi que les périodes de l’année où elles sont portées par les religieux
  • Une présentation des tenues depuis l’enfant de chœur jusqu’à l’évêque
  • Pour terminer, une partie consacrée à la symbolique des motifs présents sur les tenues.

Pour information, toutes les pièces présentées appartiennent au diocèse d’Arras, avec une mise en valeur par l’Art Sacré (structure ayant l’autorité pour la conservation et la valorisation du patrimoine liturgique).

Commençons par ces fameuses couleurs. Saviez-vous qu’il y a 5 couleurs principales portées tout au long de l’année ?

  • Le blanc c’est la joie et la pureté, elle représente également Dieu. C’est la couleur des tenues du Pape et des prêtres. Elle est notamment utilisée lors des grandes fêtes chrétiennes, des fêtes liées à Marie ainsi qu’aux saints qui ne sont pas des martyrs.
  • Le rouge c’est l’amour de Dieu, mais également la couleur de la force évoquant le sang versé par le Christ et les martyrs.
  • Le vert représente le Paradis et l’Espérance, évoquant par la même occasion la création, la vie et la paix. Cette couleur est arborée en dehors des temps liturgiques, c’est-à-dire pendant les temps ordinaires : après l’Épiphanie jusqu’au début du Carême et du 3e dimanche de la Pentecôte jusqu’à l’Avent.
  • L’attente du Christ est représentée par le violet. Elle sera portée lors des temps de pénitence, de tristesse ainsi que lors de la préparation des grandes fêtes comme l’Avent et le Carême.
  • Le noir est quant à lui associé au deuil. Notons qu’elle n’est plus utilisée lors des messes aux défunts depuis le concile de Vatican II en 1962.

Mais si vous regardez bien sur la photo, vous vous rendez compte qu’il y a des couleurs qui n’ont pas été abordées. En effet, il est possible de trouver trois autres couleurs qui vont être utilisées de manière plus occasionnelles.

  • La couleur or représente la puissance de Dieu, elle est autorisée lors des grandes fêtes et peut être remplacée par les couleurs blanche, verte et rouge.
  • Le rose représente un moment de pause pendant les temps de pénitence. Elle est également considérée comme une variante du violet.
  • Le bleu est autorisé uniquement lors de certaines fêtes liées à la Vierge Marie.

Ensuite, viens la partie concernant les différentes tenues. Les premiers chrétiens s’habillent comme les citoyens romains. Cette tenue dite « antique » sera conservée même après la chute de l’Empire alors que les vêtements de la vie courante vont évoluer. La tenue prendra ainsi une signification particulière ainsi qu’un sens spirituel que les siècles vont renforcer. Une étape importante a lieu entre 1545 et 1563, avec le concile de Trente. Avec celui-ci est mis en place une volonté de se démarquer des laïcs de par la tenue, et cela en toute circonstances (même lors des vacances !)  

L’ajout des décors, motifs chargés de symbolique se fait principalement pendant la période du Moyen Âge. Les techniques de tissage ou de broderies deviennent par la même occasion une vitrine d’un savoir-faire.

La tenue continuera d’être modifiée au fil des décennies pour alléger ou faciliter les mouvements au 17e siècle alors qu’au 20e siècle, une simplification pour un retour aux origines sera visible. Le concile de Vatican II en 1962 est important car plusieurs changements seront mis en place. En ce qui concerne la paramentique, c’est une attention particulière qui est portée sur l’esthétique des objets, les vêtements liturgiques ou encore la place de l’art au sein des édifices liés au culte.

Elicec a ainsi fait le tour des différentes tenues et elle a appris un certain nombre de choses grâce aux panneaux explicatifs accompagnant chaque fonction.

Le prête est souvent celui qui est le plus connu des fidèles, car il s’agit de la personne que nous sommes amenés à voir le plus souvent dans les édifices religieux de façon quotidienne. C’est lui qui offre les différents sacrements aux fidèles tout au long de leur vie.

Un prête sera toujours vêtu de sa soutane et du surplis (l’aube). L’étole sera positionnée sur le surplis lors de la célébration des sacrements, lors d’un prêche ou lors de l’exposition du Saint-Sacrement. Enfin, il revêt un chasuble (forme qui évolue tout au long de l’Histoire, la forme dite en violon ne disparaîtra en France qu’avec le concile de Vatican II)

Grâce à cette exposition, la fonction de diacre est plus précise dans l’esprit d’Elicec et de sa guide. En effet, les prêtes sont d’abord ordonnés diacre, sachant qu’il est celui qui assiste le prêtre ou l’évêque dans ses fonctions. Et à partir de 1967, des diacres permanents seront nommés, c’est-à-dire qu’ils ne deviennent pas prêtres, permettant ainsi à des hommes mariés d’être choisis. Il est notamment reconnaissable car il poste l’étole en bandoulière sur l’aube. La couleur portée par le diacre sera toujours associée à celle du prêtre.

Vient ensuite le chanoine qui est reconnaissable notamment avec le port de l’hermine. Le chanoine est celui qui célèbre l’office divin au sein d’une cathédrale. Notons au passage que les chanoines du chapitre de la cathédrale d’Arras se distingue des autres chanoines. En effet, au lieu d’avoir une barrette entièrement noire, celle-ci arbore des liserés rouges ainsi qu’une houppe de la même couleur. Ils seront ainsi surnommés « les pompons rouges », le liseré rouge étant une référence à la Légion d’Honneur de Monseigneur Parisis.

Une autre fonction souvent connue est celle d’évêque. Il est à la tête d’un diocèse et il est nommé par le Pape. Elicec a d’ailleurs appris que les évêques ne partent pas à la retraite mais envoient une lettre de démission, à 75 ans, au Pape qui l’accepte et doit nommer un nouvel évêque pour reprendre le diocèse.

Le rôle de l’évêque au sein de l’Église est aussi d’administrer les sacrements directement ou par le biais des saintes huiles utilisés par les diacres et prêtres. L’évêque porte le violet ainsi que plusieurs attributs comme la crosse, la croix pectorale et l’anneau. Tous ces attributs sont là pour évoquer sa fonction de pasteur. En passant, remarquez que la couleur des chaussures est toujours associée au temps liturgiques qui ont été évoqué au début de cet article !

Après cette présentation, un très bel ensemble de la chapelle du collège Saint-Vaast de Béthune est présenté. Un ensemble des années 1930 aux couleurs chatoyantes et aux motifs Art Déco.

Pour terminer l’exposition, une partie est consacrée à la symbolique des motifs présents sur les différentes parties des vêtements liturgiques. Sachant que tous ces motifs ne doivent absolument rien au hasard et dont la référence est plus ou moins explicite pour les fidèles.

Les plus connus sont la colombe, le poisson, ou encore l’agneau.

Mais qu’en est-il du chrisme ou du pélican ?

Le chrisme est le monogramme du Christ composé à partir d’une superposition de deux lettres grecques de son nom. Utilisé depuis toujours par les chrétiens, il est souvent représenté dans une couronne, lui donnant ainsi solaire et divin. Les deux lettres grecques autour sont l’alpha et l’oméga, le début et la fin de tout, rappelant ainsi une phrase du livre de l’Apocalypse : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, dit Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout Puissant »

La particularité du pélican est qu’il ingurgite les poissons qui se trouvent dans sa poche membraneuse située sous son bec et régurgite les aliments à moitié digérés pour nourrir ses petits. Cela va donner naissance à une fable au Moyen Âge qui sera ensuite reprise dans les différents bestiaires.

Les petits du pélican, protégés par leur père, s’ébattent avec tant de violence qu’ils le blessent. Il les bat à leur tour et les tue. Lorsque la mère revient au nid, elle ouvre sa poitrine à coups de bec pour rendre la vie à ses petits.

Dans le bestiaire, le pélican va ainsi représenter l’Eucharistie, devenant le symbole du sacrifice du Christ, qui comme le pélican, s’est saigné pour nourrir ses petits et qui s’est  sacrifié pour le salut des hommes.

Chaque présentation de symboles est aussi l’occasion d’évoquer les différents savoir-faire comme le tissu damassé (tissu façonné de telle manière qu’il y a un aspect mat et un autre brillant), la broderie Cornely (broderie mécanique permettant le point de chaînette et le point de bouclette), la passementerie, ici représentée avec Notre-Dame des Miracles de Saint-Omer ! (ouvrages réalisés avec des fils d’or, d’argent, de soie ou de métal

Pour terminer quelques photos de la salle qui accueille l’exposition (le séminaire) ainsi que le bâtiment de la Maison Diocésaine d’Arras.

A bientôt pour de nouvelles découvertes ! 

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