Escapade normande éclair

Début juillet (oui je sais, je ne suis pas en avance !), mini escapade en Normandie. L’occasion d’avoir une journée off couplée à une journée de repérage pour un accompagnement en car (qui n’a finalement pas eu lieu au vu du contexte). Ainsi, une nouvelle possibilité pour Elicec de découvrir un nouveau coin 😊

Direction Eu. Le temps n’est pas forcément au rendez-vous mais cela n’empêche ne rien la découverte de la ville avant d’aller au Tréport pour dormir.

Commençons par le début avec la collégiale Notre-Dame-et-Saint-Laurent.

Premier aperçu positif, car Elicec a toujours aimé les édifices médiévaux. Un rapide coup d’œil sur le côté permet d’apercevoir les contreforts qui lui donnent un aspect fortifié. Mais n’allons pas trop vite, entrons d’abord à l’intérieur 😊

En entrant dans un édifice tel que celui-ci, il y a toujours une impression de grandiose mais en même temps de la fragilité accompagnée de sérénité. Elicec resterait bien assise à contempler les hautes voûtes, ou tout simplement profiter de l’instant, en ne pensant à rien…

La collégiale est dédiée à la Vierge ainsi qu’à saint Laurent O’Toole, archevêque de Dublin de 1161 à 1180. Il s’agit de son nom francisé car dans les textes il sera connu par son nom gaélique Lorcán Ua Tuathail. Sa famille faisait partie des principaux clans du Leinster. Il sera otage du roi de Leinster très jeune, sa santé se dégradant il est donné au monastère de Glendalough où il se rétablira. Il y restera en tant que moine puis en y devenant l’abbé. Il deviendra archevêque de Dublin à 33 ans. Il est connu pour avoir réalisé plusieurs missions diplomatiques auprès du souverain anglais Henri II Plantagenêt afin de préserver les droits de l’église et de la nation irlandaise. C’est lors d’un de ses voyages pour rencontrer le souverain à Rouen qu’il tombe malade, il sera à ce moment-là recueilli par les chanoines de la collégiale d’Eu où il mourra.

C’est à la suite des nombreux miracles sur la tombe de l’archevêque qu’il est nécessaire de construire un édifice plus grand. La crypte conserve son gisant, qui est l’un des plus anciens, 12e siècle probablement. La réalisation du gisant montre encore quelques traces de la sculpture romane avec cet aspect étiré de la figure et une certaine raideur du personnage. La statue a subi des dégradations lors de la Révolution française : elle a été brisée en trois morceaux principaux. En s’approchant, il est possible de remarquer que les mains, une partie des pieds ainsi que peut être une partie du visage ont été refait par la suite.

Dans l’édifice, le buste reliquaire en argent est également visible.

Voilà, maintenant que vous avez fait connaissance avec saint Laurent O’Toole, continuons la découverte de la collégiale. Mais avant de remonter dans la nef, terminons avec la crypte. Les gisants présentés sont vraiment splendides, certains avec de très beaux détails : un gantelet sculpté ou des fleurs de lys en relief, pour ne citer que ces deux exemples. Cela permettra de garder un peu de surprise pour les yeux le jour où vous irez dans la collégiale 😉

Remontons pour continuer notre balade dans un silence total… Elicec ne croise que quelques touristes en admiration devant le bâtiment, son élévation, ses vitraux, ainsi que les trésors cachés le long des murs, lieu sur lesquels parfois se mélange les époques comme sur la porte de la sacristie.

Il est temps de quitter l’intérieur de la collégiale pour aller découvrir son aspect extérieur qui attire l’attention, notamment avec les contreforts surmontés de pinacles et de clochetons.

Après la visite de la collégiale, c’est parti pour un petit tout en centre-ville. Cela permet à d’Elicec d’arriver jusqu’à la chapelle du collège. Celle-ci est connue notamment pour les monuments funéraires qui se trouvent à l’intérieur. Mais en avant d’entrer, Elicec s’est arrêtée pour admirer la façade.

Une façade mêlant la brique rose et la pierre de Caen, qui permet de laisser ses yeux se balader sur les différents décors que l’on retrouve à tous les niveaux. Construite entre 1613 et 1624, la façade arbore le style Renaissance associé au style Louis XIII. Elle est dédiée à Saint Ignace de Loyola.

Comme sur la façade de la chapelle des Jésuites de Saint-Omer bien connu d’Elicec, on y retrouve une superposition des différents chapiteaux : le style dorique au premier niveau, ionique au second et corinthien pour le dernier niveau. On note également la présence du grès pour le sous-bassement.

En pleine période des guerres de religion, Henri de Guise est le chef de la Ligue Catholique et il aidera les Jésuites à s’installer à Eu en fondant le collège des Jésuites. La chapelle qui est attenante au bâtiment du collège est élevé à la demande de Catherine de Clèves, son épouse, pour perpétuer son œuvre (il est assassiné par le roi en 1558 à Blois). A l’intérieur, nous pouvons voir les deux cénotaphes des époux. Et si nous allions à l’intérieur ?

Les mêmes matériaux sont présents (brique rose et pierre) ainsi qu’une allure très sobre caractéristique chez les Jésuites. Les deux cénotaphes de Catherine de Clèves et Henri du Guise n’étaient pas hyper visible ce jour-là car il y avait une exposition de tableaux qui les cachaient en partie…. Il a fallu se contorsionné pour essayer d’en apercevoir au moins un sur les deux.

Mais qu’est-ce qu’un cénotaphe ? Il s’agit d’un monument funéraire vide (à la différence d’un tombeau qui contient un corps). Quant au début du 12e siècle, la préférence est au gisant (comme celui de Saint Laurent O’Toole dans crypte de la collégiale), au 16e siècle on arrive sur une double représentation : l’une en position de prière, et l’autre allongé dans une attitude de repos, comme si le défunt était en train de dormir. C’est ce que nous retrouvons ici pour les deux époux, sauf que dans la partie ils ne sont pas allongés mais accoudé, dans une attitude sereine, en pleine réflexion.

Les photos suivantes ont été prises au gré du passage dans les petites rues pour retourner vers le château.

Voilà Elicec qui arrive devant le château et grand malheur, il est fermé ! Car c’était un mardi et qu’il s’agit de la journée hebdomadaire de fermeture. Qu’à cela ne tienne ! Il faudra revenir à Eu pour découvrir ce château et les autres monuments et trésors qui n’ont pas été vu cette fois-ci…

Direction maintenant l’hôtel qui se trouvait au Tréport. Je trouve que la vue depuis la cour de celui-ci n’était pas si mal pour une amoureuse du patrimoine. Qu’en pensez-vous ?

Arrivée pluvieuse qui a reporté la balade dans la ville avant le repos (du guerrier !). Au final, Elicec a réussi à mettre le nez après environ 2h d’attente.

Direction cette église qui surplombe l’hôtel, et qui n’est autre que l’église Saint-Jacques.

C’est un édifice qui est classé au Monument historique depuis 1840. L’emplacement de l’église a été choisi au 11e siècle. Au premier abords, les matériaux m’ont fait penser à l’église Saint-Martin de Saint-Valéry-sur-Somme avec ce visuel en damier. Ici, il est réalisé en silex et en pierre de Caen. L’église étant en travaux, Elicec n’a pas pu s’approcher autant que possible, pour regarder les décors qui, selon le panneau, sont très ouvragés.

Continuons la petite balade, qui nous emmène au niveau des vestiges de l’ancienne abbaye Saint-Michel. On y apprend qu’elle fut fondée en 1036 par Robert Ier (qui était le 2e comte d’Eu). Il s’agissait d’une abbaye importante, elle a obtenu une charte en 1059 et sera sous la protection du même saint que le duché de Normandie. A son apogée, elle possédait jusqu’à 5 chapelles, sept prieurés (couvent dirigé par un(e) prieur(e) ) dont celui de Hastings, offert par Guillaume le Conquérant, des fermes, des maisons ainsi que des droits sur la pêche et les marchés. Elle subira de grandes destructions lors de la Guerre de 100 ans, puis pendant les guerres de religion. Elle sera finalement vendue lors de la Révolution, en 1790, pour servir de caserne avant d’être démolie. Aujourd’hui, il ne reste plus quelques morceaux de murs…

Sur la route, Elicec a rencontré quelques compagnons pas farouches du tout

Depuis le sommet où se trouve l’église ainsi que les vestiges de l’abbaye Saint-Michel, il y a une très belle vue sur le port et les falaises à proximité. Il est temps de commencer à redescendre car la météo n’est pas très clémente…

Juste pour l’anecdote amusante, regardez le nom de l’hôtel qui a accueilli Elicec pendant une nuit … c’était même pas fait exprès ! Et surtout, Elicec a découvert les bruits d’une ville portuaire, car elle n’a pas l’habitude de se faire réveiller par le klaxon des bateaux !

Envie de dormir en hauteur et d’avoir une vue sur la port et l’immensité de la mer, voici le lien pour réserver à l’hôtel de Calais : http://hoteldecalais.fr/v4/

A très vite pour de nouvelles aventures !

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