Au coin d’une Rue

Dans cet article, suivez Elicec à Rue en Picardie. Cette commune aux allures tranquille abrite un magnifique patrimoine bâti. Amoureux des vieilles pierres, arrêtez-vous d’urgence et profitez de la visite guidée pour découvrir les petits bijoux d’architecture 😊

Ce fut le cas d’Elicec et de sa guide en juillet dernier, un coup de chance car l’étape a Rue devait clôturer la journée en Picardie et au final, programmation toute chamboulée pour participer à la visite guidée. Pourquoi y participer ? Parce que la première fois qu’Elicec est passée par la commune, elle n’a pu voir que les extérieurs ou un tout petit aperçu des intérieurs, et cela se révèle très frustrant.

Grâce à la visite guidée, Beaucoup de choses ont été découvertes comme l’origine du nom de la commune, qui dérive du terme « ru » signifiant « petit ruisseau ». Difficile d’imaginer la présence de l’eau ici, et pourtant il s’agissait d’une ville portuaire ! Ville vivant du commerce du vin et du sel principalement jusqu’au 15e siècle environ. Les terres gagnées sur la mer permettent à la ville de s’agrandir et de se pourvoir de fortifications et de bastions.

Comme beaucoup de villes au cours de l’Histoire, Rue n’est pas épargnée par les raids vikings et les guerres féodales. Mais le Moyen Âge voit également la construction de superbes édifices reflétant ainsi la richesse de la ville de Rue : le beffroi, les chapelles de l’Hospice et du Saint-Esprit. Elicec vous invite d’ailleurs à suivre ses pas à la découverte de ses trois monuments ruens.

Commençons par le premier bâtiment découvert lors de la visite : le beffroi.

Mais qu’est-ce qu’un beffroi ? Il s’agit d’un édifice important pour la commune, car il permet de montrer une certaine puissance et liberté. Une charte est souvent écrite pour donner l’autorisation de construire cet édifice. Le beffroi est devenu un symbole de la région Hauts-de-France et de Belgique (23 beffrois français et 32 beffrois belges ont été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005). Mais revenons au beffroi de Rue. Quand on est devant, nous ne pouvons pas deviner de suite qu’il s’agit du beffroi, parce qu’il reste imposant et massif comme une tour fortifiée. N’oublions pas que le beffroi au Moyen Âge pouvait également servir de refuge lors des attaques (d’où le fait que sur certains d’entre la porte ne se situe qu’un premier niveau, l’escalier escamotable étant le seul moyen d’y accéder).

La charte, permettant l’affranchissement des ruens, est accordée par le comte Jena-de-Ponthieu. Elle permet ainsi la mise en place d’un conseil échevinal qui peut rendre la justice et prélever les taxes. C’est un beffroi aux allures fortifiées qui servira de tour de guet, il sera reconstruit en pierre calcaire au 15e siècle, suite aux dégradations de la Guerre de 100 ans. Dans un beffroi, nous y retrouvons le plus souvent la salle du conseil pour les échevins, une prison ainsi qu’une salle des gardes (parfois même une salle du trésor surveillée par les gardes présents sur place). Ce qui est le cas à Rue.

La visite nous permet notamment d’accéder au chemin de ronde et d’avoir ainsi une vue à 360° sur la commune. Cela permet ainsi de découvrir la géographie et de voir l’extension de la ville par étape grâce aux propos de la guide.

La visite guidée s’est poursuivie avec la chapelle de l’Hospice. Cette chapelle se trouve au pied du beffroi, depuis le chemin de ronde, une de ses façades en brique rouge et avec un pignon à redents était visible. C’est au 12e siècle que l’édifice a été construit, initialement dédiée à Saint-Nicolas. Pourquoi a-t-elle été construite ? Dans un premier temps, pour pouvoir accueillir les malades et les pèlerins pauvres venus prier le crucifix miraculeux. Mais pour cette histoire, il faudra attendre encore un peu ! 😉

Détruite pendant la Guerre de 100 ans, elle sera reconstruite au 15e siècle dans un style gothique beaucoup sobre que la chapelle du Saint-Esprit, elle est administré par les sœurs grises de l’ordre de Saint-François. De l’extérieur, impossible d’imaginer les petits trésors qui se trouvent à l’intérieur. Elicec a été fasciné pour la voûte entièrement en bois en forme de carène de bateau renversé. Une frise en bois sculptées parcourt la totalité du bâtiment avec des scènes de chasse mais aussi des allusions à Saint-Jacques de Compostelle avec la présence de la coquille et de la panetière (bourse du pèlerin).

En plus de cette voûte en bois, il y a des petits trésors artistiques comme le tryptique récemment restauré 😊

Un vrai coup de cœur pour Elicec et sa guide !

Direction le dernier édifice de la visite, qui n’est autre que la chapelle du Saint-Esprit. La première fois que la guide d’Elicec en a entendu parlé c’est pendant l’année universitaire à Boulogne-sur-mer. C’est le professeur d’informatique qui avait indiqué qu’il fallait absolument se rendre à Rue pour admirer le plafond de la chapelle. Eh bien, il a raison ! Une voûte splendide que vous découvrirez en photo sous peu, car avant cela voici quelques détails sculptés de la façade, mêlant animaux réels et imaginaires, gargouilles, sculptures évoquant la mort 😊

La chapelle du Saint-Esprit, comme celle de l’Hospice, a été créée dans le but de pouvoir accueillir les pèlerins venant voir le crucifix miraculeux. Mais de quoi s’agit-il ?

En 1101, lorsque Rue était encore un port de mer prospère, une barque s’échoue. Dans celle-ci se trouve un crucifix miraculeux. Mais d’où peut-il bien provenir ? Selon certaines sources, ce crucifix viendrait tout droit de Terre Sainte !

En effet, Nicomède, disciple de Jésus, a sculpté trois croix pendant son sommeil avec l’aide d’un ange. La première arrive en 782 à Lucques, avec Charlemagne qui participera à sa renommée importante. Les deux autres sont retrouvées en Terre Sainte et les croisés s’en emparent et les chargent chacune dans une barque, sans passager, en laissant la main de Dieu les guider. Une arrivera à Dives-sur-mer en 1060 (sera détruite par la suite par les calvinistes) et la deuxième arrive à Rue en 1101 !

Dans un premier temps, il est placé dans l’église et au vu du nombre croissant de curieux et de pèlerins, une chapelle plus grande sera construite et embellie entre 1440 et 1525. La chapelle est construite grâce aux dons des fidèles, des plus pauvres aux plus riches, et est placée sous le vocable du Saint-Esprit.

Un certain nombre de têtes couronnées passeront aussi par là pour admirer un des fleurons de l’architecture gothique flamboyante ainsi que le crucifix : Jeanne de Castille, Édouard Ier d’Angleterre, Isabeau de Portugal et son mari le duc Philippe le Bon, Louis XI, Charles V, François Ier, Louis XIII et Louis XIV. Les pèlerins viennent parfois de très loin également : d’Angleterre, du Portugal et même de Palestine !

Au point d’attiser la jalousie des habitants d’Abbeville qui tente de voler la relique au 13e siècle, malheureusement pour eux (et heureusement pour les ruens !) le charriot contenant le crucifix n’est jamais sorti de la ville et les bœufs ont fait demi-tour !

Malheureusement le crucifix miraculeux connaît une fin tragique parce qu’il sera brûlé par les révolutionnaires, seul une main a résisté et est encore visible dans la chapelle…

L’accès au narthex (espace précédent la nef de l’édifice religieux) construit grâce aux différents mécènes, permet d’avoir un petit aperçu de la magnifique voûte sculptée, ornées de décors en dentelles, de pendentifs sculptés.

La visite a permis l’ascension au premier étage où se trouve encore un bijou d’architecture et de sculpture.

Et voilà pour le passage éclair à Rue. Il reste encore de nombreuses choses à faire comme le musée de l’aviation des frères Caudron et se balader dans les rues sur les pas des anciennes fortifications.

Merci à notre guide pour la visite de ces trois petits bijoux ruens.

Si vous aussi vous souhaitez découvrir l’intérieur de ces édifices lors de visites guidées, voici les coordonnées du Bureau d’information touristique qui vous donneront les prochaines dates

A bientôt pour de nouvelles découvertes ! 😊

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