En terre végétale

Courant octobre, Elicec est allée découvrir un petit coin végétal niché au cœur de Tourcoing par une après-midi pluvieuse. Elle est partie en voyage autour du monde grâce au Jardin botanique lors d’une visite guidée enrichissante et conduite par une passionnée !

Elicec vous propose d’aller à la découverte de certaines de ces plantes cultivées avec soin en plein cœur de Tourcoing ! 😊

Quelle n’est pas sa stupeur d’apprendre que lorsque des fleurs poussent c’est que la plante souffre…

Nous commençons par une épice réputée pour sa gousse, vous avez trouvé ?

Il s’agit de la vanille.

Il est étonnant de se pencher sur l’étymologie d’un mot, pour se rendre compte que chaque langue, peuple possède sa façon de nommer les fleurs (entre autres)

Quand en français, nous évoquons la vanille comme une gousse, un étui ; les Aztèques utilisent le mot tlilxochitl qui signifie fleur noire.

Retour sur l’histoire de la vanille qui est un voyage en lui-même à travers le temps et le monde.

Partons pour le golfe du Mexique et le peuple Totonaque. Car il s’agit bien de ce peuple qui cultivait la vanille pour approvisionner l’empire aztèque, friand de la vanille pour agrémenter leur boisson à base de cacao.

Il y a une légende autour de la vanille que voici : la liane de la vanille serait ainsi née du sang de la princesse Tzacopontziza, à l’endroit où son ravisseur, le prince Zkatan-Oxga et elle-même furent rattrapés et décapités par les prêtres de Tonoacayohua (déesse des récoltes). Le prince se réincarne en un arbuste vigoureux tandis que la princesse se réincarne en une délicate liane d’orchidée enlaçant tendrement son amant.

Se sont les Espagnols qui découvriront la vanille au 16e siècle lors de la conquête du continent, alors que son commerce à l’international ne débutera que le siècle suivant.

Elle sera notamment introduite en Angleterre par le biais de Hugh Morgan, qui n’est autre que le pharmacien de la Reine Elisabeth. Cette gousse aura un succès tel que même Louis XIV va faire des tentatives pour réussir à la cultiver sur l’île de Bourbon (La Réunion aujourd’hui), sans succès toutefois…

Nous retrouvons la vanille aujourd’hui principalement dans l’univers alimentaire avec une demande de la part des chocolatiers, des glaciers et des géants industriels comme … Coca-Cola, qui est au passage le plus gros consommateur de vanille ! Mais nous la retrouvons également dans la cosmétique, comme le parfum et les produits de soin. En médecine, elle est connue comme un stimulant nerveux et sera utilisée en infusion, en teinture ou sous la forme d’huile essentielle contre l’hystérie, la dépression ou la mélancolie ; elle est aussi préconisée pour les efforts musculaires ou les rhumatismes.

Quelle histoire pour cette plante dont ont torréfie la gousse afin d’obtenir la saveur tan appréciée.

Autre fleur découverte à proximité de la vanille, il s’agit …

… de la fleur de frangipanier. Elle est considérée comme la fleur des temples ayant une symbolique importante chez les hindous et les bouddhistes, la fleur étant offerte en offrandes aux dieux lors des cérémonies. Elle orne également les coiffes des danseuses au Bali. D’un côté, la fleur est associée au mariage dans les Comores, mais aux funérailles et à la mort au Bangladesh.

Il est aussi le symbole du Laos. Dans certaines croyances du pays, le dok champa (nom donné à la fleur de frangipanier) fournirait un abri aux fantômes et aux démons. Tandis que dans le folklore maltais, le parfum de la fleur est associé aux vampires !

Dans les îles du Pacifique, elle aussi utilisée comme moyen d’indiquer l’état d’une relation. Si vous la portez sur l’oreille droite, c’est que vous à la recherche d’une relation ; alors que portée sur l’oreille gauche, passez votre chemin.

Son nom vient du fait qu’un marquis italien, Frangipani, avait créé un parfum à base d’amande. Mais son vrai nom provient quant à lui, du botaniste français Charles Plumier, donnant ainsi à la plante le nom de plumiera. Une information intéressante donnée par notre guide, un botaniste ne peut donner son nom à une plante qu’après sa mort 😉 Le nom de plumiera sera ainsi donné en l’honneur du botaniste.

Notre guide nous a également montrer les cabosses de cacao, mais aussi la coca ou encore le papayer. Mais elle nous a aussi fait découvrir le café made in Tourcoing. Si, si, sans mentir ! Elle nous a montré les différentes étapes du café, notamment le café vert, c’est-à-dire avant la torréfaction. Quelle odeur ! et surtout Elicec a appris le nom de la coque contenant les graines : cela est appelé une cerise 😊 Voici à quoi cela ressemble, sachant que l’arbre est à peine plus grand qu’un homme.

Le café, en tant que boisson, se répand dans un premier temps dans le monde arabo-musulman dès l’Antiquité sous le nom de qawa. Les échanges commerciaux permettant au café d’arriver en Italie et notamment à Venise, où il sera ensuite importé ver les autres pays pour arriver en France au 17e siècle.

Notons que le premier établissement français autorisé à proposer la boisson « café » est à Marseille en 1654. L’art de déguster le café sera apporté à la cour par le biais d’une ambassade ottomane.

Qui veut se boire un petit qawa ? Eh bien pas Elicec, car elle est plutôt tean thé 😉

La visite permet également de découvrir à l’état naturel avec les capsules…

Plus la peine de vous présenter cette plante utilisée dès l’Antiquité, notamment dans la vallée du Tehuacán au Mexique. Dès le départ, le coton sera utilisé pour fabriquer des étoffes légères. Vous connaissez sûrement un certain nombre d’étoffes réalisées à base de coton : l’organza, le taffetas, le vichy ou encore la mousseline 😊

L’arbre du voyageur, ravinala de son vrai nom, a aussi fasciné Elicec et sa guide car …

… tout est utilisé dans la plante : les tiges fendues en deux permettent la construction de panneaux muraux jusqu’à ses grandes feuilles qui peuvent servir de couverture tandis que sa sève peut être bue (même si la légende voulait que se soit l’eau de pluie accumulée sur les grandes feuilles qui soit potable, ce qui n’est absolument pas le cas, parce qu’elles sont des lieux où se nichent les insectes).

Direction la serre accueillant les différentes espèces de cactus.

D’un côté, nous avons les raquettes, qui se développent très facile et surtout prennent beaucoup de place. D’ailleurs, notre guide nous indique qu’il vaut mieux se piquer sur des cactus avec de gros aiguillons qu’avec les raquettes. Pourquoi ? parce que le gros aiguillon pique et est facile à retirer, ce qui n’est pas le cas de ceux sur les raquettes qui sont minuscules et impossible à enlever même avec une pince à épiler. Lors de vos prochains achats de cactus, choisissez bien celui que vous voulez avoir chez vous ! 😊

Et puis il y a les fameux coussins de belle-mère !

Quelle surprise d’apprendre qu’au départ le cactus avait des feuilles, mais qu’avec le manque d’eau elles se sont transformées en aiguillons ! Les cactus sont connus pour faire des réserves de suc afin de traverser les longues périodes de sécheresse. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas les arroser de temps en temps 😉

Le cactus est déjà représenté sur des dessins et sculptures aztèques comme dans le codex Mendoza du 14e siècle. Il est présent dans la culture aztèque avec une prophétie qui est à l’origine de la fondation de leur capitale Tenochtitlan (ancien nom de Mexico). La prophétie est la suivante : une partie du peuple, qui a été entraîné par les prêtres à transporter des effigies sacrées, part à la recherche d’un lieu d’où il verrait un aigle perché sur un cactus et dévorant un serpent. Lorsque le lieu sera trouvé, ils pourront fonder leur capitale.

D’ailleurs, cet aigle perché sur un cactus et un serpent, deviendra l’emblème de la ville en 1822. L’Europe, quant à elle, devra attendre Christophe Colomb pour voir les premiers cactus.

Le cactus est victime de son succès et via les collectionneurs, certaines espèces vont disparaître même si nous continuons à en découvrir régulièrement, encore aujourd’hui.

Il est utilisé de plusieurs manières : la principale est l’ornementation. Mais saviez vous qu’il peut être utilisé comme clôture dans certaines régions, cela afin d’éviter que les animaux n’aillent où ils veulent ou pour servir de protection contre les voleurs ?

Le cactus sera également utilisé comme matériau de construction, en particulier le tronc du cactus mort. Les aiguillons atteignant parfois la taille de 10 cm, ils seront utilisés comme aiguilles pour le tricot ou la dentelle.

La visite s’est terminée avec l’espace réservé aux plantes …

… carnivores !

Eh oui, comment passer à côté de ces plantes fascinantes. Comme toutes les plantes, elles se sont modifiées au fil du temps afin de survivre dans la nature, se défendre ou tout simplement pouvoir se nourrir. Dans cet espace, la guide nous a appris les divers moyens de tentation mis en place par les plantes afin d’attirer les insectes sans leur laisser une chance de repartir.

Que de belles surprises et découvertes a réservé cette visite à Elicec et sa guide qui ne sont absolument pas spécialiste dans le domaine et surtout qui n’ont pas la main verte !

Terminons l’article par quelques photographies prises par ci par là pour la beauté des fleurs et des aménagements. Avec une mention spéciale pour le papyrus qui était (au moment de la visite) au centre des recherches de la guide conférencière d’Elicec, en train de préparer une intervention sur l’écriture et ses supports pendant l’Antiquité.

Les serres qui ont été découvertes cet après-midi-là, ne sont accessibles que sur rendez-vous ou lors de visites guidées organisées par l’Office de Tourisme de Tourcoing (03 20 26 89 03).

Une visite magnifique pour les yeux et les connaissances apportées, qui sont données de manière très compréhensible afin de permettre à tous de repartir sans avoir l’impression d’avoir naviguer dans les eaux troubles du jargon botanique.

Voici un lien qui vous permettra d’en savoir encore plus sur les serres du jardin botanique ainsi qu’avoir les informations pratiques afin de préparer votre venue https://bit.ly/32NRfR5

Privilégiez le printemps ou l’été pour les découvrir même si elles sont également magnifiques en octobre 😊

A bientôt pour de nouvelles découvertes !

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