L’envers du décor de la mémoire collective

Le mois de septembre a été l’occasion de repartir sur le territoire racine de la guide d’Elicec, c’est-à-dire l’Artois et d’allier un patrimoine lui tenant particulièrement à cœur : le patrimoine de mémoire. C’est ainsi qu’une après-midi a permis la découverte du Commonweath War Graves Commission Expérience 😊

Mais savez-vous à quoi correspond cette structure ? Voici quelques éléments de réponse 😉

Tout commence pendant la Grande Guerre, avec la volonté d’honorer les soldats morts au front. Pendant les combats, certains prendront de grands risques afin de noter l’endroit des sépultures. Deux hommes vont être au centre d’un projet, permettant la matérialisation des sépultures :  Fabian Arthur Goulstone Ware et le lieutenant-colonel Edward Stewart.

Le projet prendra un tournant important avec la rencontre de l’adjudant- général Sir Nevil Macready à la fin de l’année 1914. Il va être en effet impressionné par la passion et l’enthousiasme de Ware et lorsqu’il faudra désigner quelqu’un pour porter l’organisation, il pensera tout de suite à lui.

Ware a déjà en tête l’importance de pérenniser les cimetières en France et en Belgique. Il va ainsi se rapprocher des autorités compétentes afin d’obtenir des droits ainsi que des terrains pour les cimetières britanniques.

Au départ, il s’agit d’une branche de l’armée britannique. Mais après la bataille de la Somme et les milliers de morts, Ware insiste sur le fait qu’il est nécessaire d’avoir une organisation indépendante de l’armée afin de continuer le travail d’identification et d’entretien des cimetières. C’est chose faite le 21 mai 1917 : l’Imperial War Graves Commission est née, qui prendra par la suite le nom de Commonwealth War Graves Commission.

Se met ensuite en place les différents critères pour construire les cimetières et mémoriaux, mais également comment honorer les soldats, grades et nationalités confondus.

Le travail de la Commonwealth War Graves Commission ne s’arrête pas à la constitution des cimetières et mémoriaux ou à l’inhumation des soldats. Il y a tout le travail de recherches, d’identification ; sans oublier l’entretien de ces espaces de mémoire et de recueillement.

C’est ainsi 1 300 personnes sur 49 pays et territoires qui travaillent pour la Commonwealth War Graves Commission, regroupant des métiers techniques et du personnel de bureau : jardiniers, tailleurs de pierre, graveurs, menuisiers, forgerons, mécaniciens, historiens, archivistes, …

Avec la Commonwealth War Graves Commission Expérience, il vous est proposé de passer dans les coulisses de cette structure pour y découvrir de nombreux aspects de cette organisation.

Le parcours démarre avec une pièce présentant la Commonwealth War Graves Commission avec une vidéo, des photos et une très belle citation que voici :

« L’ouvrage le plus monumental depuis les pharaons – et ceux-ci ne travaillèrent que dans leur pays » Rudyard Kipling.

Mais qui est-il, ce Rudyard Kipling ? Elicec est sûr que vous le connaissez et que vous avez même déjà lu un de ses romans.

Car c’est entre autres l’auteur du Livre de la Jungle 😉

Mais il est aussi connu pour son investissement durant la Grande Guerre. Il participa au Bureau de la Propagande de Guerre. Il fut durement touché par le conflit avec notamment la perte de son fils, lors de la bataille de Loos en 1915. Il écrivit ces lignes :

« Si quelqu’un veut savoir pourquoi nous sommes morts. Dites-leur : parce que nos pères ont menti ».

Phrase qui a été lu pour la première fois par Elicec et sa guide conférencière au Mémorial 14-18 Notre-Dame de Lorette où elle travaille. Phrase qui avait été mise en avant notamment en parallèle de l’exposition Wool War One.

Ce drame le poussera à intégrer la Imperial War Graves Commission. Il choisira plusieurs inscriptions présentes dans les cimetières militaires britanniques à travers le monde : « Leur nom vivra à jamais » (tirée de la Bible) qui est inscrite sur la pierre du souvenir, ou encore « Connu de Dieu » pour les soldats inconnus.

Après cette salle introductive, direction la cour centrale où le visiteur, muni de son audioguide (que la guide d’Elicec conseille, chose rare pour être soulignée, car habituellement elle a plutôt tendance à déambuler à son rythme et de manière libre !) pour découvrir les différents métiers présents pour cette préservation de la mémoire collective.

Plusieurs ateliers sont visibles avec un espace qui leur est dédié et très bien expliqué dans les sections de l’audioguide : production des stèles, la menuiserie, la mécanique, production des panneaux, l’horticulture, la forge et la ferronnerie.

Chaque atelier est accompagné dans la cour de panneaux complémentaires sur les différents aspects du métier présenté.

Il y a aussi un certain nombre d’éléments d’identification des stèles comme la forme, les écussons permettant ainsi de connaitre quelques informations sur le soldat. Dans l’audioguide est aussi donné des caractéristiques techniques liées aux différents matériaux présentés : comme le fait qu’une stèle pèse 80 kilos (!) et que la pierre est choisie en fonction de ces capacités à résister aux climats.

Il y a aussi parfois des anecdotes surprenantes, des chiffres (11 000 stèles voient leurs inscriptions refaites par an dans les cimetières français et belges)

Il y a aussi un espace dédié à un autre aspect qui est l’identification et l’inhumation des soldats. Parce qu’il ne faut pas oublier que le conflit a été meurtrier et que malheureusement certains soldats sont encore portés disparus. Ils ne sont parfois découverts que lors de travaux (travaux pour la réalisation de l’Anneau de la Mémoire, situé à la Nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette. Situé à environ 20-30 minutes de la CWGC Expérience).

Un aspect qui a aussi été beaucoup apprécié dans l’audioguide, c’est que la parole est régulièrement laissée aux personnes dont le métier est présenté. Parfois, elles nous parlent de leurs expériences au sein de la CWGC, présentent un aspect de leur métier ou une œuvre en particulier qu’elles ont réalisé.

Elicec a beaucoup apprécié la visite qui rend à la fois hommage aux soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale ainsi qu’à toutes les personnes qui permettent d’honorer de nos jours leurs mémoires grâce à tout le travail au sein de la Commonwealth War Graves Commission.

Le choix a été fait de ne pas trop en dévoiler dans l’article pour vous laisse le « plaisir » de découvrir le travail de ces milliers de petites mains travaillant dans l’ombre.

Voici le lien vers le site (en anglais) : https://www.cwgc.org/visit-us/the-cwgc-experience/

Le centre est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 16h. Fermé les weekends, pendant les vacances scolaires françaises, certains jours fériés.

Le centre est fermé pour maintenance pendant les mois de décembre et janvier.

L’entrée est gratuite. L’équipe de l’accueil est chaleureuse, de bons conseils et à votre écoute 😊

A bientôt pour de nouvelles balades et découvertes dans les Hauts-de-France et ailleurs !

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