Design au Louvre

Dans le cadre de Lille Design, le musée du Louvre-Lens a mis en place une exposition dans le Pavillon de verre (au bout de la Galerie du Temps), mettant ainsi en lumière le design à travers les âges. En effet, la scénographie permet de comparer un objet design de nos jours avec un objet design du passé. Elicec a apprécié l’exposition parce qu’elle donne une autre vision des objets de notre quotidien et de se sentir connecté au passé par le biais de celui-ci

Mais tout d’abord, qu’est-ce que le design ?

« Le design définit la démarche qui consiste à concevoir un dessein, une idée, afin d’en réaliser un dessin, une forme, un objet pour répondre au mieux à un usage souhaité. Ainsi, le design questionne des usages afin de concevoir de nouvelles formes d’objets dans lesquels l’esthétique rencontre la fonctionnalité dans le but d’améliorer nos vies.

[…] Il concerne tous les secteurs d’activités liés à des enjeux économiques, environnementaux et sociétaux. Il constitue un processus de création qui conduit de la conception à la fabrication en adaptant la forme à l’usage et à l’esthétique. »  (Extrait du fascicule disponible à l’entrée).

L’exposition se compose de cinq sections autour de la communication, de la maison ou encore de la décoration. Partons découvrir certains des objets mis en relation !

Commençons avec une thématique omniprésente dans notre société : la communication ! 😊

Quatre objets sont en résonance avec la communication à travers l’Histoire : une tablette cunéiforme et une palette de scribe d’un côté, et de l’autre une liseuse Kindle et un stylo à bille.

Objets qui, en apparence appartiennent à deux époques différentes et qui pourtant véhiculent les mêmes idées : la transmission d’un savoir par l’écriture et la lecture. Il s’agit également d’outils nomades, que l’on peut emporter avec soi pour noter et acquérir des connaissances.

Tout commence avec la naissance de l’écriture qui a lieu dans la seconde moitié du 4e millénaire avt. J.C en Mésopotamie et en Égypte. Deux supports principaux : les tablettes d’argile et le papyrus. L’écriture permet par la même occasion de fédérer le pouvoir autour d’une personne (le pharaon) ou d’une cité-état.

Avec ces objets, nous avons en tête les différentes fonctions de l’écriture : comptabiliser, inventorier, administrer. Et ajoutons aussi la possibilité de transmettre les légendes, histoires et contes des différentes civilisations.

La seule différence est qu’aujourd’hui, l’informatique permet d’avoir accès avec un même document à différentes données comme des sons, des images, en plus du texte.

La tablette présentée dans l’exposition est un traité divinatoire à destination des astrologues. Notons que pour les Mésopotamiens, l’astrologie et l’astronomie se confondaient pour former l’un des plus grandes disciplines de leur science.

Quand la voûte céleste est le lien entre le monde divin et les hommes, les astres la composant correspondent à un dieu dont ils portent le nom. La prédiction s’applique aux récoltes, aux cités, aux royaumes ainsi qu’aux rois.

L’écriture visible sur la tablette est l’écriture cunéiforme. Cela fait référence aux empreintes en forme de coin (« cuneus) composant plusieurs centaines de signes. Cette écriture sera utilisée pendant plus de trois millénaires avant de céder peut à peu sa place aux alphabets au cours du 1er millénaire avt. J.C.

Le scribe dans la civilisation égyptienne est une personne importante. Il possède plusieurs missions : la comptabilité et la copie des textes religieux (peu de personnes ont accès à ces textes). La palette permet au scribe de se déplacer avec tout son nécessaire à écrire : le calame est rangé dans une cavité creusée dans la palette ; les encres, sous forme solide, sont placées dans une des cuvettes se trouvant à l’extrémité.

Pour les encres, deux couleurs sont utilisées par le scribe : une encre fabriquée avec de l’ocre, car le scribe écrit un premier jet en rouge. Il fera les corrections en noir avec une encre fabriquée à partir de charbon de bois. Notons toutefois, que les versions finales sont écrites en noir dans la plupart des cas, et que l’encre rouge est utilisée pour les titres et les têtes de chapitres.

Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale et Marcel Bich qui va mettre au point le Bic, pensant que ce type d’objet pourrait révolutionner le marché des instruments d’écriture. Cela étant, il rachètera le brevet du stylo à bille de László József Bíró en 1945 (brevet existant depuis 1938) et fera en sorte qu’il soit accessible à toutes les bourses.

Mesurer est quelque chose de quotidien : nous mesurons le temps, la distance ainsi que le poids des choses.

Peser des ingrédients, des marchandises, ne date pas d’hier parce que des poids en pierre ou en métal datant de l’Égypte ancienne ont été retrouvés ? Ces poids évolueront avec des matériaux comme le cuivre ou la platine dans la France du 19e siècle, pour arriver aux balances électroniques que nous possédons aujourd’hui !

Plus pour peser avec précisions les ingrédients de notre recette de cuisine dans la vie quotidienne, le poids des marchandises était important lorsque le troc était la monnaie d’achat et de vente, une fois l’homme devenu sédentaire. Les échanges et trocs étaient souvent écrits sur les tablettes en argile pour avoir une trace de la transaction.

Les poids représentés dans la vitrine sont des poids en pierre égyptiens et une boîte de 26 poids de la Maison Collot Frères (1848-1901).

La Maison Collot est la première à se spécialiser dans la fabrication des balances de précision pour les sciences et la pharmacie. Elle va jouer un rôle important dans la normalisation de la mesure à l’échelle internationale lorsqu’elle devient le fournisseur officiel de l’État français.

Et quant est-il de la production en série ? Elle est présente déjà dès l’Antiquité, ce que nous pouvons observer avec les moules de cuisine provenant de Mésopotamie. Les représentations sont variées : humains autant qu’animaux ou formes géométriques.

La production en série n’est pas une invention de la révolution industrielle, car selon les spécialistes le premier objet produit en série (c’est-à-dire nécessitant une série de geste précis et répétitif) serait le biface. Plus tard, des moules pourront être utilisés comme pour les briques, entraînant ainsi une production standardisée qui va s’amplifier avec la mécanisation des procédés. Aujourd’hui, cela peut encore être encore plus poussé avec l’impression en 3D comme avec ce vase d’Olivier van Herpt.

L’ornement est aussi quelque chose qui est présent depuis plusieurs millénaires, au Moyen-Orient notamment. Les premiers dateraient même de la Préhistoire avec des ornements gravés, sculptés et peints (objets ou murs des grottes). Au fil de l’Histoire, ces objets d’ornement peuvent renvoyer aux croyances ou encore être un marqueur de pouvoir lorsqu’ils sont richement décorés.

La place de l’ornementation sera semée d’embûches : considérée comme péjorative dans l’Antiquité, elle sera au centre d’un vif débat lors de l’industrialisation. Un combat entre l’artisanat et l’industrie se met en place… l’ornement devient l’ennemi à combattre. La polémique cessera après-guerre.

Voici les photos des objets coups de cœur d’Elicec dans l’exposition : il s’agit d’un plat en cuivre orné d’un taureau et d’une coupe en porcelaine avec un hippopotame.

Quand le premier est probablement issu d’une nécropole de la province de Kerman (sud-est de l’Iran, fin 3e – début 2e millénaire avt J.C), le deuxième est un objet purement décoratif réalisé par la manufacture de porcelaine de Nymphenburg (près de Munich, 18e siècle) en ce qui concerne le motif de la coupe avec un hippopotame. Car la coupe présentée dans l’exposition a été réalisé par l’artiste Hella Jongerius en 2004. Pour la réalisation de sa série « Nymphenburg Sketches – Animal Bowls » elle s’est richement documenté sur la manufacture bavaroise.

Le dernier grand thème abordé dans l’exposition est celui de la maison. L’exposition s’ouvre d’ailleurs avec une vitrine contenant des modèles réduits en terre cuite d’un fauteuil et d’un lit, mis en abîme avec une maquette de pavillon par Jean Prouvé et André Sive.

Ces maquettes nous renseignent sur la vie quotidienne durant l’Antiquité, parce qu’elles sont le plus souvent retrouvées dans les maisons, les tombes et les sanctuaires. Il s’ agit pour le défunt de pouvoir emporter avec dans l’au-delà le mobilier nécessaire pour sa vie quotidienne. Concernant le lit, nous avons un peu plus d’informations car il est plus récent que le fauteuil. Dans le monde grec, celui-ci à une place importante car il sert aussi de banquette pour le repas.

Les gourdes, jouets à roulettes ou miroirs sont autant d’éléments permettant de connaître un peu mieux les époques concernées qui sont nombreuses ici : Antiquité, Moyen Âge jusqu’à la fin du 18e siècle. Les objets sont découverts lors des fouilles archéologiques mais il faut être prudent concernant les découvertes, qui ont souvent un caractère plus ou moins aléatoires. De plus, manquant d’informations, nous ne connaissons pas forcément la fonction des objets retrouvés : les maquettes en terre cuite sont-elles des modèles réduits à valeur symboliques, ou sont-elles des jouets ?

La gourde en terre cuite au premier plan date du 15e– 16e siècles et a été retrouvé lors des fouilles de la Cour Napoléon au Louvre en 1985. La vaisselle en terre à boire apparaît au milieu du 13e siècle, alors que la vaisselle en terre pour manger n’apparaît dans le second tiers du 16e siècle.

La glaçure verte encore présente par endroit est à la fois utilisée comme décor mais avant tout pour avoir un objet étanche. Elle est conçue pour être utilisée en extérieur et être transportée par les voyageurs, les pèlerins ou les soldats, grâce à l’anse qui permet le passage d’une courroie.

La gourde visible au second plan est quant à elle réalisée en 2020 sur un modèle crée en 1916 : la « Clasica », dessinée en pleine Première Guerre mondiale par Gregorio Montesinos. Il s’agit d’une gourde en aluminium permettant d’avoir une alternative aux bouteilles en céramique ou en verre. Cette gourde est innovante dans le sens où l’aluminium est très récent et plutôt utilisé en joaillerie, car sa production reste coûteuse. Et surtout, pendant la Première Guerre mondiale, le métal est surtout utilisé pour les obus, les câbles et le matériel électrique.

Le buffle sur roulette date du 6e siècle avt J.C, mais son utilisation reste indéfinie : un jouet ? cela est difficile à dire et il vaut mieux être prudent car la plupart des jouets antiques ont été retrouvés dans un contexte funéraire, et notons que les sources écrites sont assez rares à ce sujet. Il s‘agit d’un exemple rare de buffle roulant, avec une perforation au niveau du museau qui laisse penser que l’on y passait une ficelle. Habituellement, les animaux roulants sont des chevaux. Est-ce parce qu’en Grande Grèce, le buffle étant présent qu’il a été choisi à la place du cheval ? Mystère …

Les occasions pour offrir des jouets sont multiples pendant l’Antiquité : naissance, anniversaire, eu jour de l’an, fêtes religieuses mais également pour développer des compétences liées à un futur métier.

Et voilà pour la présentation de cette exposition qui est prolongée jusqu’au 3 mars 2021.

Voici le lien vers le site du Louvre-Lens afin de pouvoir préparer votre visite : https://www.louvrelens.fr/informations-pratiques/preparer-sa-visite/

A bientôt pour de nouvelles découvertes et aventure 😊

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