Arcades à Monpazier

Le deuxième article de la série sur le Périgord, vous emmène à Monpazier. Bastide ayant gardé son plan en damier et ses maisons au caractère original. Le plan en damier permet une circulation fluide et traversante de la cité, la découpant ainsi en rectangles. La première fois que la guide d’Elicec est venue à Monpazier c’était lorsqu’elle était encore en études et participant à l’encadrement d’une classe patrimoine avec un établissement basé sur Versailles 😊

Les portes fortifiées et les grandes rues finissent par amener le visiteur sur la place centrale : la place des Cornières. Facilement reconnaissable car tout autour de cette place, les 23 maisons ont gardé leurs arcades et au centre se trouve la halle en bois.

Sous celle-ci, les récipients de mesure à grain sont encore présents. Ils étaient utilisés pour mesurer les grains de seigle, d’orge, d’avoine, les noix ou encore les châtaignes les jours de marché. Cette mesure était le moyen de payer les impôts. Les récipients à Monpazier correspondent à 2,4 et 8 boisseaux (1 boisseau équivalent à 12,5 litres).

La halle en bois, quant à elle, a été construite au 13e siècle et était installée au centre de la place. Son emplacement actuel ne date que du 18e siècle lorsqu’il a été décidé de la déplacer. La halle est ainsi au centre du lieu de rencontres, d’échanges commerciaux et de justice.

La bastide de Monpazier fait partie du système de défense mise en place par le souverain Edouard 1er d’Angleterre avec les bastides de Lalinde, Beaumont, Molières ou encore Roquépine. Fondée en 1284, la construction de la bastide va se heurter à des problèmes comme la reprise des hostilités avec les Français, des retards dans la construction ainsi qu’un conflit avec le seigneur de Biron, Pierre de Gontaut, qui fournit les terrains.

La cité sera livrée par trahison pendant les guerres de Religion au chef huguneot  Geoffroi de Vivans, connu pour sa prise de Domme (cf article : « L’Acropole du Périgord » : https://danslespasdececile.blog/2021/11/25/lacropole-du-perigord/ ) Les tumultes ne s’arrêtent pas là car Monpazier verra une autre insurrection en 1637. Révolte menée par Buffarot, tisserand du bourg voisin, qui subira le supplice de la roue, une fois la révolte terminée. Il est dit que sa tête a été promené sur une pique jusqu’aux portes de Belvès (à une quinzaine de kilomètres).

Poursuivons la visite avec l’église Saint-Dominique.

Mais qui est ce saint Dominique ? Dominique de Guzmán entre à l’université de Palencia pour étudier la théologie et la philosophie. Il se distingue très tôt par son zèle et son talent pour la prédication. Lors de ses voyages, il est confronté à l’hérésie des « bons chrétiens » ou « cathares ». Dominique fait partie de ceux qui combattront cette hérésie à la demande du Pape Innocent III. Dans la tradition, il est appelé « le marteau des hérétiques » et est souvent considéré comme le premier inquisiteur. En réalité, il est mort avant la création de l’Inquisition, sa seule arme ayant été le prêche. Pour terminer, Dominique est aussi à l’origine de l’ordre des Prêcheurs, fondé en 1216, que nous connaissons mieux sous le nom des Dominicains.

Revenons à notre édifice de Monpazier, maintenant que vous êtes incollable sur saint Dominique. L’église a été construite au 13e siècle et subira plusieurs remaniements au cours de son histoire : le portail au 14e siècle, la rose et le pignon au 16e siècle. Pour le reste de l’édifice, tout comme les autres bastides, c’est la sobriété qui prédomine.

Tout comme à Domme, des éléments sculptés font référence à la Renaissance (les personnages et les végétaux se trouvant au-dessus de la porte d’entrée). Ce qui diffère c’est une étonnante inscription sculptée sur le tympan : « le peuple reconnaît l’existence de l’Être suprême et l’immortalité de l’âme ».

L’Être suprême étant un culte révolutionnaire imposé par Robespierre en mai 1794. En quoi consiste ce culte ? Il a été mis en place pour lutter contre une tendance athée (appelé culte de la Raison). Le culte est laïc, les cérémonies publiques et organisées par l’autorité locale élue. Voici quelques notions républicaines célébrées lors de ces moments : l’Égalité, la Liberté, la Fraternité, la Jeunesse ainsi que le respect envers les vieillards. Ce culte ne survivra pas à la mort de Robespierre.

L’église est composée d’une nef unique avec des croisées d’ogives, le chœur et une abside (espace en demi-cercle, ou polygonal comme c’est le cas ici, situé derrière le chœur)

Direction ensuite vers une maison remarquable de la cité : la maison dite « du Chapitre ». Elle est construite au 13e siècle, sur trois étages. Elle avait pour vocation le stockage des récoltes réquisitionnées pour l’impôt, d’où son autre nom de la grange aux dîmes (impôt sur les récoltes prélevé par l’Église) jusqu’en 1790. Elle a également accueilli les chanoines de la collégiale. Elle est classée au Monuments historiques depuis 1929. Les éléments architecturaux encore visibles sur la façade témoigne de la richesse de l’édifice.

Et comme d’habitude, l’œil se balade le long des façades et des détails présents dans les petites rues ou sur les portes. Les villes riches en histoire sont ainsi un vrai plaisir pour les yeux ! c’était un passage éclair sur la route de retour mais quel plaisir encore une fois de se balader au milieu de l’Histoire 😊

Voici le lien vers le site de Pays de Bergerac tourisme afin de préparer votre venue :

https://www.pays-bergerac-tourisme.com/fr/decouvrir/cote-pierres/bastides/monpazier

A très vite pour de nouveaux articles !

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