Parures et ornements

Le musée Sandelin organise des expositions hors les murs sur le territoire de l’Audomarois afin d’amener la culture auprès des habitants. C’est aussi l’occasion de sortir des œuvres des collections qui ne sont pas régulièrement voire jamais exposées dans les salles du parcours permanent.

Cette fois-ci, le sujet s’intéresse à un aspect du vêtement : les ornements et les parures qui l’accompagne. En effet, ils sont là pour montrer le pouvoir, la position sociale du propriétaire. Mais ce sont aussi les pratiques religieuses et culturelles qui sont visibles ainsi que le savoir-faire.

Partons en voyage sur les différents continents et à travers l’Histoire 😊

Premier aspect des parures et des ornements : orner le vêtement. Comme pour les vêtements, les parures doivent s’adapter à ce qui se fait, ils peuvent ainsi être la vedette du vêtement comme disparaître du jour au lendemain…

Le savoir-faire est aussi mis en lumière, car certains éléments sont de véritables pièces d’orfèvrerie. Les motifs sont généralement d’ordre géométrique, végétal ou animal. Certains font partie d’un ensemble composé de bijoux comme c’est le cas des châtelaines.

Mais qu’est-ce qu’une châtelaine ?

Il s’agit d’un porte-clé qui se porte à la ceinture et montre qui gère le foyer 😉 Elle est apparut au Moyen Âge et est remplacé par la bourse pendant la Renaissance avant de faire son retour au 18e siècle. A ce moment-là, la châtelaine ne servira plus seulement à porter les clés mais servira à divers usages : suspendre des ciseaux, un dé à coudre ou encore un flacon de sel.

Les plus décorées seront réalisées en or et en émail. Les bourgeois adopteront une version moins sophistiquée, en utilisant le cuivre doré ou argenté.

Élément représentatif de la maîtresse de maison, les nobles en feront un objet de parure.

D’autres accessoires se retrouvent sur les vêtements : les boutons ainsi que les fibules.

Les boutons sont encore une fois présents pour orner le vêtement, le mettre en valeur. Les boutons exposés dans la vitrine sont divers (garde nationale, district de Calais) mais une série a particulièrement attiré le regard d’Elicec et de sa guide-conférencière : les six boutons représentant des paysages urbains.

Nous sommes ici devant des vues de Paris, qui ont été remaniées et rendues possible grâce au travail de la gravure qui a été ajouté sur le cuivre directement.

Mais les fibules ont aussi volé la vedette aux autres ornements présentés!

Une fibule est une grande agrafe permettant d’attacher les pans de vêtements. Les formes varient en fonction de la région, de l’époque mais aussi des techniques de fabrication. Elles bénéficient d’un grand soin dans la réalisation, comme les boucles de ceinture ; réalisées le plus souvent en bronze avec un ajout de pierres précieuses ou de verre.

Les fibules présentées ici ont été retrouvés pendant les fouilles archéologiques sur la commune de Zudausque (Pays de Saint-Omer), concernant le cimetière mérovingien de Cormette.

La technique du cloisonné est parfois utilisée afin de donner de la couleur et de la transparence à l’objet. En effet, cette technique consiste à creuser des alvéoles dans le bronze permettant d’y mettre une pierre ou du verre.

Les boucles de ceinture viennent d’être évoquées, ce qui permet d’aborder les techniques employées : le niellage et la demasquinure.

Commençons par la deuxième technique. La demasquinure est le procédé d’insertion de fils ou de plaque en métal dans le fer de la boucle. Cela permet de donner un aspect coloré et précieux.

Le niellage, quant à lui, permet de mettre en avant les motifs gravés dans le bronze en utilisant le contraste. En effet, pour contrebalancer le bronze, c’est un mélange de plomb, de cuivre et d’argent de couleur noire qui est utilisé.

Pour l’instant, seuls les accessoires et parures ont été évoqué, mais il ne faut pas oublier le vêtement en lui-même. D’une simple pièce de tissu, il peut devenir l’objet de toutes les attentions. Il suffit de trouver le textile qui fera la différence ou alors de l’orner de décors cousus, brodés. La mode va évoluer également : au départ conçu en un seul morceau (le principe de la tunique), le vêtement pour le haut du corps va se complexifier parce qu’il deviendra une superposition de plusieurs pièces permettant ainsi aux boutons, que nous avons déjà évoqué, de se développer.

Dans l’exposition, un gilet d’homme est ainsi exposé pour montrer cette évolution vestimentaire masculine. Il s’agit d’un gilet porté sous la veste pendant le 18e siècle. Ces gilets sont toujours réalisés dans des teintes claires rehaussés de motifs évoluant en fonction des goûts : floral sous Louis XIV, ou le goût du voyage au 18e siècle par exemple.

Régulièrement, à travers l’Histoire, il était important d’accessoiriser son vêtement afin d’être à la pointe de la mode, de montrer son statut social. C’est ainsi que les accessoires prennent un rôle important et nous permettent d’avoir des informations sur leur utilité mais aussi sur le savoir-faire des artisans.

Dans les précédentes vitrines, il s’agissait surtout d’éléments liés directement aux vêtements comme les boutons, les broderies ou encore les boucles de ceinture et les fibules. Les vitrines suivantes évoquent les éventails, les sacs ou encore les éléments que l’on ajoute à sa coiffure.

Les coiffes sont autant importantes pour les femmes que pour les hommes. En effet, elle peut être synonyme de pouvoir, elle peut montrer la place dans la société. C’est aussi le soin apporté aux détails et au matériau utilisé que l’importance est visible.

Les épingles africaines présentées dans la vitrine sont prestigieuses. Comment est-il possible de le savoir ? En plus des détails finement réalisés, du matériau utilisé (ici l’ivoire), c’est le fait que l’épingle à cheveux ait été réalisé dans un seul morceau. Ce qui demande un morceau d’ivoire important et une maîtrise de la part du sculpteur.

Deux très beaux éventails chinois sont aussi présentés et permettent de mettre en valeur la technique de la laque.

Issue de la sève d’arbustes, la laque est utilisée depuis la Préhistoire en Chine, pour protéger les ustensiles de la vie quotidienne. Une fois que le Japon prend connaissance de la substance, les techniques vont être poussées à leur apogée au point que la technique de la laque deviendra un art caractéristique du Japon. La technique nécessite la pose de plusieurs couches afin d’obtenir la bonne texture nécessaire à la réalisation des décors ou de faire des incrustations avec d’autres matériaux plus ou moins précieux.

L’éventail a pour but premier de s’éventer l’été, mais par la même occasion il peut être utilisé pour s’abriter du soleil ou de la poussière. Cet accessoire n’est pas nouveau car il est déjà connu durant l’Antiquité en Égypte, en Grèce ou en Chine. Dans ce dernier, il deviendra également un accessoire indispensable pour la réalisation des danses.

Comme les autres ornements vestimentaires, l’éventail reflète le statut par le biais des décors représentés dessus : peinture de fleurs, d’oiseaux, de paysages accompagné d’une calligraphie.

L’éventail deviendra un accessoire recherché en Europe, entraînant ainsi une production qui sera destiné à l’exportation. Ainsi au 17e siècle, dans les cours européennes, les éventails seront réalisés en ivoire avec comme scènes des reproductions de scènes animales et végétales faisant référence à la porcelaine au vu de la finesse d’exécution. La mode perdure en Europe jusqu’au 19e siècle, l’éventail étant importé en même temps que la porcelaine et le thé par la Compagnie Française.

Après les cheveux, passons à l’autre extrémité du corps avec les pieds. Les chaussures ont aussi ce rôle social et culturel.

L’esthétisme est encore une fois de mise avec la réalisation des chaussures. Les matériaux aux différentes textures sont utilisés afin de créer des motifs plus ou moins audacieux et mettant en valeur le propriétaire.

Deux paires ont particulièrement attiré le regard : les chaussures chinoises ainsi que les tsarouchia.

Ces dernières sont facilement reconnaissables car elles finissent par un bout pointu et des pompons. Elles sont d’origine byzantine mais évolueront avec les différentes influences. Elles sont confectionnées avec des pièces de cuir très dur. Sans compter que ces sabots sont très lourds et sont plutôt adaptés pour les combats au corps à corps. Le pompon n’est pas là que pour faire faire beau mais il permet aussi de cacher une lame, permettant au combattant de pouvoir se défendre si nécessaire.

Les tsarouchia sont aujourd’hui connu pour faire parti intégrante du costume des Evzones (garde présidentielle grecque).

La deuxième paire étant celle portées par les femmes en Chine lorsque la mode des pieds bandés était présente. Mode qui consiste à bander les pieds dès le plus jeune âge, car avoir un petit pied était considéré comme un signe de richesse. Ainsi, avec les bandages, cela évite la croissance du pied et les déformer afin de ne pas dépasser les dix centimètres.

La dernière partie de l’exposition se concentre sur les bijoux en tant que tel. Les bijoux sont des ornements présents dès la Préhistoire, utilisant tous les matériaux à disposition pour les fabriquer. Ainsi, en fonction de l’époque et des cultures, nous retrouvons des ornements en matières organiques comme le bois, l’os, les plumes ou le cuir ; mais également en matières minérales avec la terre cuite, le verre, le métal ou les pierres précieuses et semi-précieuses.

Ces bijoux sont le témoin du savoir-faire des artisans orfèvres. Les Gaulois puis les Mérovingiens sont connus pour la haute sophistication pour la décoration de leurs parures. Ceci entraînant une complexité des techniques et des matériaux utilisés, sans oublier l’esthétisme avec une recherche dans le rythme et les couleurs.

Cet esthétisme se traduit aussi par la réalisation de bijoux pour tout le corps : le cou, les bras, les jambes et le torse.

Les bijoux comme le reste des ornements et des parures présentées dans l’exposition sont la possibilité de montrer encore une fois le statut social. Mais dans certaines parties du monde, le bijou est aussi doté de pouvoirs magiques pour protéger ou attirer les bienfaits au porteur. Il peut aussi se transformer en instrument de musique pendant les cérémonies.

Les bijoux anciens qui nous sont parvenus ont été, pour la majorité d’entre eux, retrouvés dans les sépultures. Il y a cette tradition de la vie dans l’au-delà qui est importante dans nombres de civilisations. Ainsi, le défunt est paré pour sa nouvelle vie. Signe de puissance et d’appartenance à un groupe régit par des codes et des symboles communs.

Pour terminer, un arrêt sur deux bijoux disposés dans les vitrines : la chaîne de l’échevine et le collier avec un pendentif en forme de phoque.

Cette chaîne appartenait à un échevin de Saint-Omer au 18e siècle.

L’échevin occupe une fonction qui est administrative, économique et judiciaire au Moyen Âge. La halle échevinale de Saint-Omer se trouvait sur la Grand Place de Saint-Omer, aujourd’hui occupé par le Moulin à Café (théâtre à l’italienne).

Sous l’Ancien Régime, l’échevin deviendra le conseiller du maire des villes et villages.

Le chien correspond à un symbole : le gardien de la cité, ici c’est donc l’échevin qui garde la ville. Tandis que les que les trois fleurs de lys font référence au blason du royaume de France (Saint-Omer est rattaché à celui-ci en 1678, suite à la campagne de Flandres de Louis XIV).

Terminons avec le phoque en pendentif. Le phoque est réalisé dans de l’ivoire et serait d’origine Inupiaq (au nord du détroit du Béring en Alaska).&

Et voilà pour la découverte de cette exposition ! Très instructive, nous n’en connaissons jamais trop sur les ornements et les parures qui sont portées tout au long de l’Histoire.

A bientôt pour un nouvel article!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s