Dans les pas d’Avitus

Direction un lieu qui a une saveur particulière : celui des premières armes en tant que guide conférencière. Ainsi, partons dans la partie sud de la France, à Saint-Avit-Senieur dans le Périgord.

Site classée à l’UNESCO, allons découvrir qui est Avitus et ce qu’il nous a laissé. 😊

Au 6e siècle, le gallo-romain Avitus Senior est venu évangéliser le territoire, c’est la raison pour laquelle l’abbaye bénédictine construite au 11e siècle prendra le vocable de Saint-Avit-Senieur, pour commémorer son passage.

Mais voici un peu plus d’informations sur ce mystérieux Avitus. Il est né à proximité de Bannes vers 480-490 dans une famille aristocrate. Vigoureux et athlétique, il aurait été enrôlé dans l’armée du roi Alaric II, roi des Wisigoths, pour défendre l’aquitaine contre Clovis, roi des Francs. Alaric II sera tué en 507 pendant la bataille ayant eu lieu au niveau de Poitiers. Avitus est fait prisonnier, deviendra esclave pendant 12 ans avant d’être affranchi.

C’est sur le chemin du retour vers le Périgord, qu’il verra un ange dans ses songes lui indiquant de retourner dans son pays natal pour évangéliser la région au nom du Seigneur. Il va obtenir une grande renommée car partout où il passe, des miracles ont lieu. Deux miracles à noter, le premier concerne le lieu où il va résider en tant qu’ermite jusqu’à sa mort. C’est un tremblement de terre qui désignera son emplacement. Le deuxième concerne l’abbaye, il aurait fait jaillir une source d’eau dans le vallon, permettant ainsi l’installation des moines.

La renommée du saint étant importante, un édifice a pu être construit en son honneur. Edifice plus grand que celui existant et mieux adapté à l’accueil des pèlerins. Le monument visible de nos jours n’est pas celui d’origine, car depuis sa construction au 11e siècle, il a subi de nombreuses transformations et destructions.

Après la destruction de l’abbaye à la suite de l’invasion cathare, Philippe III le Hardi décide en 1280 la reconstruction de l’abbaye en y ajoutant des éléments de fortifications. Les tours avec machicoulis semblent d’origine, alors que les créneaux et merlons ont été reconstitués lors de la restauration du 19e siècle. Ces éléments d’architecture de défense rendent plus austère et rude l’édifice lui donnant l’aspect d’une forteresse.

Entrons à l’intérieur de l’édifice 😊

En levant les yeux, nous pouvons apercevoir plusieurs éléments d’architecture : des arcades plein cintre avec de petites ouvertures typique de l’architecture romane, mais aussi les croisés d’ogives qui elles appartiennent au style gothique. Les piliers assez imposants permettent de recueillir la retombée de coupoles.

Les églises à file de coupoles sont présentes régulièrement sur le territoire périgourdin ainsi que dans l’Ouest de la France de manière plus générale. A proximité de Saint-Avit-Senieur, vous pourrez visiter d’autre édifices ayant cette particularité : la cathédrale Saint-Front et Saint-Etienne-de-la-cité à Périgueux, Sainte-Marie à Souillac ou encore Saint-Etienne de Cahors.

Ici, probablement que les coupoles ne soient restées qu’à l’état de projet. Parce que cela aurait été coûteux de les détruire et de les remplacer par les voutes en croisée d’ogives visibles, c’est ce que les textes indiquent quelques centaines d’années plus tard.

De nombreuses fresques recouvrent les murs du monument. Nous retrouvons les deux types de fresques qui existent à cette époque : les décoratives, sous la forme de tentures, et les historiées avec la représentation de Saint-Christophe, par exemple.

Il s’agit du même programme décoratif, parce que les fleurs dessinées sur le bâton tenu par Saint-Christophe sont identiques à celles sur les voûtes. Ces fleurs représentent la fin de l’histoire du saint. Quant l’enfant lui demande après la traversée de planter le bâton qu’il utilise et de revenir le lendemain pour attester de son identité. La présence de fleurs indique que l’enfant transporté par Saint-Christophe est bien le Christ. Il devient le patron des voyageurs et des marchands.

L’église sera classée en 1998 au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre du chemin de pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Après être ressorti de l’église, suivez le mur sur la gauche pour pouvoir avoir accès à une cour et à l’ancien cloître.

Le bâtiment accueille deux espaces : au premier, il s’agit du dortoir des religieux. Celui-ci ne doit pas être trop éloigné de l’église afin de leur permettre de la rejoindre rapidement pour effectuer les différents offices ayant lieu durant la nuit. L’espace au rez-de-chaussée est composé de la salle capitulaire, lieu où le chapitre des religieux se réunit, pour discuter de la vie quotidienne de la communauté et y prendre les décisions relatives à celle-ci. C’est également dans cette pièce que la lecture de la règle est lue et que le religieux ayant commis une faute s’accuse devant l’ensemble des moines.

La charpente du cloître n’est plus visible grâce aux éléments d’architecture nous pouvons deviner son emplacement. En effet, si vous regardez le mur de l’église, vous y trouverez des trous, il s’agit de l’emplacement des éléments en bois de la charpente. Lors des fouilles réalisées dans les années 1960, des morceaux ont été retrouvés dans le puits. Comment a-t-elle disparue ? Peut-être dû à l’incendie, lui aussi visible sur le mur. C’est la couleur des pierres qui donne cette information. Cela s’appelle la rubéfaction. Les pierres changent de couleur en présence du feu.

Dans la première cour donnant accès au cloître, vous êtes passé à côté d’un mur composé d’arc en plein cintre dans la partie inférieure du mur, les restes de fondations visibles permettent de délimiter les espaces consacrés à la cuisine et au réfectoire. Vous avez également vue sur le lieu de stockage qui permettait de conserver les viandes, les poissons séchés, le vin.

Vous pouvez faire le tour de l’édifice en prenant le petit passage depuis la cour, il vous permettra de voir le chevet plat qui a été reconstruit après les démolitions de la Guerre de Cent ans. Quant vous déambulez dans le village, vous pouvez remarquer la présence de pierre rouge comme celles dans le cloître de l’abbaye. Il s’agit des pierres issues des bâtiments conventuels de l’abbaye qui ont été réutilisés pour les maisons du village.

Après la Guerre de Cent ans, se sont les Guerres de Religion qui feront des dégâts sur le territoire. Les protestants sous la houlette d’Annet de Commarque, personnalité du terrioire qui se range du côté Henri de Navarre (le futur Henri IV) entreront dans l’abbaye et détruiront les éléments de fortifications, emporteront les cloches pour en faire des canons, les archives sont brûlées, les richesses pillées et les religieux passés au fil de l’épée.

Mais de nos jours, l’abbaye conserve quelques bâtiments encore debout comme l’église ou celui accueillant la salle capitulaire ainsi que le lieu de stockage.

Et voilà pour cette fois-ci ! J’espère que l’article vous donnera envie de vous arrêter si vous passez dans le coin. C’est un lieu particulier comme l’est aussi le village de Cadouin 😉

Voici le lien vers le site de l’office de tourisme Pays de Bergerac : https://www.pays-bergerac-tourisme.com/fr/decouvrir/cote-pierres/villages-de-caractere/saint-avit-senieur

A bientôt pour de nouvelles découvertes !

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