Vadrouille avec un Vest Pocket

Elicec s’est rendu au Mémoriael 14-18 Notre-Dame-de-Lorette il y a quelques jours afin de découvrir l’exposition temporaire intitulée : Vest Pocket. Il s’agit d’une exposition mettant en avant la photographie. Aujourd’hui grâce aux appareils photos numériques, aux téléphones portables et autres tablettes, la photographie se démocratise et peu importe les loupés, nous pouvons en refaire autant de fois que nous le souhaitons ! Mais avant le numérique, pas le droit à l’erreur ! Certains d’entre vous ont sûrement, comme la guide d’Elicec, réalisé leurs premières photos avec les pellicules à développer. Nostalgique ? Un peu peut être car il y avait l’attente de savoir à quoi allait ressembler nos souvenirs de vacances et réunions de famille ! Mais d’un côté le numérique est très pratique dans le sens où, grâce à une petite carte nous pouvons stocker des centaines de photos sans encombrer notre valise. Malgré cela, les anciennes pratiques photographiques reviennent sur le devant de la scène pour se démarquer dans son travail, comme le numérique à l’époque de sa démocratisation.

L’exposition met en avant un projet, celui de « Deux dames en van », Paule-Elise Boudou et Hélène Reuzé, qui sillonnent dans leur van l’Europe entière sur les traces des soldats de la Première Guerre mondiale. Elles photographient les lieux de mémoire ainsi que les installations contemporaines. Mais les photographies ne sont pas réalisées avec un appareil photo numérique mais avec un Kodack Vest Pocket.

Le projet démarre en 2016 et évolue, voici les mots qu’elles utilisent pour évoquer leur projet :

« Nous avons commencé à photographier les lieux de mémoire avec nos smartphones et appareils numériques. Mais les images ne transcrivaient pas bien ce que nous ressentions dans ces lieux hantés, chargés d’histoire et de mystère.

Le Kodak Vest Pocket, avec ses imperfections, son grain et sa sensibilité, restitue nos émotions avec tellement plus de justesse. Il est devenu notre compagnon d’aventure.

Utiliser de nos jours cet appareil fabriqué en 1913, c’est aussi une manière de nous rapprocher de ces hommes qui ont vécu des événements qu’il est aujourd’hui difficile d’appréhender. Nous manquons d’imagination pour ressentir leurs épreuves, tant cette guerre est loin de nous, de nos vies, de nos réalités quotidiennes.

En appuyant sur le déclencheur, nous avons traversé les époques. Les paysages d’aujourd’hui ont rejoint ceux d’hier dans la boîte noire, et les photos tirées portent en elles une énigme : sont-elles du passé ou du présent ? 

Bienvenu dans un voyage à travers le temps. »

Un panneau présent dans l’exposition vous donne pleins d’informations pratiques autour de ce petit appareil photo que les soldats emportaient avec eux : caractéristiques et mode d’emploi. Nous y apprenons notamment que l’appareil n’utilise pas de plaque en verre mais du plastique souple, permettant ainsi un voyage plus facile. Que les pellicules sont confiées aux camarades en permission à l’arrière pour contourner la censure postale ! Mais aussi, que sur le modèle de 1915, grâce à une petite trappe et un stylet, il est possible d’y mettre des annotations comme la date ou le lieu !

Un dernier panneau nous également des informations sur la place de la photographie pendant la Première Guerre mondiale. Les photos prises par les soldats, pour illustrer leurs vies au quotidien, est interdite, mais malgré cela les soldats transgresseront cet interdit et c’est ainsi qu’aujourd’hui nous avons ces témoignages, certaines d’entre elles sont d’ailleurs visibles dans les salles du parcours permanent du Mémorial 14-18 Notre-Dame-de-Lorette.

Ensuite va se développer les photographies prises sur le front pour illustrer les combats, photos qui seront prises sous la houlette de la SPA (Section Photographique de l’Armée). Ces photographies seront utilisées auprès de la population afin de servir et mettre en avant l’armée.

Elicec a aimé la citation de Blaise Cendrars inscrite sur le panneau : « J’avais le droit d’avoir un Kodak, mais il m’était interdit de m’en servir. Et lieutenant, capitaine, commandant, colonel confirmèrent cette interprétation pour totaliser autant de jours de prison. La prison, on ne la faisait pas tant qu’on était en première ligne. Mais l’on était mal noté et, quelque part à l’arrière, bien au chaud dans un bureau, un scribouillard portait le motif dans un registre. La connerie de tout çà ! D’autant que cela ne m’a pas empêché de tirer des photos jusqu’au dernier jour. »

Voici deux photographies prises dans l’exposition, les lumières créant des reflets empêchant la prise de vues, mais cela n’enlève rien au travail et à l’envie de regarder de plus près le travail de nos vadrouilleuses en van.

Ici, le pavillon Meštrović, à Zagreb en Croatie. C’est dans cette ville qu’en 1918 que le parlement croate déclare la séparation avec l’Autriche-Hongrie, pour vous naître le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

Et sur cette deuxième photo, il s’agit du cimetière allemand de la Maison Blanche se trouvant à Neuville Saint-Vaast.

Voici plusieurs liens pour préparer votre visite ainsi que de prolonger votre découverte du projet :

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