Kabuki ou Nô ?

Dans cet article, c’est l’occasion d’évoquer un fonds du Musée de l’Hôtel Sandelin, à défaut de voyager. Mais Elicec et sa guide conférencière ne désespèrent pas de pouvoir un jour visiter ce pays.

Mais où le fonds du musée nous emmène-t-il ? Au Japon !

Le fonds est composé 41 peintures sur papier et de 70 estampes. Ne pouvant pas être exposées de façon constante, il y a des rotations pour montrer cet ensemble japonais en plusieurs thématiques. Cette fois-ci, partons au théâtre 😊

Je vous propose de découvrir les estampes et les masques présentés à ce jour au musée.

Cette fois-ci, les textes sont repris directement des cartels de musée ou bien du site internet Japan Travel car si c’est pour dire la même chose autant utiliser déjà les belles phrases écrites par d’autres 😉

« Le théâtre est, avec les belles femmes, le principal fonds de commerce des graveurs d’estampes ukiyo-e (estampes gravées sur bois aux sujets populaires) au 18e siècle. Les portraits d’acteurs en pleine action, vêtus de leurs costumes chatoyants et dans des attitudes à la très forte expressivité sont produits en grande quantité et permettent aux plus brillants graveurs de s’exprimer » (Musée Sandelin)

Les estampes exposées ont été réalisées par deux artistes : Kiyotsube Torii et Toyokuni Utagawa. Elles représentent les acteurs suivants : l’acteur Segawara Tomizaburô I dans le rôle d’une danseuse Shirabyôshi (première photo), l’acteur Onoe Tamizo I dans le rôle du Prince Shôtoku (deuxième photo), l’acteur Bandô Mitsugorô III dans le rôle de Yawata Saburô et dans le rôle de Date no Kinugawa Yoemon (troisième et quatrième photo).

Mais connaissez-vous les deux formes théâtrales évoquées un peu plus haut ? Et bien le site Japan Travel va nous aider à comprendre un peu mieux cet art japonais 😊

« Datant du XIVe siècle, le Nô est la plus ancienne forme théâtrale encore jouée aujourd’hui et figure au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO. Contrairement à son petit frère, le kabuki, le Nô n’a jamais été un divertissement populaire et était, à l’origine, uniquement destiné à répondre aux besoins des classes supérieures. Le Shogun Ashikaga Yoshimitsu fut le premier d’une multitude de passionnés de Nô importants et de protecteurs fidèles du genre. Durant l’ère Tokugawa (1603-1868), le Nô a gardé son rôle de divertissement réservé à l’élite. L’expression et le style de narration dans les pièces de Nô sont devenus extrêmement codifiés au cours des siècles, une tradition toujours respectée à ce jour.

Les pièces de Nô traditionnelles sont très longues. Un programme comprend cinq pièces différentes, entrecoupées d’entractes comiques kyogen. Si les représentations actuelles tendent à être plus courtes (après tout, le public d’aujourd’hui n’est pas composé de seigneurs féodaux entourés de domestiques pouvant s’occuper de leurs affaires tandis que leurs maîtres passent la journée à se divertir au théâtre), elles n’ont pas considérablement changé en soi. Le Nô est une expérience lente, presque cérémoniale, où les émotions sont transmises à travers une gestuelle extrêmement stylisée.

Cette codification est accentuée davantage par le fait que les acteurs portent des masques, qui sont l’une des caractéristiques du théâtre Nô. Ces masques, représentant des femmes, des enfants, des personnes âgées ou des fantômes, peuvent « changer » d’expression d’une légère inclinaison de la tête de la part de l’acteur. Ces derniers étaient exclusivement des hommes et si les femmes peuvent aujourd’hui jouer dans une pièce de Nô en théorie, la tradition occupe une place importante dans cette forme de théâtre ancienne.

Les pièces de Nô sont souvent inspirées de contes traditionnels, comprenant des évènements surnaturels. Le protagoniste (shite) et son intermédiaire (waki) sont accompagnés par un chœur (jiutai) de 6-8 personnes et d’un groupe d’instrumentistes (hayashi) jouant de la flûte et des percussions et revêtus de kimono et hakama traditionnels.

Comme il n’y a pas de rideaux dans le théâtre Nô et que les lumières sont habituellement allumées durant toute la représentation, le public voit les acteurs entrer et sortir de scène par une passerelle (hashigakari). Bien qu’il n’y ait pas de décor, les acteurs habillés de manière élaborée utilisent des accessoires stylisés, tels que des éventails. » (Japan Travel)

Avant de passer au Kabuki, voici une photo des masques exposés dans la vitrine, masques provenant d’un dépôt effectué par le Musée Guimet 😉 ainsi que quelques informations sur cet accessoire.

« Des acteurs sans visage : les masques sculptés avec un tel soucis du détail, que les expressions faciales sont aisément identifiables. Pour autant, le rôle de l’acteur n’est pas minimisé, car cette expression change en fonction de l’éclairage. C’est au comédien d’orienter le masque vers le haut pour le rendre rieur ou le pencher vers l’avant pour lui donner une expression plus triste. De plus, ôter son visage à l’acteur valorise d’autant sa gestuelle et son langage corporel.

Le rôle des masques : symboliquement, les masques Nô ont pour but de faire disparaître l’acteur au profit du personnage qu’il incarne. Mais le rôle principal de ce masque est aussi et surtout de transmettre aux spectateurs des informations sur ces personnages. En les observant attentivement, on peut ainsi connaître l’âge, le sexe, la classe sociale et même l’état d’esprit d’un protagoniste. Il existe ainsi plusieurs types de masques, chacun représentant un archétype de personnage bien particulier.

Les masques Nô peuvent se classer en grandes catégories :

  • Les masques d’hommes, qui ont un panel d’expression si varié qu’il est possible de reconnaître un personnage. Ainsi, un masque aux yeux clos représente un homme aveugle et un masque de guerrier victorieux représentera toujours un homme d’âge moyen.
  • Les masques de femmes, divisés en trois archétypes : la belle jeune fille, la mère inquiète et la vieille femme respectable.
  • Les masques de vieillards, caractérisés par une barbe et des dents apparentes.
  • Les masques de démons ou d’esprits vengeurs, qui ont une bouche immense et des yeux dorés. Ils représentent les démons jaloux, colériques ou rancuniers, qui ne peuvent trouver le repos » (Musée Sandelin)

Alors, allez-vous trouver dans quelle catégorie se positionne les masques de la photo ?

« Comme le Nô, le kabuki fait partie du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO. Il est plutôt amusant que la forme théâtrale japonaise la plus connue aujourd’hui se soit développée en opposition à la « rigidité » du théâtre Nô, dans le but de « choquer » le public avec des histoires brèves et plus modernes. Si le Nô était un grand art au Japon de Tokugawa, le kabuki marque l’avènement de la culture populaire. Des représentants de toutes les classes sociales se mêlaient entre eux dans le théâtre. Naturellement, le shogunat n’était pas un grand fan du genre.

A ses débuts, après la première représentation en 1603, le kabuki était un domaine purement féminin. Ce kabuki féminin alliant musique, théâtre et danse n’a duré que 26 ans avant d’être censuré car il était jugé trop érotique. La solution tout indiquée (remplacer les actrices par de jeunes garçons) ne résolut pas les problèmes d’inconvenance associés au kabuki, jusqu’à ce que les hommes s’emparent de la scène et que le cœur du kabuki évolue de la danse vers le théâtre.

S’il existe quelques troupes composées de femmes, le kabuki est toujours caractérisé en grande partie par des acteurs masculins jouant tous les rôles. Les acteurs spécialisés dans l’interprétation de rôles féminins sont appelés onnagata, et sont les grandes vedettes de la scène kabuki. Vêtus de costumes élaborés aux couleurs vives, les acteurs ne portent pas de masques, mais sont reconnaissables au maquillage blanc qu’ils arborent, agrémenté de détails suivant un code-couleur (rouge pour les bons, bleu pour les méchants).

Bien que le kabuki ait été considéré comme étant beaucoup plus moderne que le Nô dans le Japon de Tokugawa, il est de plus en plus stylisé aujourd’hui. Pour camper leurs personnages, les acteurs tiennent des poses audacieuses et exagérées appelées mie qui – si elles sont exécutées de manière saisissante – amène le public à crier le nom de la maison à laquelle appartient l’acteur en question.

A présent, le kabuki est considéré comme un grand art, mais il a été célèbre de tout temps pour son impressionnante utilisation d’effets spéciaux tels que des scènes tournantes, des trappes, des monte-charges ainsi que d’autres mécanismes destinés à produire des entrées surprenantes et des transformations subites. En rassemblant tous les ingrédients d’un film estival moderne à gros budget, le kabuki relate un éventail d’histoires variées, allant des récits historiques (les 47 ronin) à ceux de la vie quotidienne. Ces deux arts s’influençant fortement l’un de l’autre, le kabuki a traditionnellement partagé de nombreuses intrigues avec le bunraku. Depuis longtemps, les pièces de bunraku ont été adaptées pour le kabuki, et vice versa. » (Japan Travel)

Elicec vous invite dès que vous en avez la possibilité et avant le 3 mai 2020 à aller découvrir cet ensemble d’estampes japonaises 😊

Voici le lien du Musée Sandelin pour préparer votre venue : https://www.musees-saint-omer.fr/

Ainsi que le lien vers le site Japan Travel : https://fr.japantravel.com/guide/theatre-japonais-traditionnel/26734

Avant de quitter l’article, voici le lien de la page Facebook du Musée Sandelin (https://www.facebook.com/MuseeSandelin/), des publications donnent des informations sur les collections japonaises.

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