Une nouvelle journée ANCOVART dans les Hauts-de-France qui nous emmène dans le Cambrésis à la découverte du patrimoine Art Déco et de la dentelle de Caudry. Cela nous a permis d’observer le patrimoine Art Déco de la ville de Cambrai quelques jours avant le lancement du Printemps de l’Art Déco qui a lieu tous les ans dans les Hauts-de-France
Nous avons été accueillis par Lydie Perraud, chef de projet Ville d’Art et d’histoire de Cambrai, qui nous a fait découvrir le CambraiScope. C’est le CIAP (Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine) de la ville. Chaque territoire labélisé Ville/Pays d’Art d’histoire se doit de se doter de cette structure qui a pour objectif la présentation du territoire et la valorisation du patrimoine présent.
Deux articles du blog présentent les deux antennes du CIAP du Pays d’Art et d’histoire de Saint-Omer, voici les liens pour les découvrir :
- La Maison de l’Archéologie de Thérouanne : https://danslespasdececile.blog/2019/12/08/plongez-au-coeur-de-lhistoire/
- La Maison du Patrimoine à Saint-Omer : https://danslespasdececile.blog/2026/07/31/portes-ouvertes-sur-le-territoire/



Mais revenons au CambraiScope. Il a ouvert au public en juin 2019 et se trouve dans un bâtiment regroupant plusieurs services : une médiathèque, une scène, un espace jeune public, un espace dédié à la science.
Nous commençons ainsi avec un espace qui va présenter globalement la ville, avec une coupe géologique qui ouvre l’espace permettant ainsi de voir comment le sol est structuré en couches, donnant les explications concernant le développement du territoire au fil des siècles.

Quelques grandes dates de l’histoire de la ville nous ont été fourni par Lydie
- Au 6 siècle, Cambrai devient le chef-lieu. C’est aussi à cette époque-là que l’évêché s’installe et forme le deuxième noyau de la ville
- Au 12e et 13e siècle, il y a construction du château de Selles (sous le tribunal) ainsi que la cathédrale gothique
- Au 14e siècle, les fortifications en pierre et la place fortes sont convoitées par les adversaires. En 1543, la ville est conquise par Charles Quint qui demande à ajouter des bastions et des ouvrages avancés.
- Sous Louis XIV, il y a une reconstruction de la ville en style néo-classique et la réalisation du plan relief. La ville est rattachée au royaume de France en 1678.
- Pendant la Révolution, la ville évolue grandement avec la vente des biens religieux qui vont être détruits et remplacés par des manufactures ou des places (le jardin public s’installe sur l’emplacement de la citadelle)
- En 1892, c’est le début du démantèlement des fortifications qui va s’étaler sur dix ans.
- Pendant la Première Guerre mondiale, Cambrai se situe à proximité du front et de la ligne Hindenbourg et devient une zone occupée pendant tout le conflit et la technique de la terre brûlée sera utilisée lors du départ des troupes allemandes.
- L’architecte de la Reconstruction de la ville est Pierre Lepine Ringuet à la suite du concours qui a été mis en place. Il va réaliser les grandes artères et places régulières. Son projet de reconstruction est inauguré en 1932
- La Deuxième Guerre mondiale voit la destruction du quartier de la gare qui est un espace fortement industrialisé.
Un des lieux que j’ai vraiment beaucoup appréciés, c’est la salle avec le plan relief. Il a été réalisé il y a trente ans par le biais d’une souscription afin de pouvoir faire appel à des artisans qui connaissaient les techniques de l’époque. De plus, afin de le protéger, il est sous vitrine mais devient visible aux yeux du visiteur uniquement lorsque le discours s’y prête et comprendre et se situer dans la ville.


La matinée s’est poursuivie avec la découverte du centre-ville sous le prisme de l’Art Déco.
Pour nous rendre sur la première étape du circuit, nous sommes passés devant la chapelle des Jésuites. Je vous mets ainsi quelques informations sur ce monument.

Comme d’autres villes à la même époque qui sont rattachées au royaume de France, l’influence espagnole et française s’associent dans le domaine de l’architecture. En effet, difficile de laisser de côté l’influence flamande pendant la période espagnole et la nouvelle influence française voulue par Louis XIV après le rattachement.
Au niveau des matériaux, nous y retrouvons la pierre blanche pour la façade, la pierre bleue pour le portail ainsi que le grès pour le sous-bassement. Comme d’autres chapelles des Jésuites, le style baroque est visible notamment par le biais de la présence des volutes sur les ailetons de la façade. Les armoiries visibles juste au-dessus de la porte sont celles de l’archevêque Van der Burch, qui a été le donateur.
Pour le décor, on retrouve anges et des arabesques végétales, sans oublier la sculpture représentant l’Assomption de Marie, entourée d’anges. Au somment de la façade est sculpté le monogramme des Jésuites IHS.
La chapelle est construite entre 1678 et 1694, sur les plans du père Jean du Blocq, qui est l’architecte de la Compagnie de Jésus (l’autre dénomination utilisée est l’ordre Jésuite). Il travaille aussi sur les chantiers des chapelles de Tournai, Maubeuge, Arras, Aire-sur-la-Lys et Saint-Omer.
Si vous avez l’occasion de pouvoir entrer à l’intérieur lors de visites guidées programmées, vous pourrez y admirer un magnifique cycle du peintre Arnould de Vuez. Pour connaître un peu plus l’artiste, je vous invite à lire l’article concernant l’exposition que le musée Sandelin lui avait consacré en 2021 : https://danslespasdececile.blog/2021/08/22/etre-peintre-sous-louis-xiv/
Revenons à nos moutons pour reprendre le fil de l’Art Déco. En quittant la place où se situe la chapelle des Jésuites, on nous indique de ne pas louper la façade de la maison dite espagnole qui se trouve au coin de la rue.



Nous arrivons sur la place Aristide Briand, place où se situe l’Hôtel de Ville de Cambrai. Pourquoi le style Art Déco est-il présent dans la ville ?
Comme cela a été indiqué un peu plus haut dans l’article, la ville se situe à proximité de la ligne Hindenburg pendant la Première Guerre mondiale, ce qui implique des destructions pendant les combats, sans oublier que la ville a été occupée par l’armée allemande pendant les quatre années du conflit.
La reconstruction de la ville se réalise dans le cadre de la loi Cornudet de mars 1919 : trois mois pour élaborer un plan d’aménagement d’embellissement et d’extension afin d’obtenir les financements. Des normes de voirie et d’hygiène sont également imposées dans ce cadre.
La ville de Cambrai met en place un concours pour choisir les architectes qui seront en charge de la reconstruction des bâtiments. Voici l’avis de Louis Cordonnier : « Vous êtes dans une situation exceptionnelle. Le centre-ville de votre ville est entièrement rasé et détruit, vous avez donc le champ libre. Votre devoir, puisque que vous avez tous les moyens à votre disposition est de refaire une ville agréable, moderne, conservant certes son caractère, mais commode par les voies de circulation, les habitations ; jolie par ses monuments, ses maisons, ses jardins, ses places. Agir autrement serait un crime, dont vous seriez responsables devant les générations futures. Vos rues étaient sinueuses, étroites, redressez-les, rectifiez-les, élargissez-les. Vos maisons étaient incommodes, obscures, malsaines, imposez donc vos cahiers des charges des obligations d’hygiène, d’aération, d’éclairage ».
C’est le projet des architectes Pierre Leprince-Ringuet, Jacques Debat-Ponsan et de Germain Debré qui a été choisi en septembre 1919. Voici l’argument de leur projet : « Eviter à tout prix un bouleversement fondamental mais plutôt réaliser une évolution rationnelle et méthodique de l’ancien état des choses. Améliorer sans défigurer, restaurer dans la mesure du possible le caracère personnel de la ville et conserver les éléments frappants de l’architecture locale pour que le résultat obtenu ne déroutât pas par un aspect entièrement nouveau ».
Ce projet s’articule autour de deux places. La place Aristide-Briand (commerce) et la place de la République, qui sera créée (administration et tribunaux, la chambre de commerce, la poste et la coopérative agricole).



Le petit bijou architectural que notre collègue Lydie nous avait réservé était la visite de la Chambre de Commerce. Le bâtiment a été réalisé par Pierre Leprince-Ringuet et Ernest Herscher en 1930. Ce bâtiment de la Reconstruction est emblématique grâce à quelques détails ; l’asymétrie de la façade, la richesse du décor sculpté ainsi que le pignon.
Les quatre bas-reliefs sculptés représentant des silhouettes féminines ont été réalisés par le sculpteur Marcel Gaumont. Habillées à l’antique, elles sont les allégories du Commerce et de la Prospérité. Le décor dur le pignon est quant à lui réalisé par Louis Binet avec les armes de la ville de Cambrai, entourées par Martin et Martine qui sont les sonneurs. Paul Simon a en charge le décor sous les fenêtres.

En approchant de la façade, nous pouvons aussi admirer le magnifique travail en fer forgé des grilles. Elles ont été réalisées par Jean Dubois. Nous pouvons y repérer le symbole de Mercure (bâton autour duquel sont enroulés deux serpents) qui est le dieu du Commerce. On retrouve ce symbole à l’intérieur sur la rampe d’escalier.



Au-delà du travail en fer forgé, j’ai beaucoup aimé le travail réalisé par Auguste Labouret à partir des cartons de Pierre Leprince-Ringuet pour les vitraux. Ils sont réalisés en grisaille de gris et la texture des verres rend le travail splendide à regarder. Le premier, qui se trouve dans les escaliers représente la ville de Cambrai. Les deux suivants représentent les industries et les infrastructures de la ville






La salle des séances possède aussi un très beau décor ainsi qu’une peinture représentant la carte du Cambrésis avec chaque commune et son blason ainsi que l’activité économique principale. Le carton est réalisé par Pierre Leprince-Ringuet et la peinture réalisée par Emile Flamant.


Nous avons terminé la visite par la bibliothèque qui comme les autres pièces est magnifiquement meublée avec les boiseries et le travail en fer forgé, notamment au niveau du miroir.


Coucou les collègues ! 😊
Notre visite de Cambrai est terminée mais rendez-vous pour la suite du programme de la journée qui nous emmène à Caudry et plus précisément à l’atelier de fabrication de dentelle Jean Bracq.
Qui ne connait pas la dentelle de Calais-Caudry de nos jours ?
Avant de vous ouvrir les portes de l’atelier, un petit rappel sur l’histoire de la dentelle dans notre région.
Une industrie liée au luxe de renommée mondiale
Depuis le début du 19e siècle, Calais dans un premier temps puis Caudry sont devenus les deux principaux centres de production d’une dentelle d’exception : la dentelle Leavers. Situées dans le nord de la France et distantes de 170 km, les deux villes ont fait du Nord-Pas-de-Calais la région phare au plan mondial de ce métier d’art unique.
Les débuts du tulle à Calais et St Pierre les Calais
Les premiers métiers à tulle mécaniques sont mis au point en Angleterre au tout début du 19e siècle à la suite d’une série d’inventions qui culmineront avec l’invention du couple chariot-bobine pour le fil de trame par Heathcoat et Lindley. Ceux-ci seront perfectionnés par John Leaver qui donnera son nom à ces métiers.
Ces machines à tulle, à la technologie alors inédite, débarquent en fraude en 1816 sur les côtes du nord de la France, apportées de Nottingham par les Anglais Webster, Clarke et Bonnington, puis par de nombreux autres mécaniciens. Ceux-ci fuient une surproduction à Nottingham, une sur-protection des brevets et un mouvement social, le luddisme qui incite les ouvriers à casser les machines.
St Pierre-les-Calais concentrera progressivement la plus grande partie des usines de production de tulle puis de dentelle mécanique. En 1885, St Pierre fusionnera avec le Calais historique pour devenir le Grand Calais.
Le passage du tulle à la dentelle mécanique
En 1834, un ingénieur britannique adapte le système du lyonnais Jacquard à la machine à tulle anglaise à Calais, et c’est à compter de cette date que débute l’histoire de la dentelle Leavers. Le système Jacquard est un système binaire qui permet de réaliser fond et motif en même temps, pour produire une dentelle imitant parfaitement la dentelle à la main. Cette invention majeure, couplée à d’autres évolutions techniques et à l’apparition de la force motrice à vapeur vers 1840, marque le début d’une ère prospère.
Le développement fulgurant de l’industrie du tulle et de la dentelle
Après une progression constante, la ville de Calais (englobant l’ancien St Pierre et l’ancien Calais) a connu vers 1905 une apogée extraordinaire avec plus de 500 fabriques, 3000 machines et 40 000 ouvriers à la Belle Epoque. Aujourd’hui trois entreprises dentellières sont les fournisseurs réputés des grandes marques internationales de Lingerie et de Corseterie, une partie de la production étant toutefois destinée à la Haute Couture et au Prêt-à-Porter féminin.
Le développement de l’activité dentellière à Caudry
Au cœur du Cambrésis, très réputé depuis la fin du haut moyen-âge pour ses tissages de lin, la cité de Caudry a connu, après Calais, un développement exceptionnel lié à l’industrie tullière et dentellière. Elle est labellisée Ville et Métiers d’Art depuis 1995. Plusieurs maisons travaillent principalement pour tous les grands noms de la Haute Couture et du Prêt-à-Porter de luxe, et dans une moindre mesure pour la Lingerie Corseterie. (Beauvillain Davoine – Caudry Codentel – Calais Cosetex – Calais Darquer & Méry – Caudry Dentelles André Laude – Caudry Dentelles MC -Caudry Jean Bracq – Caudry Noyon Calais – Calais / Darquer – Calais Solstiss – Caudry Sophie Hallette / Riechers Marescot – Caudry et Calais)
Depuis 200 ans, cette technique de tissage sur métiers Leavers est restée inégalée.
La France possède aujourd’hui 80 % des machines Leavers existant dans le monde, toutes concentrées à Calais et à Caudry.
Le label et son évolution
En 1958, la marque Dentelle de Calais® est créée pour éviter toute confusion entre cette dentelle tissée et la dentelle plus bas de gamme, tricotée selon un procédé de maille qui vient de faire son apparition. En 2015, le label Dentelle de Calais-Caudry® prend la suite du label Dentelle de Calais®.
Cette nouvelle appellation ne modifie en rien la définition du label mais permet d’apporter une précision géographique en renforçant sa valeur patrimoniale : cette dentelle Leavers d’exception est produite à Calais et à Caudry, nulle part ailleurs.


En visitant l’atelier de l’entreprise Bracq à Caudry, nous découvrons d’abord la production de dentelle de Lyon, de nappes et napperons ainsi que les mantilles à destination de l’Espagne ou de l’Amérique du Sud.
Accéder aux ateliers est vraiment fascinant parce que cela nous a permis de découvrir les métiers utilisés pour créer cette dentelle, de discuter avec les personnes en charge de ces métiers, de les voir en action et de comprendre le fonctionnement.


Chaque métier à dentelle réalise un motif d’une certaine largeur, motif qui peut être changé (pourvu que l’on garde la même largeur, sinon il faut changer les 10 à 11 000 fils de chaîne) en changeant simplement les cartons perforés.
En les regardant, cela m’a tout de suite fait penser aux orgues de barbarie qui fonctionnent avec des cartons perforés dont s’est inspiré Jacquard. Il s’agit d’un système binaire : 1-0, d’un encodage. Certains métiers sont, eux, directement pilotés par ordinateur, à l’heure actuelle.




Les finitions
Fabriquer de la dentelle Leavers suppose plus de 60 opérations réparties entre : la création, la préparation des fils de chaine (rouleaux) et de trame (bobines) avant la fabrication qui précède les finitions
On continue, après la fabrication sur machine, avec l’espace réservé aux raccommodeurs(ses). Les personnes chargées de cette étape ont pour objectif de repérer les défauts dans la dentelle et de les indiquer à l’aide d’une pince à linge (à Calais de craies de couleur) pour pouvoir régler le défaut. Une fois la dentelle vérifiée et raccommodée, elle peut être teinte si la commande nécessite de la dentelle de couleur. Toutes les dentelles, fabriquées à Nottingham où il reste une usine, à Calais, ou à Caudry sont désormais teinte à Caudry, suite à la fermeture de la dernière teinturerie calaisienne.
La salle d’échantillonnage et de vente directe
En se déplaçant dans cet espace, nous avons pu remarquer le panel de couleurs très vaste, qu’il s’agisse de couleurs couleurs plus pastel ou de couleurs bien flashy.
Les clients à travers le monde
L’atelier Jean Bracq travaille avec plusieurs centaines de clients à travers le monde dans une trentaine de pays (pour moitié en Europe avec principalement des clients en France, en Angleterre et en Italie)
On continue sur le processus de fabrication avec l’espace réservé aux raccommodeurs(ses). Les personnes chargées de cette étape ont pour objectif de repérer les défauts dans la dentelle et de les indiquer à l’aide d’une pince à linge pour pouvoir régler ce défaut.

Une fois la dentelle vérifiée et raccommodée, elle peut être teinte si la commande nécessite de la dentelle de couleur. En se déplaçant dans l’espace de stockage des différents modèles de dentelle, nous avons remarqué que le panel de couleurs est très vaste alors de couleurs plus pastel ou couleurs bien flashy.


L’atelier Jean Bracq travaille avec plusieurs centaines de clients à travers le monde dans une trentaine de pays (pour moitié en Europe avec principalement des clients en France, en Angleterre et en Italie)
Moment people !
Si vous ne connaissiez pas cette dentelle, je suis pratiquement sûre que vous l’aviez déjà vu portée par des personnalités. Deux mariages ont mis en lumière ce savoir-faire des Hauts-de-France : un mariage royal en 2011, celui de William et Kate Middleton puis celui du couple Amal et George Clooney en 2014.

La journée dans le Cambrésis est finie, j’espère que cela vous donne envie d’y aller par vous-même 😊
A bientôt pour de nouvelles découvertes
Lien vers le site du CambraiScope : https://www.lelabocambrai.fr/iguana/www.main.cls?surl=cambrai-art-et-histoire-cambraiscope
Lien vers le site internet du Printemps de l’Art Déco : https://www.printempsartdeco.fr/
Lien vers les articles du blog évoquant les bâtiments découverts pendant cet événement :
- Le théâtre de Cambrai : https://danslespasdececile.blog/2019/04/10/la-transformation-dun-hopital/
- La salle Jacques Durand à Saint-Omer : https://danslespasdececile.blog/2019/04/24/transformation-dune-ancienne-salle-de-cinema/
- L’université de Lens : https://danslespasdececile.blog/2019/07/19/une-universite-art-deco/
Lien vers le site de l’atelier de dentelle Jean Bracq : https://atelierdentelles.com/?srsltid=AfmBOooQJtnaemqN9xnVYde1K1_zpzVSNxRTBZKnVO6TMCZ2UoCo0I98
Lien vers le site ANCOVART : https://www.ancovart.fr/
